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Le recyclage en vaut-il la peine?

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La question est régulièrement posée: vaut-il vraiment la peine de recycler certaines matières résiduelles comme le papier, le carton, le plastique et le métal? Est-ce utile, d’autre part, de s’assurer que ces produits à recycler soient exempts de contamination? En d’autres termes et de façon plus générale, est-il essentiel de respecter les consignes maintes fois répétées associées au programme de gestion des matières résiduelles. Nous avons voulu vérifier le bien-fondé des nombreuses directives à cet égard en visitant le centre de tri de la Ville de Québec, lequel dessert aussi le territoire de l’île d’Orléans.

La séparation des produits du bac bleu

Sur notre territoire, le contenu du bac bleu est entièrement traité au centre de tri qui réussit à séparer et à récupérer plus de 90% du tonnage reçu. Le reste est soit revalorisé (bois, gros objets de métal, etc.), soit dirigé vers le site d’enfouissement.

Le procédé, complexe et pour une bonne part mécanisé, extrait d’abord les matières non recyclables, notamment les gros objets qui pourraient endommager les équipements, de même que les pellicules et sacs de plastique. Un séparateur isole le carton qui sera ensuite débarrassé manuellement des matières non désirées; ce carton poursuit son chemin pour être ultérieurement conditionné. Papier, verre, métaux et contenants sont alors dirigés dans une seconde station de prétri, puis dans des séparateurs destinés à retirer le verre afin d’éviter la contamination du papier. Un séparateur à particules fines dissocie quant à lui le verre des petits objets légers (bouchons, par exemple). Parallèlement, le papier sera sélectionné en retirant le plastique et le carton résiduels. Les matières restantes, plastique et métal principalement, seront triées manuellement. Le métal ferreux est retiré de la chaîne par des aimants; un procédé semblable permet ensuite de sélectionner les canettes d’aluminium. Finalement, toutes les matières sont compactées, mises en ballots et chargées dans des camions qui les acheminent à des acheteurs qui vont les valoriser ou les transformer en de nouveaux produits.

Quelques usages des matières séparées au centre de tri

Types de matériaux Usages
Métal Pièces d’automobile, boîtes de conserve, etc.
Verre Contenants de verre, abrasifs, isolants, etc.
Papier et carton Journaux, papiers hygiéniques, etc.
Plastique Casques de vélo, vêtements, etc.

Source: Ville de Québec, recyclage-centre de tri en ligne.

La réutilisation des matières séparées

C’est ici que l’on trouve la meilleure justification de tout le processus de séparation et du respect des consignes. En effet les matières séparées, surtout si elles sont de qualité, trouvent preneur sur les marchés et assurent donc des revenus qui diminuent d’autant les coûts du recyclage; elles sont de plus réutilisées dans diverses filières, ce qui les détourne de l’enfouissement (coûteux et polluant).

Le verre, réduit en morceaux grossiers au cours de la séparation, va servir, par exemple, de matériau de drainage dans les sites d’enfouissement. Le papier et le carton (en ballots) sont carrément réintégrés au cycle de la fabrication de matériaux ligneux. Les contenants de jus et de lait seront quant à eux compactés et les briques obtenues serviront de combustible pour des fourneaux industriels (cimenteries). Les métaux ferreux, expédiés dans les centres de recyclage spécialisés, serviront à la fabrication de nouveaux objets. Les métaux non ferreux, particulièrement les canettes d’aluminium, bénéficient de la consigne et seront réintégrés au cycle de l’aluminium.

On comprendra facilement que la qualité des matières recyclées mises sur le marché compte pour beaucoup dans leur prix de vente, d’où la nécessité d’un tri le plus poussé possible et de contaminations réduites. De plus, les gros objets, tels des pelles ou des ventilateurs, dont la présence a été observée lors de notre visite, ainsi que tout autre objet hors consigne entravent et diminuent l’efficacité du processus de séparation lors des opérations manuelles et mécaniques en plus de mettre en péril l’intégrité de la machinerie et d’augmenter le risque d’interruption du processus de séparation. De même, les objets souillés, comme des pots de yogourt à demi-remplis, doivent être retirés à la main et occasionnent là aussi une perte d’efficacité: un sac de plastique va passer tout droit alors qu’on est occupé à retirer l’objet contaminé…

Soulignons enfin que le respect de ces consignes contribue à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs du centre de tri.

Quelques consignes

Il n’est donc pas inutile de rappeler ici quelques consignes relatives au prétri domestique des matières recyclables qui peuvent se résumer ainsi:

  • Éviter les intrus: les objets recyclables proviennent essentiellement de la cuisine et de la salle de bain, des contenants surtout. Matériaux de construction, pièces de véhicules, matériel électronique, résidus domestiques dangereux (piles, batteries, solvants et peintures, réservoirs de propane) et rebus divers doivent être acheminés à l’écocentre. Les couches ne sont pas recyclables!

Voir le guide du tri en ligne à l’adresse www.ville.quebec.qc.ca/guidedutri de même que le document vidéo explicatif sur le site de la MRC: http://mrc.iledorleans.com/fra/services/pgmr-collecte-dechet-et-recyclage.asp

  • S’assurer de la propreté des contenants de matières recyclables; les rincer rapidement à l’eau est une bonne pratique.
  • Il est inutile de retirer les bouchons de plastique des contenants en plastique ou encore les étiquettes sur tout contenant. Vider le contenu du publisac dans le bac bleu et mettre le sac plastique avec ses semblables déposés dans un seul sac bien attaché.

(photo: Mélisssa Poirier)


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A propos de l'auteur

Normand Gagnon

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