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Chronique littéraire – Mai 2016

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 Là-bas, en Italie – Conversations avec ma mère
Mary Melfi propose un récit autobiographique touchant intitulé Là-bas, en Italie – Conversations avec ma mère, publié aux éditions Triptyque et traduit de l’anglais par Claude Béland. Les origines sont au cœur de ce livre splendide où la vision idyllique de la fille, quand elle évoque le passé de ses parents venus de Casacalenda, petite ville médiévale du sud de l’Italie, se heurte parfois aux souvenirs plus terre à terre de sa mère, toujours avec tendresse, mais également avec humour et autodérision. La conversation ainsi évoquée au fil des pages est parsemée d’instants émouvants où la fille, qui, dans sa jeunesse, a voulu faire les choses à sa façon et se distinguer de sa mère, renoue avec cette dernière, unissant d’un paragraphes à l’autre la perception de l’une, alimentée par son imaginaire, à la réalité dépeinte par l’autre avec des teintes et des nuances non moins empreintes de poésie. Plusieurs thèmes de cette Italie révélée du début du XXe siècle à l’aube du XXIe : la récolte des olives, les classes sociales, le travail des enfants, le mariage, les lavandières et plusieurs autres nous permettent d’entrer de la façon la plus agréable, par les paroles d’une mère qui vieillit, partageant au passage quelques-unes de ses recettes, intégrées au récit comme les macaroni San Giuseppe ou i fiadoni con ricotta, pour rendre le récit encore plus vivant, rempli d’odeurs et de saveurs, où l’Italie dévoilée est avant tout humaine, remplie de scènes de la vie quotidienne, jamais banales mais toujours évocatrices. Un très beau livre à découvrir.

Adélaïde et le cœur du Régent
Les amateurs de romans historiques apprécieront le roman Adélaïde et le cœur du Régent de Linda Sayeg, publié aux éditions Michel Quintin. Vaste fresque débutant à la cour de Louis XVI en 1684, nous assistons à l’amour naissant de deux enfants, Adelaïde de Lanuzac et de Philippe d’Orléans. Plus tard cependant, lorsqu’Adelaïde fait la rencontre de Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et de Françoise de Montespan, une attirance immédiate et réciproque provoque des sentiments insoupçonnés chez Adelaïde. Un triangle amoureux se dessine, que le roi, soucieux d’assurer des unions princières à ses bâtards, se hâte de faire couper court car il ne tolère aucune menace à son pouvoir absolu. Adelaïde est envoyée en Nouvelle-France au bras d’un obscur lieutenant. La vie là-bas, si différente de celle de la cour, la transforme certes mais, à son retour en 1718 dans un Paris auquel la régence de Philippe d’Orléans a donné une effervescence nouvelle, Adelaïde découvrira que sous les braises du feu éteint de son amour passé couvent encore des braises inaltérées par le temps.

Ma vie est une série Bip
Nancy Huston a été impressionnée par le livre de Lynn Langlois, Ma vie est une série Bip, publié aux éditions Québec Amérique. Elle en signe une préface vibrante. Le livre parle de la maladie mentale, plus précisément du trouble bipolaire. Fille, sœur et nièce de personnes qui étaient atteintes de cette maladie et ont choisi de mourir plutôt que de vivre avec cette souffrance, Lynn Langlois s’avoue « suicidaire mais pas douée pour se tuer ». Elle parle de la maladie à partir du point de vue du malade, celui que d’habitude on n’entend pas. Elle brise le sceau du secret et, à la lumière de son expérience personnelle, elle critique les raccourcis simplificateurs des « spécialistes ». Avec une écriture très lucide, Lynn Langlois a le don d’utiliser les mots justes et de parfaitement évaluer les environnements dans lesquels elle évolue. Nancy Huston la considère « une sonneuse d’alarme » en ce qui a trait des spécialistes en santé mentale : « Ces théologiens et curés des temps modernes, recourant à leur Bible à eux, le DSM, accomplissent leur Eucharistie sous forme de TCC (thérapies comportementales cognitives), grâce à des formulaires qui permettent certes de mesurer, quantifier, qualifier, séparer, classer et catégoriser, nommer et renommer les problèmes de leurs ‘clients’… mais en aucun cas de les apaiser ».

 


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