Rencontre avec Marius Dubois

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Il est 9 h 30 un vendredi matin de novembre. Un soleil un peu timide m’accompagne jusqu’à la demeure de Marius Dubois, à Sainte-Pétronille. Celui-ci m’y accueille avec chaleur et cordialité, m’invitant aussitôt à entrer dans son atelier, confortable, réchauffé par un joli poêle à charbon recyclé au bois. Des tableaux sont accrochés, de plus grands simplement appuyés au mur. La table remplie de pinceaux, de crayons, l’ordinateur allumé sur un bureau de travail, le chevalet prêt pour une future création, le canapé en plein centre de la pièce, tout, ici, incite à converser sur l’art, sur le processus de création, sur la vie. Avec simplicité et générosité, Marius Dubois me parle de son cheminement artistique depuis cinquante ans.

Il est d’abord, de son propre aveu, un contemplatif avant d’être un revendicateur. Quoiqu’il soit fortement séduit par les techniques classiques, les représentations de ses peintures n’ont rien de conformiste. Qu’elles soient d’inspiration mythologique, mystique, urbaine, naturelle, animalière, toutes sont soumises à la célébration de la beauté, moteur essentiel de son art. De plus, il croit profondément à la puissance créatrice de l’imaginaire. Le reste, «c’est la patience, une grande patience», me confie-t-il.

Ses œuvres, telles In Vitro sur le canal, In Vitro aux petits temples et les autres de la série In Vitro, se distinguent par une union entre symbolisme, surréalisme et modernisme. L’urbanité y est magnifiée: hauts édifices aux mille lumières où se superpose le Vase, écrin sublime de la vie, de l’enfantement. Le passé et l’avenir se fondent en toute harmonie pour exprimer un temps universel, grâce à l’entière liberté procurée par le pouvoir de l’imagination et du rêve. Une lune blanche et ronde, un papillon irisé, un yacht moderne, une jonque chinoise, une gondole décorée apparaissent ici et là dans l’un ou l’autre des tableaux. L’Occident et l’Orient  fusionnent dans cet espace fantastique que l’on reconnaît sans pouvoir le nommer. La nature peinte par Marius Dubois se veut douce et généreuse comme dans La Licorne ou dans L’Oiseau-théâtre.

Chaque tableau est une invitation au voyage dans un monde imaginaire où le bonheur d’être charmé par la richesse des couleurs et des textures est doublé du plaisir d’aller à la recherche d’un trésor caché. Mais, qui peut mieux exprimer la puissance de l’œuvre de Marius Dubois que Pierre Morency, inspiré par le tableau Le portique des illuminations:

«Nous allions entrer sous la voûte admirable/
Où flamboyaient les arcanes du désir/
D’étranges joyaux révélaient des clartés/
Aussi anciennes que les premières constellations/
Nous hésitions sur le seuil/
Quand tout soudain s’ouvrirent les yeux de nos yeux/
Nous vîmes alors comment vient au monde/
Le vase de nature où l’esprit va monter.»

Marius Dubois a une carrière remarquable. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Québec avec une formation en sculpture, il obtient une maîtrise en peinture au Hornsey College of Arts, à Londres (1968 à 1970). En 50 ans de vie artistique, il compte de nombreuses expositions en solo et collectives, au Québec et à l’étranger, et remporte plusieurs prix dont le 1er prix en peinture de la Young Contemporaries Exhibition, à Londres, et le 1er prix de la première Biennale de peinture du Québec, en 1977. Aujourd’hui, ses œuvres se retrouvent dans une douzaine de collections publiques, dont la Collection permanente du Musée national des beaux-arts du Québec (extrait du communiqué de presse).

Ses œuvres les plus récentes, huiles, pastels et aquarelles, sont présentement exposées au Grand Théâtre de Québec depuis le 3 novembre et le seront jusqu’au 8 décembre sous le thème FUTUR ANTÉRIEUR.


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