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Du coup de cœur au ras le bol – Quand la gouvernance de l’île d’Orléans fait défaut

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Depuis des lustres, des gens du Québec et d’ailleurs aiment l’île d’Orléans et en apprécient les charmes. Rappelons-nous, avec justesse, que sa devise est: J’accueille et je nourris.

Plusieurs ont ressenti un coup de cœur pour l’île et ont décidé de s’y établir afin de partager son histoire, son folklore et ses beautés.

Ces gens, enfin propriétaires, croyaient pouvoir façonner à leur tour l’histoire de l’île d’Orléans, y écrire d’autres chapitres et laisser leur marque. Nous employons le verbe croire à l’imparfait, car c’était avant de s’embourber dans les dédales de l’administration locale de chaque municipalité, de l’administration de la MRC et des ministères du gouvernement du Québec.

Tant et aussi longtemps que les demandes spécifiques des ministères, pour rénover ou entretenir des maisons anciennes, étaient assorties d’aides financières équivalentes, la situation d’équilibre se perpétuait.

Cependant, depuis 2011 environ, avec les aides financières fondant comme neige au soleil, ceux et celles qui avaient vécu un coup de cœur pour l’île ressentent maintenant déception et découragement. Les raisons abondent:

  • Application nulle ou partielle ou incohérente de la règlementation relevant du ministère de la Culture et des Communications;
  • Du règlement Q2-22 du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques;
  • Interminables négociations avec le ministère des Transports pour doter l’île d’Orléans d’un nouveau lien avec la rive nord.

Par conséquent, de nombreux propriétaires, exaspérés par tant d’incompétence administrative à de multiples niveaux, ont décidé de quitter le navire avant qu’il ne coule comme le Vaisseau d’Or. Il n’y a pas que les trois raisons énoncées précédemment. La gouvernance des municipalités de l’île laisse elle-même grandement à désirer.

  • La municipalité de Sainte-Pétronille n’a toujours pas commencé ses travaux de traitement des eaux usées. Des dizaines de résidences n’ont même pas encore de traitement de leurs eaux usées. Ces citoyens envoient leurs excréments directement dans le fleuve Saint-Laurent et cela se passe encore en 2016!
  • La municipalité de Saint-Laurent, qui a enfin entrepris les travaux de traitement des eaux usées sur une distance de 4,7 km, en juin 2016, hésite à faire appliquer le règlement prescrit pour le traitement des eaux usées des habitations isolées.
  • Toutes les municipalités, sauf Sainte-Famille, laissent les citoyens plaider leur cause eux-mêmes auprès du ministère de la Culture et des Communications depuis juin 2016.
  • La MRC suit de loin les progrès du dossier de construction d’un nouveau lien entre l’île et la rive nord. Même situation pour le positionnement marketing de l’île d’Orléans par rapport au Québec, au Canada et aux États-Unis. Une petite action concrète a eu lieu, en 2015, pour embellir la hideuse entrée de l’île d’Orléans, à Saint-Pierre, mais tout est loin d’être réglé (exemple, la grange en ruine et ses environs)!
  • La MRC ne veut pas que le journal Autour de l’île incite à la polémique. Pour y arriver, la MRC a obligé le journal à réintroduire une clause dans la politique d’information du journal pour qu’une subvention équivalant à 25% de ses dépenses annuelles lui soit versée.
  • Un conseiller municipal de Saint-Laurent, par ailleurs devenu rédacteur en chef du journal Autour de l’île, a la mauvaise idée de vouloir cumuler ses fonctions de rédacteur en chef avec celles de maire de sa municipalité aux prochaines élections. Comme le conseil des maires de la MRC fournit 25% du budget du journal, imaginez le conflit d’intérêts!

Arrêtons ici cette litanie de bourdes administratives et d’exemples de manque de vision. Nous avons brossé ici un court portrait qui explique bien, notamment, pourquoi un nombre record de propriétés peuvent être à vendre à l’île d’Orléans, en cet automne 2016.

Voilà quelques raisons pour lesquelles tant de gens qui ont vécu un coup de cœur pour l’île d’Orléans ressentent maintenant un écœurement qui les pousse à abandonner tous leurs projets. Devant toutes ces contraintes qui assaillent l’île d’Orléans, nous croyons que la solution porteuse d’avenir, de concertation et de réussite est d’adopter un mode de gouvernance et une vision d’ensemble.

Alain Turgeon
ex-maire du village de Sainte-Pétronille


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Collaborateur

Cet article a été écrit par un collaborateur. Autour de l'île tient à remercier tout ceux et celles qui contribuent par leur écrits au dynamisme du journal et de son site Internet.

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