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Une Xe carrière pour monsieur Spence

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Les Orléanais ont connu Jean Spence au début des années 90. C’est plus précisément en 1994 qu’il fait l’acquisition de l’épicerie au pied des coteaux de Saint-Laurent. Entouré de sa famille, il opérera l’épicerie Les Spence pendant plus de 15 ans avant de la vendre. L’homme d’affaires aurait alors pu en profiter pour prendre une retraite bien méritée, à l’âge de 70 ans; mais il ne s’agissait que d’une pause. Le 1er février dernier marquait son retour dans le marché de l’alimentation à l’île d’Orléans. En ce matin frisquet, il était heureux d’accueillir de fidèles clients dans la boutique gourmande de l’Auberge Le Canard Huppé où il offre à nouveau ses plats préparés et ses charcuteries.

M. Spence le boucher

Originaire de Dolbeau, c’est à 16 ans qu’il quitte l’école pour devenir officiellement boucher dans l’épicerie de son père. Si, de prime abord, la carrière de boucher s’impose par la nécessité de pourvoir le poste vacant dans le commerce paternel, Jean Spence évoque cette époque avec admiration pour son père en soulignant que cette première expérience lui inculque le respect et discipline. «Si tu veux rendre service à quelqu’un, il faut que ça te cause un peu de trouble, sinon ce n’est pas un service», disait d’ailleurs son père. En 1958, il parfait sa formation en étudiant à Montréal à l’Institut national des coupes de viandes. La famille Spence fermera ce commerce en 1960 pour se concentrer sur son entreprise de distribution.

M. Spence le distributeur alimentaire

La famille Spence développa peu à peu un réseau de distribution alimentaire. Désireux de se démarquer, Jean et ses frères se rendaient régulièrement à Montréal pour développer la mise en marché de produits qui n’étaient pas encore disponibles dans les régions du Saguenay, du Lac-Saint-Jean, de Chibougamau et de la Côte-Nord. Les Spence finirent ainsi par desservir un territoire couvrant 800 km et 1 000 clients. Pour y parvenir, ils opéraient alors deux centres de distribution et une charcuterie sous inspection fédérale. En 1987, avec le début de la consolidation des services alimentaires, Provigo se porte acquéreur de la compagnie Spence.

M. Spence l’épicier

C’est un concours de circonstances qui amène Jean Spence et sa famille à l’île d’Orléans. Dans le cadre de la gestion du réseau de distribution, M. Spence profitait de réunions à Québec pour faire escale avec sa femme Monique à l’île. Le paysage ne leur était donc pas inconnu. C’est cependant une épicerie en faillite qui offrira l’occasion à l’homme d’affaires de se lancer dans un nouveau projet. C’est peut-être un secret bien gardé, mais l’aventure orléanaise devait au départ durer deux ans. Dans l’idée de M. Spence, c’est le temps qu’il estimait nécessaire pour remonter le commerce et le revendre. Son plan d’affaires ne prenait cependant pas en considération une grande histoire d’amour avec la communauté de l’île. Le concept était simple: «juste essayer de donner au client ce qu’il voulait», dit-il. Plus concrètement, cela se traduit par l’ouverture d’une agence de la SAQ, par le développement d’une boulangerie et de rayons de fromages et produits fins. C’est aussi l’occasion pour l’épicier de développer sa gamme de mets préparés: macaroni, pâté chinois, lasagne, saucisses, cigares au chou, etc. De son propre aveu, il fut très touché par l’accueil des gens et ce qu’il décrit comme un attachement réciproque. Il vendra finalement l’épicerie Spence après 16 ans d’opération, en 2010.

M. Spence le cuisinier

«Je ne peux pas dire que je m’ennuie, mais c’est comme quelqu’un qui fait du jogging… les muscles ont l’habitude», c’est comme ça qu’il explique son retour derrière les fourneaux en ce matin de février. Plus concrètement, c’est une idée de Maggie, du Canard Huppé, qui a amorcé ce nouveau départ. Consciente de la demande pour de tels produits, cette dernière voulait offrir par l’entremise de sa boutique gourmande des plats préparés comme ceux de M. Spence. Plutôt que d’imiter, elle a choisi de contacter directement celui qui les cuisinait et de redonner M. Spence aux Orléanais. L’ancien épicier mentionne quant à lui que c’est un beau défi: «La barre est haute, je n’ai pas droit à l’erreur. Les gens ont des attentes et on ne les décevra pas.» En ce 1er février, il était déjà possible de reconnaître plusieurs plats familiers: sauce à spag., macaroni, boudin, soupe aux pois, nouilles chinoises et bien d’autres.

Ce n’était que le début et déjà M. Spence parlait des jambons qu’il cuisinerait pour Pâques. C’est aussi avec énergie qu’il mettait la dernière touche aux emballages de ses produits tout en discutant de ses nombreux projets pour sa section dans la boutique. Même s’il dit ne plus vouloir travailler autant d’heures, il ne fait aucun doute que ce partenariat avec le Canard Huppé n’est que le début d’une nouvelle aventure.


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A propos de l'auteur

Sylvain Delisle

Concepteur et administrateur du site web depuis sa création, Sylvain est devenu rédacteur en chef en juillet 2014

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