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Amour/haine pour les TLM

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Au Canada, plus de 50% des heures de bénévolat sont effectuées par 10% des bénévoles. Cette minorité de bénévoles cumule les implications, additionne les heures et est garante de nombreux services à la grandeur du pays. Le phénomène est si bien établi que ces bénévoles ont acquis leur propre acronyme et sont devenus les TLM, dits toujours les mêmes. Cet acronyme à l’origine obscure a peut-être eu une utilisation marginale à ses débuts, mais il n’est plus rare de le voir poindre ses lettres dans des publications officielles. Que ce soit dans les textes de recherches du Réseau de l’action bénévole du Québec ou dans les écrits de l’Observatoire québécois du loisir, ces trois lettres devinrent peu à peu l’abrégé d’une réalité complexe.

Loin de moi l’idée de lancer la pierre à ces bénévoles qui se dévouent corps et âmes pour le bien des autres. Comment pourrait ont en vouloir, entres autres, à ces retraités qui travaillent désormais davantage depuis qu’ils ne sont plus payés pour le faire. Au contraire, il ne faut pas hésiter à reconnaître et saluer leur implication et à les soutenir dans leurs efforts. Toute notre reconnaissance, nos salutations et notre soutien ne doivent cependant pas nous empêcher d’oser demander pourquoi les TLM existent? Une fois les remerciements postés et les médailles octroyées, il serait sage de regarder pourquoi le bénévolat donne l’impression d’être l’affaire d’un groupuscule. Encore plus désabusante pourrait être la supposition que certains TLM ne le sont peut-être pas totalement par choix. Où se termine l’action bénévole et où commence l’obligation? À force de dire de la relève bénévole qu’elle est inexistante ne donnons-nous pas aux TLM l’impression qu’ils sont si indispensables qu’ils ne peuvent plus dire non? De l’autre côté, la charge de travail qu’un TLM aguerri effectue rend difficile toute relève et peut faire paraître le bénévolat comme nécessitant une implication minimale de 40 heures par semaine.

Histoire d’œufs et de poules s’il en est-une. Les TLM sont en quelque sorte victimes de leur propre implication. Comment briser ce cercle vicieux de la bonne action?

La solution passe très certainement par une redéfinition du bénévolat et par une valorisation de celui-ci à petite échelle. J’ose croire que le manque de relève n’est qu’en partie illusion. S’il est ardu, voire impossible de dénicher de nouveaux TLM, il faudra à un certain moment admettre que ce n’est peut-être pas la solution. Même si cela implique des modifications organisationnelles, la subdivision du travail effectué par les TLM ne peut à long terme qu’être bénéfique. Continuons donc à apprécier et remercier les TLM pour tout ce qu’ils offrent, mais assurons-nous d’avoir et de valoriser aussi des possibilités d’implication bénévole modulable et épisodique. Donnons la chance à chacun d’être bénévole à sa manière et à son rythme et nous pourrions être surpris du résultat.

Il suffit de lire les pages de la section des organismes du journal pour constater à quel point l’apport des bénévoles est important pour notre communauté. Avec des besoins toujours grandissants, il ne sera pas toujours possible de faire plus avec moins de bénévoles. L’équilibre ne pourra être maintenu qu’en faisant de l’enjeu du bénévolat l’affaire de tous. Il faut donc souhaiter que TLM devienne un peu moins toujours les même et un peu plus tout le monde.

Le bénévolat au Canada en quelques chiffres

  • Les activités de bénévolat équivalent à un million d’emplois à temps plein.
  • Le taux de bénévolat enregistré en 2013, qui s’établit à 44 %, a légèrement diminué depuis 2010, mais demeure égal au taux enregistré en 2004.
  • Près de la moitié des bénévoles (48 %) ont proposé leurs services à un groupe ou à un organisme de bienfaisance de leur propre initiative.
  • Les deux tiers (66 %) des non-bénévoles ont affirmé ne pas avoir le temps de faire du bénévolat, et 62 % ont déclaré ne pas être en mesure de prendre un engagement à long terme.

Source: Statistique Canada – Le bénévolat au Canada, 2004 à 2013.

(photo: Flickr)


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A propos de l'auteur

Sylvain Delisle

Concepteur et administrateur du site web depuis sa création, Sylvain est devenu rédacteur en chef en juillet 2014

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