Lilyane Coulombe et la Monnaie royale canadienne

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La Monnaie royale canadienne vient tout juste de dévoiler une nouvelle pièce de monnaie colorée représentant un trèfle à quatre feuilles pour souligner la Saint-Patrick. Le dessin sélectionné pour illustrer cette pièce est celui réalisé par Lilyane Coulombe, artiste-peintre de Saint-Laurent. Ce n’est toutefois pas la première pièce de monnaie réalisée d’après un dessin de Lilyane Coulombe que retient la Monnaie royale, mais bien la septième.

Parcours de l’artiste

Lilyane Coulombe est née à Saint-Laurent et y vit toujours. Depuis son tout jeune âge, elle manifeste un intérêt marqué pour les végétaux, intérêt qui s’est métamorphosé en passion au cours des années. Elle est d’ailleurs détentrice d’un diplôme en technique de science naturelle (botanique). Possédant une habileté manuelle hors du commun et un sens artistique inné, elle s’adonne, au fil des ans, à différentes activités mettant à profit ses talents, dont l’ébénisterie, l’horticulture et l’aménagement paysager. Toutefois, en 1989, elle suit des cours de dessin d’observation au fusain, puis d’étude des couleurs; elle expérimente l’acrylique et privilégie finalement la peinture à l’huile. Elle peint des natures mortes et des paysages de composition où toujours se retrouvent des fleurs, des arbres, l’éclosion d’un bourgeon, la naissance d’une fleur, tout ce qui touche à la flore. Elle en fait son sujet de prédilection, puisant ses modèles dans le coffre aux trésors naturel que lui offrent les champs et les boisés près de chez elle. Au fil des ans, elle perfectionne sa technique et expose un peu partout au Québec et, depuis six ans, elle s’adonne particulièrement à l’art de la planche botanique. Cette discipline se veut un art qui représente avec exactitude la forme, la couleur et les détails, à l’aquarelle; mais Lilyane Coulombe se démarque par l’utilisation de son médium favori qu’est la peinture à l’huile. Cet art requiert un grand sens de l’observation et une bonne connaissance de la morphologie des végétaux. Afin de reproduire fidèlement la plante choisie, elle la cueille avec ses racines, la photographie, la dessine, toujours à la main, spécifie-t-elle, et finalement la peint. Une fois son esquisse terminée, elle retourne la plante dans son habitat naturel. L’œuvre finale d’une planche botanique s’échelonne sur près d’une année.

Elle perfectionne son art en autodidacte et, en 2012, elle s’inscrit à l’Association canadienne d’art botanique (BAC), expose à Toronto avec l’association et, en 2014, elle gagne deux prix, le «Best in show» et le «Jean Johnson» pour la meilleure œuvre dans un médium autre que l’aquarelle. C’est là que la Monnaie royale canadienne la découvre. En 2013 on lui demande de soumettre des dessins de conception et, depuis, sept de ses dessins ont été commandés ou sélectionnés pour illustrer diverses pièces de monnaie. Ainsi, en 2014, sera dévoilé un ensemble de quatre pièces de monnaie en or pur représentant chacune une feuille d’érable; toujours dans la même année, après une sélection de dessins de différents artistes, la Monnaie royale choisira ceux de Lilyane et dévoilera un autre ensemble de cinq pièces de monnaie en argent fin représentant également des feuilles d’érable, ainsi qu’une autre pièce, en platine cette fois. En 2015, la Monnaie royale lui commande un dessin illustrant une feuille d’érable se détachant d’une branche et créant une onde en tombant sur une étendue d’eau, le tout créant une réflexion. Lilyane mentionne que ce fut tout un défi, car étant soucieuse de reproduire exactement le mouvement de l’onde créée par la chute de la feuille sur l’eau, elle faisait tomber une goutte d’eau dans un récipient, photographiait l’onde produite et en observait le mouvement, tout en tenant compte du reflet de la feuille sur l’eau et de la lumière projetée. C’est avec fierté qu’elle me présente la pièce de monnaie qui a été dévoilée en juin 2015; huit mille cinq cents exemplaires ont été produits en argent fin et trois cent cinquante en or pur, pièces qui seront bientôt épuisées. Elle trouve agréable de travailler pour la Monnaie royale même si ce sont des contrats très exigeants, me confie-t-elle, car elle y voit une belle marque d’appréciation de son travail et en ressent avec raison une grande fierté.

Pour l’instant, elle continue de peindre des plantes sur planche botanique, mais elle a très hâte de reprendre son crayon et sa tablette et de partir à travers champs à la découverte d’une plante, de s’en laisser habiter en la contemplant afin, dit-elle, d’en dévoiler la richesse secrète.


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Un commentaire

  1. Gaétane Chabot sur

    Excellent article de Lucie. Lilyane Coulombe artiste-peintre qui a un talent remarquable. Bravo! et Merci pour nous la faire découvrir.

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