Plan de conservation: les divergences

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Au mois de février dernier, des consultations publiques eurent lieu concernant le plan de conservation du site patrimonial de l’île d’Orléans. Le Conseil du patrimoine culturel du Québec était responsable de celles-ci. Comme rapporté dans un article précédent, les intervenants, bien que nombreux et variés, exprimèrent des opinions bien souvent semblables. Par contre, certaines interventions et certaines questions suscitèrent davantage de divergence d’opinions.

Question de perception

Une thématique récurrente dans les questions adressées aux intervenants par le président du Conseil du patrimoine culturel du Québec, Yves Lefebvre, était leur perception par rapport à la règlementation. Nombreux furent ceux qui demandèrent un assouplissement de la règlementation ou de son interprétation. D’autres intervenants profitèrent de l’occasion pour attirer l’attention du conseil sur certaines problématiques plus spécifiques. Ainsi, pour Claire Pageau, représentante des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec, l’abandon de maisons anciennes reste un problème qui n’est pas résolu. De son côté, Bernard Dagenais, résident de Sainte-Pétronille, déplora que le développement économique l’emporte sur la conservation du patrimoine: «J’estime que vivre à l’île est un privilège, puisque c’est un joyau, puisque c’est une merveille qui est vue par des milliers de personnes et que ce privilège a un coût […] le plan ne sera jamais trop contraignant pour moi.»

Qui gèrera?

Tel qu’expliqué par M. Lefevbre: «La nouvelle Loi sur le patrimoine culturel qui a été mise en place […] en octobre 2012 et qui a été adoptée un an avant, en octobre 2011, la loi prévoit que le ministre peut transférer des responsabilités aux villes, aux municipalités.» Si la MRC de L’île-d’Orléans a fait savoir par son mémoire qu’elle souhaitait un transfert graduel des responsabilités, la question ne faisait pas l’unanimité parmi les intervenants.

Certains, tel François Bouffard, résident de Saint-Laurent, soutenaient la MRC dans cette optique: «À mon avis, un seul organisme devrait administrer et gérer toutes les demandes des citoyens. Cet organisme devrait être situé sur l’île d’Orléans. Mon expérience personnelle de transiger avec les fonctionnaires du ministère de la Culture et des Communications me pousse à suggérer ce changement. Ceux-ci ne connaissent pas l’île d’Orléans, ne viennent jamais sur place pour apprécier les demandes faites et se fient à des informations sur le web comme Google Maps ou SketchUp pour se familiariser avec le site en question. Ceci est totalement inacceptable.»

Marcel Barthe, du Collectif pour la valorisation du patrimoine bâti de l’île d’Orléans, demande cependant au ministère de continuer à gérer le site patrimonial: «Malheureusement, contrairement à d’autres, […] on recommande à la ministre de ne pas confier actuellement aux autorités locales la responsabilité première de mise en application du plan, la MRC et les municipalités n’ayant pas suffisamment démontré dans le passé leur volonté de protéger le lieu patrimonial, ni mis en place les ressources adéquates pour assumer de telles responsabilités.»

Rappels

À la suite à ces consultations, le Conseil du patrimoine culturel du Québec formulera ses recommandations à la ministre de la Culture et des Communications, Madame Hélène David. Il est possible de visionner l’ensemble des consultations sur le site du conseil à www.cpcq.gouv.qc.ca


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A propos de l'auteur

Sylvain Delisle

Concepteur et administrateur du site web depuis sa création, Sylvain est devenu rédacteur en chef en juillet 2014

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