Soirée houleuse à Saint-Laurent

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C’est dans une salle bondée que s’est déroulée, le 28 août dernier, la séance d’information convoquée par le conseil municipal de Saint-Laurent afin d’apporter aux citoyens des éclaircissements sur le différend opposant la municipalité au Club nautique de l’Île Bacchus inc. (CNIB).

Bref historique

Les démarches pour la fondation du CNIB ont été entreprises en 1981-82 par un groupe de citoyens intéressés par la navigation et appuyés par la municipalité dans la foulée de Québec 84. Le Club nautique est en service depuis l’été 1984 et est dirigé par un conseil d’administration composé d’office du maire ou de la mairesse, de trois membres nommés par le conseil municipal, qui sont des membres de classe A, et de deux membres du CNIB (classe B). Un comité exécutif composé de cinq membres actionnaires actualise les orientations déterminées par le CA.

Situation actuelle

En novembre 2017, les élections municipales ont amené un changement au niveau du conseil municipal qui a procédé à la nomination de trois nouveaux membres de classe A devant siéger au conseil d’administration du CNIB. Ainsi, outre la mairesse, deux conseillers municipaux et une citoyenne qui s’avère être la conjointe d’un conseiller municipal ont été nommés membres de classe A au conseil d’administration. Selon les dires de la municipalité, à la suite de la première réunion du CA du Club nautique, en novembre 2017, où la démission de membres de classe B au sein du CA leur semblait officielle ainsi que la non-confirmation de retour pour l’été 2018 du maître de port et du directeur technique, les membres de classe A, dans le but d’assurer la sauvegarde de la saison estivale 2018, ont pris le contrôle de la gestion du CNIB. Cette situation a fortement déplu aux membres de classe B et entraîné de profonds désaccords quant aux orientations futures du Club nautique. Les membres de classe A reprochent notamment aux membres de classe B l’absence d’ouverture au dialogue dans le but d’améliorer l’offre de services aux membres et au public en général, ainsi qu’un manque de collaboration au projet Saint-Laurent, village maritime. De leur côté, les membres de classe B revendiquent le caractère privé du CNIB et soutiennent que les administrateurs d’un conseil d’administration doivent travailler dans l’intérêt de l’organisme qu’ils représentent. Ils considèrent que les membres actuels de classe A se servent de leur statut de conseiller municipal au sein du CA pour promouvoir le projet Saint-Laurent, village maritime. Ils leur reprochent également de vouloir faire de la marina un lieu public au détriment des membres actionnaires du CNIB qui paient une cotisation annuelle pour les services du club. Ils voient donc là un réel conflit d’intérêts. Le 24 mars 2018, les deux membres de classe B du conseil d’administration convoquèrent une assemblée spéciale visant à destituer les membres de classe A, démarche illégale en vertu des lettres patentes du club. Le 7 août, une nouvelle assemblée spéciale est organisée où une proposition visant à modifier la charte afin que le conseil d’administration ne soit dorénavant formé que de membres actionnaires du CNIB est présentée et adoptée à 98% par les membres présents. Toutefois, la veille, soit le 6 août, une résolution est votée à l’unanimité par le conseil municipal pour mandater leur avocat dans le but de contester toute demande en ce sens au Registraire des entreprises du Québec. Au moment de la soirée d’information, le dossier est donc entre les mains des procureurs des deux parties concernées.

Au cours de la période de questions qui a suivi la présentation de la municipalité, plusieurs citoyens ont pris la parole et certains ont exprimé que les raisons menant à ce désaccord leur semblaient toujours obscures. On se questionne. Est-ce l’arrivée de nouvelles personnes au sein du CA qui a conduit à une telle discorde et en quoi le projet Saint-Laurent, village maritime vient-il bousiller les relations entre Le Club nautique et la municipalité? D’ex-administrateurs du club, autant de classe A que B, ont souligné que depuis trente-quatre ans le Club nautique a toujours réussi à s’entendre avec la municipalité lorsque des problèmes survenaient et celle-ci n’a jamais eu à débourser un sou pour la marina, ce qui démontre la saine gestion du club.

D’autre part, quelques intervenants se sont dits très préoccupés par les coûts financiers engendrés par les recours légaux payés à même les taxes municipales et souhaitent que les deux parties trouvent des solutions hors des voies juridiques. On soulève l’hypothèse d’un conflit de personnalités entre les différentes parties et on suggère la nomination d’un médiateur externe et même un changement d’interlocuteurs de part et d’autre. Chose certaine, on déplore le fait que beaucoup d’énergie et d’argent soient très mal investis, ce à quoi acquiesce le conseil municipal. Celui-ci se dit ouvert à discuter avec le conseil d’administration, la main tendue est là pour travailler ensemble à la résolution du conflit.

Derniers développements

Lors de la séance ordinaire du conseil municipal du 10 septembre dernier, les citoyens ont été avisés en début de rencontre qu’aucune question concernant le Club nautique de l’Île Bacchus ne serait permise en raison d’une demande à la cour d’une ordonnance de sauvegarde qui vise à protéger le statu quo. Une lettre de mise en demeure a également été envoyée aux administrateurs du Club nautique, nommés lors de la réunion spéciale du 7 août dernier.


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