Loi 41, entre espoir et réalité

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© SÉBASTIEN GIRARD

© SÉBASTIEN GIRARD

En mars 2011, l’Ordre des pharmaciens du Québec demandait des changements législatifs afin d’élargir les activités de ses membres dans le but de contribuer à l’amélioration de la situation difficile vécue dans le réseau de la santé. Appuyée par l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, cette demande a été suivi de négociations, projets de lois, adoptions, calendrier de mise en application et… interruption du processus. Quelles sont les causes de cette situation et quelles répercussions cette loi aura-t-elle? Le journal en a discuté avec vos pharmaciens de la pharmacie Pierre-Perrault.

Dans un premier temps, rappelons les nouveaux services professionnels que la Loi 41 prévoit:

  1. Prolonger une ordonnance.
  2. Ajuster une ordonnance.
  3. Effectuer la substitution thérapeutique d’un médicament en cas de rupture d’approvisionnement.
  4. Administrer un médicament afin d’en démontrer l’usage approprié au client.
  5. Prescrire et interpréter des analyses de laboratoire.
  6. Prescrire un médicament pour une condition mineure lorsque le diagnostic est connu.
  7. Prescrire un médicament lorsqu’aucun diagnostic n’est requis.

Certains de ces nouveaux services sont déjà en vigueur dans la pratique courante des pharmaciens, mais sont effectués dans un cadre non réglementé. Par exemple, bon nombre de clients ont déjà demandé et obtenu une prolongation d’ordonnance, n’étant pas en mesure d’avoir un rendez-vous avec leur médecin et la santé primant alors la règle. La Loi 41 va maintenant mieux encadrer cette pratique en établissant et en solidifiant des canaux de communications avec les cliniques et médecins et en régissant de façon claire les délais.

En y regardant bien, ces nouvelles pratiques ne représentent pas un si grand bouleversement dans les pratiques actuelles. Carole Hamelin et Stéphanie Breton s’entendent pour dire qu’il y aura un énorme travail d’éducation et de sensibilisation à faire auprès de la clientèle face aux grandes attentes de la population envers cette loi et ces nouveaux services. Malgré tout, M. Pierre Perrault souligne qu’il serait souhaitable que la clientèle ait une vision différente de leur pharmacie et de l’offre de service à la suite de l’application de cette loi. «Dans la mesure du possible, les gens auront avantage à planifier leur visite à la pharmacie», nous dit M. Perrault, précisant que les pharmaciens auront beaucoup plus un rôle de consultation et de conseil, ce qui aura un impact significatif sur l’organisation du travail et la gestion du temps du pharmacien, comparativement à la pratique actuelle.

Cela voudrait dire plus de pharmaciens, plus de personnel, plus de locaux, etc. Cela a amené les pharmaciens à se questionner sur la possibilité de facturer ces nouveaux actes qui auront un impact direct sur la gestion de leur entreprise. Qui devrait payer? Le client, le gouvernement, le pharmacien, l’assureur? C’est la raison majeure qui explique que cette loi ne soit toujours pas en vigueur. L’élection d’avril ayant ralenti, pour ne pas dire stoppé, la négociation, les libéraux se sont engagés à régler le dossier rapidement.

Argent, politique… au-delà de tout cela, ce qu’on retient, c’est la passion des pharmaciens dans leur pratique et leur volonté de placer le patient au centre de leurs préoccupations. Selon les pharmaciens de l’île, leur formation et leur compétence sont sous-utilisées présentement; ils sont impatients de pouvoir offrir leur plein potentiel à leur clientèle. La Loi 41 est un petit pas vers une plus grande collaboration des pharmaciens dans le réseau de la santé et, autant que la population, ils souhaitent que ce ne soit qu’un début.

Pour un complément d’information sur la loi, visitez le site de l’Ordre des pharmaciens du Québec (www.opq.org) ou celui de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires du Québec. (www.monpharmacien.ca)


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Sébastien Girard

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