Opinion: De l’indépendance du journal Autour de l’île

0

Ce titre riche d’espoir cache une pratique douteuse et soulève des carences informatiques graves. M. Gagnon, comme chroniqueur, vous connaissez les dirigeants et leur goût pour la censure. Sauf erreur, vous y étiez soumis? Les dangers d’une telle pratique n’ont pu vous échapper. Alors, pourquoi avoir accepté ce pacte? Que d’injustices, d’abus, de tabous, de malentendus et d’intercompréhensions auraient pu être évités?

  1. Gagnon, comment quarante-trois élus, après avoir prêté serment, peuvent-ils imposer, supporter la censure dans notre journal? Comment un directeur d’information, lui-même conseiller, peut-il sélectionner les textes en toute impunité? Comment les artisans de notre journal peuvent-ils se soumettre à de telles règles? Comment la présidente du conseil d’administration peut-elle soutenir et approuver de telles conventions? Enfin, comment les citoyens peuvent-ils accepter d’être brimés d’un droit sacré de libre expression sans en être choqués et peinés?
  2. Gagnon, vous passez sous silence un protocole d’entente dûment signé par Mme Lina Labbé mairesse de Saint-François, et M. Harold Noël, maire de Sainte-Pétronille, au nom des maires, et contresigné par Violette Goulet, présidente, et Bruno Couteau, vice-président. Ce document unanime autorisait clairement la censure. Je cite ce passage: «Le journal Autour de l’île n’est pas et ne sera jamais un journal de polémique ni de débat politique ou partisan.» Dans l’opinion du lecteur de janvier 2013, M. Barthe écrit: «Comment en sommes-nous arrivés là? Que s’est-il passé pour que la censure (ou, encore plus subtilement, l’autocensure) devienne si présente et influence le contenu de ce précieux outil démocratique (…) Pourquoi et comment les élites locales ont-elles pris le contrôle du contenu de l’orientation de notre journal?» Propos accablant, s’il en est. Comment cautionner de telles pratiques dégradantes?

Vous écrivez: « Des représentants des municipalités siègent au conseil d’administration.» Je précise qu’ils sont six, triés sur le volet, donc majoritaires au CA, capables d’imposer leur point de vue.

Vous soulignez avec raison le concept flou de la politique d’information du journal Autour de l’île. Quelle pratique? Une pratique sous contrôle total et sans appel d’une petite poignée. Vous évitez de souligner les excès d’une telle façon de faire; pourquoi? Qui vous a nommé chroniqueur au journal, M. Gagnon? De plus, que cachent vos mots: «séparation des pouvoirs»? Quels moyens prendre pour éviter un tel dérapage de la part de ceux- là même qui sont au service de la démocratie et des citoyens? Vous restez muet sur ces points délicats et essentiels.

Vous semblez mettre sérieusement en doute le professionnalisme du journal. Tout laxisme, écrivez-vous, met en péril la crédibilité des organes de presse et des journalistes. Vous confondez encore un vrai journal et un bulletin communautaire d’intérêt local qui se doit d’être au service des citoyens utilisateurs-payeurs de l’île.

Votre chronique sur l’indépendance du journal ne change rien à la mentalité des maires et des conseillers résolus de garder le contrôle sur l’information qui est pourtant, vous en conviendrez avec moi, le premier fleuron d’une saine démocratie. Triste jour pour la transparence et la politique locale. Cette méprise dépasse l’entendement.

Roger Simard


Partager.

A propos de l'auteur

Collaborateur

Cet article a été écrit par un collaborateur. Autour de l’île tient à remercier tout ceux et celles qui contribuent par leur écrits au dynamisme du journal et de son site Internet.

Laissez une réponse