Une île, une vision – Un nouveau départ

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Les Orléanais ont fait connaissance avec Une île, une vision lors de la campagne électorale municipale de 2013. À la suite de la démission du président fondateur, M. Marcel Barthe, et de son successeur, M. Léo Paul Desaulniers, un nouvel exécutif a pris la relève et nous avons voulu en savoir plus sur la situation actuelle et sur l’avenir de la démarche d’Une île, une vision.

Le mouvement est né en mai 2013, quelques mois avant les élections de novembre. Il a réuni plusieurs citoyens de l’île autour d’un même projet, l’unification des six structures de gouvernance municipale en une seule.

Le mouvement a suscité beaucoup d’intérêt et de débats sur l’île lors des élections municipales de 2013. En effet, il a obtenu l’adhésion d’environ 30% des électeurs de Saint-Jean et de 10 à 15% des électeurs dans les autres municipalités de l’île où ont été présentés des candidats. Si l’on tient compte du fort taux de participation des électeurs de l’île, ces résultats sont appréciables pour un jeune mouvement dont l’objectif ultime constitue un changement majeur, sinon historique pour l’île d’Orléans.

Nous avons rencontré M. Jacques Paradis, président actuel, ainsi que Mme Andrée Marchand et M. Michel Pilote, membres du conseil d’administration. M. Paradis et Mme Marchand pourraient se passer de présentation, mais pour ceux qui ne les connaissent pas, il vaut la peine de les présenter brièvement. M. Paradis est homme d’affaires, propriétaire du Domaine Orléans et résident de l’île depuis 30 ans. Il est depuis longtemps actif en politique municipale et l’idée d’unifier les structures administratives municipales – et les avantages qui pourraient en résulter – le mobilise depuis près de 20 ans. Mme Marchand, propriétaire de l’Auberge La Goéliche et résidente de longue date, a été l’une des âmes dirigeantes du CLD de L’ÎIe-d’Orléans entre 2000 et 2009 et a été impliquée dans divers projets à caractère communautaire et touristique. M. Pilote, lui aussi actif en politique municipale, est né dans la côte du Pont et s’intéresse de près à l’amélioration des infrastructures soutenant les loisirs, la qualité de vie et la sécurité des citoyens.

De l’avis de ces dirigeants, ce qu’il faut retenir des élections municipales de 2013, c’est que pour la première fois on a pu discuter ouvertement de l’idée directrice de la rationalisation des structures de gouvernance, idée qui intéressait déjà plusieurs citoyens, mais n’avait pas officiellement été proposée jusqu’à maintenant. En ce sens, les résultats du scrutin constituent un gain et non une déception. Toutefois, ils indiquent également la voie à suivre pour la suite des choses.

À l’heure actuelle, le nouvel exécutif voit davantage Une île, une vision comme un mouvement citoyen d’action communautaire et sociale que comme un parti politique. À cet égard, le projet immédiat du mouvement est la réalisation d’un sondage qui donnerait à tous les citoyens la chance de s’exprimer à propos de l’idée directrice du mouvement.

Une île, une vision soutient que l’unification des six municipalités existantes ne comporterait que des avantages, sans compromettre les acquis, et permettrait de mieux faire face aux défis du futur. Par conséquent, ses dirigeants croient qu’il s’avère pertinent de connaître la vision des citoyens sur l’avenir de l’île, sur leurs aspirations, ainsi que leurs craintes devant la perspective d’un changement structurel important et, pourrait-on dire, culturel. Par ailleurs, il va sans dire que les citoyens sont actuellement préoccupés par les coûts économiques qu’il leur reviendrait d’assumer. Une île, une vision croit qu’il faut être en mesure de les informer objectivement et de fournir une base concrète à la formation de leur opinion. Jacques Paradis, rappelle que l’objectif ultime est d’unir et non de diviser

POURQUOI L’UNIFICATION?

Selon les dirigeants d’Une île, une vision, il est devenu nécessaire de se projeter dans le futur et de faire preuve de créativité dans la recherche de solutions adaptées à la situation et au caractère propre – notamment historique et patrimonial – de notre île, dans le contexte du XXIe siècle. À titre d’exemple, le nouveau projet de Plan de conservation de l’île d’Orléans suscite des réactions et des oppositions. Cependant, Andrée Marchand rappelle qu’il n’existe pas encore de normes municipales communes de construction qui traduiraient l’importance qui doit être accordée à l’harmonisation visuelle sur l’île tout en tenant compte de la situation véritable et des aspirations des insulaires. Certains prétendront qu’à défaut d’être proactifs, il y a risque de se les faire imposer.

En effet, selon Jacques Paradis, les gouvernements, y compris le ministère de la Culture et des Communications et le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Organisation du territoire ne discutent pas avec des individus, mais avec des collectivités et ils présument représenter la volonté des électeurs d’un territoire donné. Il importe donc de parler d’une seule voix et de pouvoir présenter une vision cohérente et partagée de notre territoire pour être non seulement entendus, mais écoutés. M. Paradis est convaincu qu’une structure unifiée favoriserait l’unité de pensée et d’action, mais également la représentation efficace des intérêts de notre île.

Pour Jacques Paradis, la proximité des citoyens et de leurs représentants n’est pas affaire de structure, mais d’individus. Selon lui, même si chaque municipalité est bien gérée par ses dirigeants, il est naturel que ceux-ci donnent priorité aux intérêts locaux. À cet égard, Une île, une vision affirme que chaque paroisse de l’île devrait être distinctement représentée dans une éventuelle structure unifiée et conserver son identité et son caractère propre. Cependant, pour ses dirigeants, il est tout aussi clair que certaines actions collectives, au bénéfice de toute l’île, devraient pouvoir se réaliser plus rapidement: numérotation civique, entrée de l’île, piste cyclable, développement touristique, etc.

En outre, les dirigeants d’Une île, une vision sont convaincus que l’existence de notre MRC ne serait pas remise en cause par une éventuelle unification. Toutefois, ils croient que des études véritables doivent pouvoir rassurer les citoyens à tout égard par une information adéquate. Le sondage qu’ils désirent effectuer permettra de demander à la population si elle est d’accord pour requérir des municipalités une étude sur les impacts positifs et négatifs d’un éventuel regroupement. Une île, une vision lancera prochainement une campagne de financement  afin d’être en mesure de réaliser ce sondage.

Dans le contexte actuel de la politique économique du gouvernement du Québec, des nouveaux Pactes municipaux et des efforts supplémentaires exigés des gouvernements municipaux, Une île, une vision croit que les changements structurels qu’elle propose sont requis pour faire face à l’avenir avec succès, sans sacrifier l’identité de l’île d’Orléans.

(Photo: Pierre Lahoud)


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A propos de l'auteur

Isabelle Harnois

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