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Régimes de retraite II – Un argument-choc… qui ne tient pas la route!

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«Il est scandaleux que l’ensemble des citoyens contribue par leurs taxes et leurs impôts aux régimes de retraite des employés de l’État alors qu’une large proportion d’entre eux n’en possèdent pas.» C’est du moins ce que l’on entend à répétition depuis quelques mois.

Sur cette même lancée, ne pourrait-on pas suggérer que les adultes sans enfants d’âge scolaire ou préscolaire pourraient être dispensés des taxes scolaires et se voir également offrir des réductions d’impôt conséquentes; que les gens en bonne santé n’aient pas à contribuer aux programmes sociaux et de santé; que ceux et celles qui n’ont pas de voiture bénéficient de déductions fiscales à la hauteur des coûts de l’entretien des infrastructures routières. Ne pourrait-on pas aussi considérer comme injuste que les citoyens contribuent, notamment dans les systèmes d’éducation et de santé qui drainent plus de la moitié des revenus fiscaux, à des salaires supérieurs aux leurs? La liste pourrait s’allonger indéfiniment.

Avec ce modèle de «l’utilisateur payeur» étendu à l’ensemble des domaines où sont mis en œuvre les programmes gouvernementaux, le nombre de contributeurs aux recettes de l’état chuterait drastiquement et l’ensemble du système social s’effondrerait faute de financement adéquat de ces programmes. On voit déjà actuellement les effets de telles orientations dans les écoles et les réseaux de garderies.

Ceci étant dit, il n’en reste pas moins que les inégalités sociales se sont accrues, particulièrement depuis les trente dernières années, et qu’elles se manifestent aussi lors de la retraite.

Le pourcentage des familles locataires consacrant plus de 30% de leurs revenus au logement a grimpé de 28% à 36%, de 1981 à 2006, selon le Bureau de la statistique du Québec. Même les familles au revenu «décent» ont de la difficulté à se loger en raison des prix inabordables d’appartements de grande taille. Au Canada, le revenu après impôt des familles qui font partie des 10% les plus fortunés a augmenté de 24% entre 1989 et 2004. Durant la même période, le revenu des familles les moins fortunées a reculé de 8%, selon les données les plus récentes de Statistique Canada. En 2011, le Directeur de la santé publique de Montréal affirmait: «Vingt-deux mille ménages y sont en attente d’un logement abordable; cinq ans s’écouleront avant qu’ils y aient accès. Dans la catégorie des revenus les plus bas, le taux de mortalité est deux fois plus élevé. […]. Pourtant destinés entre autres aux enfants issus des milieux les moins favorisés, afin de soutenir leur développement, les Centres de la petite enfance (CPE) sont moins fréquentés par les enfants pauvres. Les facteurs de risque se multiplient chez les nouveau-nés des mères pauvres, un fait troublant compte tenu du fait que le nombre de naissances augmente chez les parents à faible revenu (croissance de 4%) et diminue chez les riches (baisse de 14,5%)…».

À tout cela s’ajoute le fait le fait que 50 % des travailleuses et travailleurs québécois n’ont pas accès à un régime de retraite établi par l’employeur, ce qui est d’autant plus grave – et injuste – que les conséquences à moyen et long termes risquent d’être catastrophiques sachant que pauvreté et mauvaise santé physique et mentale vont souvent de pair.

Mais est-ce une façon de corriger les injustices et les inégalités que de s’attaquer aux travailleurs et travailleuses qui ont acquis de façon légitime par la négociation des conditions de travail et de retraites décentes? Ne faudrait-il pas mieux regarder du côté de l’établissement d’un régime de retraite universel qui couvrirait de façon adéquate les besoins de l’ensemble des retraités? N’est-il étonnant de voir des gouvernements s’opposer depuis des années à une bonification des régimes publics comme celui de la Régie des rentes du Québec (RRQ), puis affirmer vouloir prendre en compte les intérêts de ceux et celles qui n’ont pas de régime complémentaire pour justifier leur volonté de sabrer dans les régimes du secteur municipal par exemple. Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas mettre de l’avant des encouragements à la syndicalisation puisqu’il est avéré que cette dernière est un puissant moteur pour l’amélioration des conditions de travail, de vie et de retraite?

(photo: Flickr)


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A propos de l'auteur

Normand Gagnon

Un commentaire

  1. Jacques Boissonneault sur

    La réussite des retraites des employés de l’État ne dépends pas deux, mais d’une obligation. N’est pas en relation avec des taxes ou impôts, mais de paiements obligatoires. Na pas de relation avec le RRQ ou pension de vieillesse du fédéral.

    Une compagnie privée est incapable de fournir à ses employés un régime de retraite par des placements. Il n’y a pas de garanties sur les plans qu’ils offrent à leurs employés. Leurs employés sont des victimes de multiples plans de retraite temporaires.

    Pour les autres, ils ne veulent pas payer de taxes, d’impôts et encore moins un plan de retraite.

    Jacques Boissonneault
    Ile D’Orléans

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