Une nouvelle production avicole à Saint-Laurent

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Entrepreneurs, confiants, jeunes et dynamiques sont les qualificatifs qui me viennent à l’esprit à la suite de ma rencontre avec Bruno Gosselin et sa conjointe Annie d’Amours dans leur nouveau poulailler équipé à la fine pointe de la technologie. Celui-ci abrite sept milles poules pondeuses, de belles poules brunes de race Hy-line Brown, nouvellement arrivées, dont les œufs biologiques sont destinés à la consommation. Les Œufs d’Orléans inc., ainsi se nomme leur nouvelle entreprise.

Bruno, diplômé en agronomie de l’Université Laval et actionnaire dans la ferme maraîchère familiale où sont cultivés principalement des choux de Bruxelles et des concombres, souhaitait diversifier sa production et y travailler toute l’année. Annie, quand à elle, ayant grandi sur une ferme davantage orientée vers une production animale, démontrait un intérêt marqué pour ce type d’activité. Ainsi est née l’idée de se lancer dans une exploitation avicole. Après avoir longuement mûri leur projet et monté un plan d’affaire, Bruno s’est inscrit au Programme d’aide au démarrage de nouveaux producteurs d’œufs offert par la Fédération des producteurs d’œufs du Québec(FPOQ). Ce programme octroie sous forme de prêt à vie un quota de six milles poules pondeuses et permet la location d’un quota équivalent. Pour l’instant, Bruno et Annie ont loué un quota de mille poules, portant leur cheptel à sept milles volailles, mais ils ne ferment pas la porte à une expansion éventuelle. À la FPOQ, un comité de sélection évalue les candidatures reçues selon des critères très précis et un gagnant est déterminé à la suite d’un tirage au sort parmi trois projets retenus. Après s’être retrouvé pendant plusieurs années parmi les finalistes, la persévérance de Bruno a enfin été récompensée en novembre 2016 alors qu’il est devenu le récipiendaire du quota convoité. «Sans cette aide, dit-il, il nous aurait été impossible d’entreprendre un tel projet.»

Un poulailler entièrement automatisé

La construction du poulailler, d’une superficie de 12 600 pi2, s’est réalisée au cours de l’été et de l’automne 2017. Il est entièrement automatisé pour la distribution de la moulée et de l’eau et il est également muni d’un tableau de contrôle qui permet notamment de connaître et d’ajuster la température, le taux d’humidité et le degré d’éclairage requis dans le poulailler. Sous les nids de ponte, un tapis mécanisé transporte les œufs vers la salle d’emballage où, par la suite, les plateaux sont déposés dans une chambre froide. Cette exploitation avicole étant sous régie biologique, elle doit se soumettre à des normes très strictes. En premier lieu, le poulailler doit se trouver sur une terre exempte de pesticides depuis au moins trois ans et les poules biologiques doivent y vivre en liberté et avoir accès à une zone extérieure clôturée lorsque la température le permet. Elles doivent avoir accès à des perchoirs surélevés et des nids pour permettre la ponte; l’eau et la moulée biologique doivent être accessibles en tout temps. La lumière naturelle est privilégiée mais peut être soutenue par un éclairage artificiel contrôlé. En somme, les conditions de vie des poules doivent être conformes à leurs besoins comportementaux. Pour Annie et Bruno, qui sont les huitièmes producteurs d’œufs biologiques au Québec, même si les exigences de ce type de production représentent un défi supplémentaire, elles correspondent davantage à leurs valeurs et, de plus, ils sont confiants que la demande des consommateurs pour des produits biologiques n’ira qu’en augmentant.

Peut-être sera-t-il possible de se procurer des œufs directement à la ferme; ils y songent… Mais, pour l’instant, leur temps est en grande partie consacré à l’adaptation des poules à leur nouvel environnement: les premières semaines sont en effet cruciales pour leur survie et pour la production des œufs. Annie et Bruno eux-mêmes ont à se familiariser avec leur nouvelle exploitation. Avant l’arrivée des poules, le 13 janvier dernier, la population de l’île a été conviée à une visite du poulailler et de ses installations, ce qui a semblé plaire aux visiteurs qui sont venus en grand nombre.

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