Un PGMR encore plus vert

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Cette année, les municipalités de l’île d’Orléans mettront gratuitement à la disposition des citoyens des sacs de papier de grand format destinés à la cueillette des feuilles mortes. L’utilisation de ces sacs sera obligatoire dès l’automne 2015. Les objectifs poursuivis par l’instauration de ces nouvelles mesures sont de réduire les coûts de l’incinération et d’améliorer notre bilan environnemental. C’est ce que nous annonçait dans une entrevue réalisée à la fin d’août, Mélissa Poirier, la responsable de l’application du Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) de la MRC.

Même si jusqu’ici la MRC offrait un rabais de 25¢ à l’achat de ces sacs en papier spécialement conçus à cette fin, plusieurs citoyens continuaient d’utiliser des sacs de plastique, les jugeant moins coûteux et plus commodes. Mais cette pratique présente de nombreux inconvénients, selon Mélissa Poirier. L’agriculteur chez qui étaient acheminés les sacs de feuilles devait nécessairement les vider avant le compostage pour séparer les sacs de plastique non biodégradables de leur contenu, ce qui entraîne des coûts supplémentaires de main-d’œuvre. Et l’on devait en plus les réunir et les acheminer à l’incinérateur, ce qui n’est évidemment pas la solution la plus écologique.

D’autre part, les normes environnementales actuelles[i] ne permettent pas à un agriculteur de procéder à un épandage de résidus végétaux, dont les feuilles d’arbres, de plus de 250 m3/hectare/an sur une parcelle cultivée ou de plus de 1 000 m3/hectare/an s’ils sont utilisés comme paillis dans les plantations d’arbres ou de plantes vivaces. Ces mêmes normes précisent aussi que «les feuilles mortes doivent provenir d’une collecte en vrac ou en sacs de papier ou encore être des feuilles triées dans un centre de tri, afin de minimiser la présence de corps étrangers [comme le plastique]. Il s’agit essentiellement de feuilles mortes ramassées à l’automne, contrairement à celles ramassées au printemps […] qui sont contaminées par divers résidus.» Certaines de ces contraintes exigent en conséquence que plus d’un agriculteur de l’île participe à l’opération «feuilles mortes». Plusieurs d’entre eux seront sollicités prochainement. Nos lecteurs auront également compris que le compostage en circuit court, «sur le continent», est une solution à privilégier par rapport à celui à distance, comme à l’usine de Saint-Henry-de-Lévis, par exemple.

Le caractère éminemment polluant de l’incinération des matières organiques (40% des ordures ménagères), comme les feuilles, de même que les coûts importants qui y sont associés devraient nous inciter à opter pour cette façon de faire où tout est finalement recyclé. Mais il y a bien sûr d’autres méthodes tout aussi écologiques pour transformer les déchets organiques; le compostage domestique et l’herbicyclage, cette dernière méthode consistant à laisser au sol le gazon coupé qui agit comme fertilisant naturel; on peut également utiliser les feuilles comme paillis dans le jardin et les plates-bandes ou tout simplement les porter au composteur.

Quelques données

«Les matières organiques (résidus de table, gazon, feuilles, résidus de jardin, etc.) représentent près de 40% des ordures ménagères. Ces matières, lorsque jetées aux ordures, augmentent inutilement la quantité de déchets brûlés à l’incinérateur, nuisent à la combustion des fours et surtout génèrent de l’oxyde nitreux (N2O) un gaz à effet de serre très puissant (Recyc-Québec)».

«Compostées ou laissées au sol, ces matières cessent d’être des déchets et deviennent des ressources fertilisantes».

«Pour l’ensemble de l’île, la quantité de feuilles ramassées lors des journées de collecte des feuilles équivaut à près de 18 camions à ordures annuellement. […]. [Les sacs biodégradables offerts sont] très résistants. [Ils] sont composés de deux couches de papier kraft renforcé et peuvent contenir jusqu’à 50 livres de feuilles mouillées pour une durée de plus de quatre semaines (l’eau s’écoule et le sac sèche). Ces sacs nourrissent la terre au lieu d’être une matière indésirable, ce qui améliore grandement le bilan environnemental de la collecte des feuilles».

[i] Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Guide sur le recyclage des matières résiduelles fertilisantes /Critères de référence et normes règlementaires, 2012.
Source: Site de la MRC de L’Île-d’Orléans_Onglet PGMR / Collecte déchets et recyclage_Matières organiques.
(photo: David Goehring)


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A propos de l'auteur

Normand Gagnon

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