Les bonnes mauvaises herbes

0

Êtes-vous fatigués de faire la guerre aux mauvaises herbes qui poussent allègrement dans votre jardin? Le moment est peut-être venu de faire la paix avec l’ennemi. En effet, les herbes que nous appelons «mauvaises herbes» ne sont peut-être pas aussi mauvaises qu’on pourrait le croire.

Une mauvaise herbe est au fond une plante qui pousse au mauvais endroit au mauvais moment. Les apercevoir nous rend malheureux et nous passons beaucoup de temps et d’énergie à les éliminer. Un jardin envahi par les «mauvaises herbes» envoie l’image du chaos, de la négligence. Mais les mauvaises herbes peuvent pourtant être vues comme nos amies.

Il existe en effet plusieurs types de mauvaises herbes qui sont non seulement comestibles, mais goûteuses, nutritives et bonnes pour la santé. En voici trois exemples.

pissenlitAlors qu’une véritable guerre chimique est menée depuis des années contre les pissenlits (Taraxacum officinale), la totalité de cette plante est comestible. Ses feuilles, quoiqu’un peu amères, sont délicieuses dans un mélange mesclun. Ses fleurs peuvent être utilisées pour fabriquer un merveilleux vin de printemps. Ses racines peuvent quant à elles être grillées et utilisées comme substitut de café.

Mais en fait, c’est surtout en raison de ses nombreux effets bénéfiques pour la santé que le pissenlit fut initialement importé par les Européens.

poule grasseLa poule grasse (Chenopodium album) est une autre plante sauvage comestible. Comme le pissenlit et de nombreuses autres mauvaises herbes comestibles, la poule grasse est beaucoup plus riche en vitamines et minéraux que la plupart des verdures cultivées. De la même famille que le quinoa, ses feuilles, ses fleurs et ses graines crues ou cuites peuvent être mangées. Aussi appelée «épinard sauvage», la poule grasse peut être utilisée comme substitut aux épinards. Cette mauvaise herbe est si délicieuse qu’elle est même vendue dans les épiceries gourmandes aux États-Unis.

oseilleL’oseille (Rumex acetosa) est une plante sauvage utilisée traditionnellement dans la cuisine française. Elle peut être utilisée en salade. En raison de son goût aigre, elle peut aussi remplacer le vinaigre dans certaines recettes. Elle pousse souvent sur les bords de champs et est facile à reconnaître par ses fleurs rougeâtres.

Ces trois plantes représentent une petite partie des nombreuses plantes sauvages comestibles. J’ai jusqu’à maintenant identifié et goûté plus d’une vingtaine de «mauvaises herbes» qui poussent abondamment dans les champs et jardins orléanais.

En plus de ne nécessiter aucune semence, fertilisation ou irrigation, ces plantes sauvages sont fraîches, gratuites, et de loin plus goûteuses que la laitue bon marché de type «iceberg».

Si vous souhaitez commencer à savourer ces aliments sauvages, je vous recommande le Guide d’identification des mauvaises herbes du Québec publié par le MAPAQ. Il fournit des photos des mauvaises herbes les plus communes à tous les stages de leur croissance. Une fois que vous aurez identifié l’espèce, vous pourrez compléter vos recherches sur internet afin de déterminer si la plante est comestible ainsi que la meilleure façon de l’apprêter. Les bonnes «mauvaises herbes» ne sont donc pas de vilains ennemis dangereux, mais de merveilleux cadeaux de la nature pour égayer nos assiettes et nous donner santé et longue vie.

La prochaine fois que vous irez dans votre jardin, troquez donc le désherbage contre la récolte!


Partager.

A propos de l'auteur

Tim Boucher

Laissez une réponse