PTP et gestion de l’offre

0

 

Au matin du lundi 5 octobre, on apprenait qu’un accord de principe avait été conclu durant la nuit entre les pays de l’axe transpacifique participant aux négociations d’un pacte commercial de libre échange, en cours depuis plusieurs années.

Dans notre dernière édition, nous avons expliqué le système canadien de gestion de l’offre de même que la position des producteurs visés et de l’UPA dans le contexte de la campagne de sensibilisation menée par cette dernière sous le thème «Forts et unis». L’UPA et les producteurs de lait, volaille et œufs demandaient au gouvernement fédéral de préserver intégralement le cadre établi de gestion de l’offre, en raison de ses nombreux avantages pour les entreprises agricoles et pour les consommateurs.

Or, l’accord conclu par le gouvernement canadien, s’il préserve ce cadre, augmente la part de marché consentie à l’importation de produits laitiers étrangers (surtout des États-Unis et de pays comme la Nouvelle-Zélande) sur le marché canadien, ce qui réduira d’autant celle des producteurs canadiens, surtout québécois, puisque le Québec produit la plus grande partie des produits laitiers au Canada. Le fait que le gouvernement, à la conclusion de l’accord, ait simultanément annoncé des subventions à l’intention des producteurs de lait semble démontrer qu’il anticipe que la stabilité de leurs revenus sera compromise. À cet égard, cette nouvelle conjoncture s’ajoutera à celle prévalant depuis les accords commerciaux conclus avec les pays européens, qui permettent l’importation de fromages européens sans barrière tarifaire, ce que les producteurs québécois estiment à leur détriment.

On pouvait lire, sur le site du journal Les Affaires du 5 octobre, que les producteurs anticipent la fermeture de plusieurs fermes laitières du fait de cet accord. En effet, les pertes de revenus qui résulteront vraisemblablement des quotas supplémentaires consentis pourraient accélérer la consolidation d’entreprises dans l’industrie laitière, comme cela s’est produit dans des secteurs non protégés. L’accord définitif ne sera vraisemblablement pas signé avant plusieurs mois et les nouvelles mesures n’entreront pas en vigueur avant cette signature.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a annoncé qu’il n’entendait pas donner suite à l’entente de principe conclue le 5 octobre. Des commentateurs, économistes et juristes, doutent cependant qu’il soit réaliste de penser que le Canada puisse se désister d’un accord qu’il négocie depuis plusieurs années et qu’on estime très avantageux pour l’économie canadienne. À titre d’exemple, Radio-Canada a publié une liste de produits canadiens, dont le sirop d’érable, les canneberges, l’aluminium et les avions Bombardier qui pourraient voir s’ouvrir d’importants nouveaux débouchés sur les marchés d’Asie et d’Océanie, selon le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement du Canada.

(photo: steve p2008)


Partager.

A propos de l'auteur

Isabelle Harnois

Laissez une réponse