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L’exposition Bleu dévoile au pays de Champlain

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À force de côtoyer le fleuve l’été dernier au Parc maritime de Saint-Laurent, les vingt-trois voiles de l’exposition BLEU dévoile ont ressenti l’appel du large.

La visite en août d’une délégation du Pays de Marennes-Oléron et l’invitation du maire de Marennes à participer au Festival des cultures francophones ont fait le reste. Vers la fin d’octobre, grâce au soutien de notre préfet, Jean-Pierre Turcotte, et aux relations d’affaires d’un ami de BLEU, Normand Hinse, les voiles ont traversé l’Atlantique pour s’ancrer à Marennes à temps pour le lancement du 6 novembre.

Nous sommes cinq filles, membres du conseil d’administration de BLEU. Nous avons décidé de puiser chacune dans son escarcelle pour répondre à l’invitation de Mickaël Vallet, maire de Marennes. Nous avons donc atterri à Charles-de-Gaulle le 6 novembre dernier, jour de l’inauguration du Festival international des cultures francophones de Marennes et du lancement de notre exposition. Quelques heures plus tard, après un changement de train à Poitiers, nous apercevons Catherine, que nous avons connue l’été dernier. Elle nous attend, adossée au mur de briques jaunes de la petite gare de Surgères.

Après plus d’une heure de route, nous voyons apparaître au cœur du plat pays saintongeais la pointe effilée du clocher gothique de Marennes. Il nous rappelle que la douche et le repos bien mérité ne sauraient tarder. En réalité, nous n’avons eu que le temps de sauter dans la douche, car on nous attendait à la télé communautaire… Par la suite, tout s’est enchaîné à un rythme d’enfer: lancement de BLEU dévoile et d’une exposition de photos, dîner d’inauguration du festival et spectacle de Claud (sic) Michaud en hommage à Félix Leclerc.

Avant de déposer nos bagages à l’hôtel, nous avons fait un détour par la mairie pour apercevoir, tout à côté, nos voiles déployées en triade devant l’ancien palais de justice. Elles portaient les couleurs de l’île d’Orléans au pays de Marennes-Oléron, symboles d’un rêve advenu et promesse de partenariats possibles. Ce fut un moment d’émotion et de grande fierté.

Nous avons été accueillies avec chaleur et amitié par les Marennois, monsieur le maire en tête. Il faut dire que notre préfet cultive des liens privilégiés avec les élus de cette région de Charente-Maritime. Nous avons eu le sentiment de bénéficier de cette bonne entente. Lors du lancement de BLEU dévoile, nous avons revu avec plaisir les membres de la délégation que nous avions reçus sur l’île d’Orléans. La complicité s’était installée d’emblée au cours de cette soirée d’août où nous avons échangé autour d’une table bien garnie. Nous nous sommes tous retrouvés comme si nous nous étions quittés la veille. Et la magie a continué d’opérer durant toute la durée de notre court séjour.

Dès le lendemain matin, nous avons traversé l’élégant pont qui relie Marennes à l’île d’Oléron. Ce pont aux lignes épurées s’intègre de façon organique au paysage. Il côtoie certains vestiges de l’ancien pont et des fortifications qui gardaient l’entrée du port. L’île d’Oléron est jumelée à l’île d’Orléans dont elle imite la forme sans toutefois ce dos rond qui caractérise notre île.

L’île d’Oléron ainsi que le pays de Marennes ont connu des siècles de prospérité grâce aux marais salants. Aujourd’hui, c’est l’ostréiculture qui fait leur richesse et leur célébrité. Le paysage est imprégné de la douceur de ces réseaux de bassins ostréicoles qui miroitent dans la verdure.

Nous allons au lieu-dit de La Baudissière rencontrer les artistes de Couleurs Cabanes dont les ateliers sont installés dans des maisonnettes sur pilotis. Depuis une dizaine d’années, lorsqu’un ostréiculteur abandonne sa cabane, la municipalité la rachète et la loue à un artiste. Ce dernier a la responsabilité de l’entretenir et de l’utiliser comme atelier. Nous découvrons donc avec éblouissement ces cabanes sur pilotis qui égaient de toutes leurs couleurs flamboyantes ce lieu encore consacré à l’ostréiculture. Les maisons délavées des pêcheurs, entourées de cageots et de filets, côtoient harmonieusement l’exubérance des ateliers. Les barques s’appuient aux pontons et oscillent au gré des marées.

La connivence s’installe immédiatement entre les artistes d’Oléron et d’Orléans. Nous discutons d’un projet commun susceptible d’être exposé de part et d’autre de l’Atlantique. On nous propose des pistes de travail. Les idées fusent.

Nous savons déjà que la collaboration est amorcée et qu’il en sortira un projet concret dont la substance et la forme nous habitent déjà. Le lendemain, veille de notre départ, nous revenons sur l’île pour visiter les artistes dans leur atelier. Notre complicité naissante s’enrichit de ces nouveaux échanges.

Nous avons aussi visité la jolie ville fortifiée de Brouage, située à six kilomètres de Marennes. Samuel de Champlain y serait né, vers 1570. Nous avons marché dans le vent le long de ses remparts, arpenté la rue du Québec et admiré le vitrail de l’église Saint-Pierre, don du Québec.

Trois jours de rencontres, de découvertes et de plaisir sont vite passés.

Le dimanche 9 novembre, nous rentrons à Paris. Nous quittons ce pays d’où sont venus beaucoup de nos courageux ancêtres, avec un sentiment de mission accomplie. Nous avons représenté l’île d’Orléans au Festival des cultures francophones à travers les œuvres de vingt-trois artistes de BLEU. En outre, nous avons jeté les bases d’une coopération avec les artistes de l’île d’Oléron, contribuant ainsi au rapprochement de nos deux îles. Le souvenir de ces échanges inspirants et chaleureux nous donne des ailes pour aborder la réalisation de ce projet commun qui nous permettra sans doute de revenir au Pays de Marennes-Oléron.

Mimi Lépine, pour BLEU


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A propos de l'auteur

Sylvain Delisle

Concepteur et administrateur du site web depuis sa création, Sylvain est devenu rédacteur en chef en juillet 2014

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