Fusion – Réponses et réactions au sondage

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On se souviendra que le mouvement citoyen Une Île, une vision a mené un sondage destiné à mesurer le degré d’adhésion des citoyens de l’Île à une demande d’étude de faisabilité d’une fusion des structures municipales actuelles en une seule. Les résultats du sondage favorisant pareille demande, une lettre a été envoyée à chaque conseil pour être inscrite au procès verbal et discutée lors des séances qui ont eu lieu le premier juin dernier.  Quatre conseils municipaux ont rejeté la demande, deux n’ont pas donné suite. Autour de l’Île a rencontré les principaux acteurs afin de renseigner ses lecteurs sur les positions respectives des parties.

Réponses des conseils municipaux

Saint-François

Madame Lina Labbé nous a exposé le refus du conseil  de Saint-François de donner suite à la demande principalement sur la base du manque de crédibilité du sondage, selon eux. Le type de sondage mené ne saurait être refléter l ‘opinion de la population. Selon elle, un sondage aléatoire n’aurait pas risqué d’être biaisé en faveur de l’objectif d’Une –ile, une vison.  En conséquence, l’échantillonnage démographique des répondants n’est pas représentatif de la population. De plus, selon madame Labbé, plusieurs enjeux communs étant déjà gérés collégialement au niveau de la MRC,  aucun besoin criant ne se fait sentir.  Elle invite le mouvement à présenter à nouveau des candidats aux élections municipales de 2017, ce qui constitue à ses yeux le vrai sondage.

Sainte-Pétronille

Pour M. Harold Noël et le conseil municipal de Sainte-Pétronille,  qui a répondu par écrit à la demande d’Une île, une vision, le sondage pèche par son manque de crédibilité. M. Noël affirme avoir fait examiner le sondage par des experts qui l’auraient jugé non représentatif principalement parce qu’il n’a pas été mené aléatoirement, sur une population ciblée.  Comme ses collègues, il estime que la composition de l’échantillonnage des répondants, à 53% de formation universitaire alors que le pourcentage de résidents ayant une telle formation serait aux alentours de 33 %, démontre une représentativité inadéquate. M. Noël estime que le mouvement aurait dû impliquer les municipalités dans l’élaboration du sondage. Il croit que cela aurait permis de mieux identifier les véritables enjeux et de proposer d’autres hypothèses de solution que la fusion municipale unique comme fondement d’une éventuelle étude de faisabilité.

Saint-Pierre

Sylvain Bergeron nous a fait part de la position du conseil de Saint-Pierre. Pour M. Bergeron, les élus représentent la majorité et n’ont pas été élus pour réaliser les objectifs du mouvement Une île, une vision mais pour gérer la municipalité dans le cadre actuel. De plus, la réalisation d’une telle étude représenterait une charge de travail supplémentaire excessive pour les employés municipaux. Ici encore, il n’y aurait pas de besoin véritable, plusieurs dossiers communs étant déjà traités collectivement au niveau de la MRC et tel celui de la revalorisation de l’entrée de l’Île, étant déjà en voie de réalisation.

Saint-Laurent

Pour M. Yves Coulombe, maire de Saint-Laurent,  la municipalité étant actuellement engagée dans des projets d’envergure (agrandissement de la caserne, système de collecte et de traitement des eux usées), la participation inévitable du personnel à la réalisation d’une étude par le MAMOT constituerait une charge de travail excessive. D’accord avec ses collègues, il estime que le conseil actuel a été élu pour gérer la municipalité d’abord et avant tout et que la MRC permet de gérer efficacement les dossiers communs. Il croit également que le sondage manque de crédibilité et ne reflète pas la démographie de la population de l’Île.

Saint-Jean

Jean-Claude Pouliot, maire de Saint-Jean et M. Luc Blouin, conseiller, nous ont exposé le point de vue de la municipalité à l’égard de la demande d’une Île, une vision, à laquelle le conseil n’a pas donné suite. Ils rappellent qu’à Saint-Jean, la dernière élection municipale a porté principalement sur la  désirabilité  d’une éventuelle fusion. La question a été explicitement et vigoureusement débattue et le scrutin municipal a démontré clairement le rejet de cette option. Ces élus ne voient pas l’utilité  d’investir leur temps et l’argent du public à débattre éternellement de la question. Ils estiment  se trouver en campagne électorale permanente, ce qui constitue pour eux un gaspillage d’énergie et un manque de respect pour la majorité des citoyens qui les ont élus. Comme leurs confrères, ils n’estiment pas le sondage crédible. Puisqu’il s’agit, selon eux d’une initiative privée, le rapport d’enquête n’appartient qu’à des particuliers et ne les lie pas.  En l’absence de problèmes de gouvernance véritables, ils estiment que le cadre actuel a fait ses preuves, qu’il est ancré dans le territoire de l’Île et répond aux besoins des citoyens. Ils jugent également que, contrairement à la position qu’ils prêtent à Une île, un vision, le travail des élus n’est pas reconnu, alors qu’ils recherchent collégialement des consensus reflétant l’équité entre municipalité,  l’écoute des citoyens et l’intérêt commun de tous les résidents. Comme d’autres élus, ils estiment qu’il est temps de passer à autre chose.

Sainte-Famille

Quant à Sainte-Famille, elle est la seule municipalité dont le conseil s’est partagé sur la question. M. Jean-Pierre Turcotte  est d’avis que son conseil – où, nous rappelle –t-il, on retrouve pas de « fusionnistes », aurait peut-être fini par se ranger à la demande d’étude de ne faisabilité, ne serait-ce que pour en avoir le cœur net. Il croit que plusieurs citoyens qui ne sont pas favorables à une éventuelle fusion apprécieraient néanmoins recevoir toute l’information utile sur les tenants et aboutissants de cette option. Il estime donc le sondage crédible et ses résultats significatifs. Par respect pour les citoyens qui ont manifesté leur intérêt et pour régler la question, qui restera dans l’air, il aurait été favorable à la demande de Une Îîe une vision. Toutefois, une seule municipalité ne suffit pas, et, compte tenu de l’opposition de tous les autres conseils, la municipalité s’est rangée à la position majoritaire.

Réaction d’Une île, une vision

Nous avons rencontré M. Jacques Paradis, président d’Une île une vision ainsi que madame Andrée Marchand et M. Gilbert Lacasse.  La première réaction en est une de déception devant la réponse quasi –instantanée  des conseils municipaux face à un sondage dont ils défendent vigoureusement la qualité et la crédibilité. Ils rappellent qu’il a été mené selon les règles de l’art, par une firme dont la compétence est reconnue,  à la suite d’un appel d ‘offre en bonne et due forme, et fait l’objet d’un rapport d’enquête étoffé.  Quant à la question de la représentativité de l’échantillonnage et du type de sondage, l’exécutif du mouvement et M. Dubé auraient volontiers participé à une rencontre avec les élus municipaux afin de répondre à leurs critiques.  Pour le mouvement, ces critiques traduisent plutôt une opinion hostile, non verbalisée à l’option qu’il défend et le refus des conseils municipaux reflète un non-respect des citoyens qui aimeraient que l’hypothèse d’une fusion soit étudiée et documentée.

Les représentants d’Une île une vison doutent que les municipalités auraient donné suite à une demande de participer à l’élaboration du sondage compte tenu des raisons exprimées pour refuser de la demander.  À l’égard du fardeau de travail qui pourrait échoir aux employés municipaux, on se demande si les municipalités se sont informées de la teneur exacte de celle-ci auprès du MAMOT et auprès de municipalités comparables ayant déjà été fusionnées, telles celles de l’Île – aux – Coudres ou des Îles – de- la -Madeleine.

Les représentants d’Une île une vison ont l’intention de continuer à informer la population. Ils rappellent qu’ils ne forment pas un mouvement politique mais bien citoyen, qui se veut une courroie de transmission  entre les citoyens et les élus face aux enjeux de gouvernance de l’avenir, tels les nouvelles formes de taxation, et les nouveaux modes et responsabilités de gouvernance municipale. Ils affirment que leur seule fin est de renseigner la population sur les avantages et inconvénients d’une éventuelle fusion et que si une étude démontrait qu’elle ne serait pas avantageuse, la question serait réglées quant à eux. Ils n ‘ont pas l’intention de présenter de candidats aux élections municipales de 2017.

Réaction de Axiome Marketing

Martin Dubé d’Axiome marketing a réagi aux critiques dont son sondage a fait l’objet, qu’il estime non fondées. Selon lui, le sondage, qu’il voit comme une véritable consultation de la population de l’Île, a été mené selon les règles de l’art, et qu’en conséquence, ses résultats sont significatifs en termes de volonté populaire. M. Dubé est prêt à justifier  du sérieux et de la rigueur de l’approche et de la méthode adoptée et de la qualité du rapport d’enquête. De plus, il affirme que 743 répondants sur une population de 5,900 personnes constitue un échantillonnage substantiel et que l’approcha aléatoire n’aurait jamais rejoint autant de personnes. Plusieurs répondants s’étant exprimés par téléphone, il est en mesure d’affirmer qu’ils se recrutaient parmi les Contre autant que les pro-fusion. En outre, environ 500 répondants ont donné leurs noms et adresses afin de participer au tirage d’un Ipad, ce qui permet de vérifier la validité de leur participation. Il est en mesure d’attester qu’aucun mouvement organisé n’est venu truquer le sondage, que ce soit pour ou contre la demande d’étude. Une considération particulière ressort : les répondants de formation universitaire sont toujours plus nombreux à répondre aux sondages et en outre sont plus représentés chez les jeunes familles, sur l’Île comme ailleurs. Il estime la consultation menée pleinement valable et qu’elle mérite mieux que d’être balayée du revers de la  main.


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A propos de l'auteur

Isabelle Harnois

2 commentaires

  1. Arthur James Plumpton sur

    L’éducation est l’une de nos activités humaines la plus démocratique. Elle se présente au cours de toute notre vie et se base sur l’acquisition des connaissances. L’étude qui visait Une Ile – Une vision aurait peut être permis de lever une voile sur quelques questions concernant les pour et les contre d’une fusion possible et de nous mieux informer de la nature et de l’étendue des enjeux. Cela serait vraisemblablement au profit des fusionnistes et des non-fusionnistes.

    Arthur James Plumpton
    Résidant de Sainte-Famille

  2. L’Île d’Orléans, administrée comme elle l’est, principalement avec ses 6 municipalités indépendantes, est un lieu de rêve. Non natif, mais Ô combien heureux d’y vivre, je trouve la situation actuelle parfaite. Salutations respectueuses à toutes ceux et celles, qui pour notre grand bonheur y travaillent la terre, de même à ceux qui y travaillent en autres domaines. Belle et bonne journée. Michel Zimmermann Résident St-Famille.

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