Chronique littéraire – Juin 2016

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À la défense de Maurice Duplessis

Martin Lemay présente un essai pour le moins percutant intitulé À la défense de Maurice Duplessis, avec une préface de Mathieu Bock-Côté, publié aux éditions Québec Amérique. Il fallait un courage certain pour aborder le sujet et tenter de réhabiliter le premier ministre Maurice Duplessis et surtout détruire le mythe de la grande noirceur que l’auteur qualifie «d’amas de fabulations». Mordant, Martin Lemay affirme que Maurice Duplessis, tout en n’étant pas un ange, fut le plus grand premier ministre de l’histoire du Québec. D’abord, parce qu’il a été élu à cinq reprises, en 1936, 1944, 1948, 1952 et 1956, ce qui, depuis, n’a jamais été répété pour un chef de parti. Ses arguments en faveur de Duplessis comprennent le fait qu’il a bâti des écoles, des écoles d’agriculture, la première école de médecine vétérinaire et les écoles d’art et métiers. L’État était peu impliqué dans la société, mais cet État «était économe et peu endetté», car Duplessis administrait prudemment les deniers publics. Il a créé un impôt québécois sur le revenu, décision «la plus significative de toute la carrière de Duplessis», car comment, demande-t-il, le Québec aurait-il pu se développer, «comment les gouvernements qui se sont succédé auraient-ils pu prendre les décisions audacieuses, de la Révolution tranquille à aujourd’hui, sans posséder son autonomie financière». Ensuite, même s’ils semblent fondamentalement opposés, Martin Lemay montre les ressemblances entre Maurice Duplessis et Pierre Elliott Trudeau. «Ils ont, dit-il, tous les deux lutté pour le pouvoir et l’ont exercé de façon similaire.» Qu’on soit d’accord ou non avec Martin Lemay, il reste que son essai est à lire, car il s’appuie sur des arguments solides qui valent la peine d’être examinés de plus près.

Jean-Marc Ouellet signe un roman policier très réussi intitulé Les griffes de l’invisible, publié aux éditions Triptyque. Alex Fournier, un médecin respecté et sans histoire, voit sa vie chamboulée lorsqu’il se met à vouloir comprendre les dangers des ondes électromagnétiques après avoir constaté combien, invisibles et perfides, elles n’épargnent personne et tuent. Il entreprend donc une enquête, un peu sceptique tout de même au départ. Par la suite, il est de plus en plus convaincu en découvrant un ennemi puissant qui étend ses tentacules dans toutes les sphères de la société, la mégacompagnie WBS, qui regroupe des membres ambitieux et sans scrupules et qui est prête à tout afin de préserver ses profits et consolider son monopole. Jean-Marc Ouellet maîtrise l’écriture de son récit, nous entraînant dans une histoire qui donne froid dans le dos et qui nous montre qu’à vouloir faire la lumière sur certains dangers causés par des entreprises dont les profits passent avant le bien-être des citoyens, on met parfois sa vie en péril. Un excellent roman.

Josée Ouimet présente un roman intitulé La marche des nuages, tome 1. L’insoumis, publié aux éditions Hurtubise. Débutant en septembre 1918, le roman raconte l’histoire du jeune Damase Huot, un insoumis de la Première Guerre mondiale. Alors que les affrontements se poursuivent et s’éternisent en Europe, Damase est appelé par le 22e Régiment pour l’enrôlement obligatoire. Il refuse de se soumettre et, aidé de son oncle Cléomène et de sa tante Léontine, Damase se cache dans une cabane à sucre isolée au fond des bois à Sainte-Hélène-de-Bagot. Considéré comme un traître, le jeune se sent pris au piège et doit affronter le froid, l’humidité, la faim et la soif, mais également la crainte constante d’être dénoncé par des délateurs avides de recevoir un peu d’argent pour leurs informations. Sa cachette dans les bois est choisie par une autre personne: Edwina Soucy, qui fuit la folie de son père. Rapprochés par la solitude, Damase et Edwina développent un sentiment amoureux leur redonnant espoir. Mais le destin vient séparer leurs chemins lorsque Damase doit fuir aux États-Unis et Edwina au cœur de l’anonymat de Montréal. Sauront-ils se retrouver?


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