
Le 27 septembre, la ministre des Ressources naturelles et de la faune annonçait « qu’à la suite de l’analyse des résultats de la première évaluation environnementale stratégique, le gouvernement du Québec a pris la décision qu’aucune activité d’exploration ou d’exploitation pétrolière ou gazière dans le bassin de l’Estuaire maritime et du nord-ouest du golfe du Saint-Laurent ne serait réalisée en raison de la fragilité du milieu naturel et des activités liées au tourisme et à la pêche commerciale. » De l’île d’Orléans jusqu’à l’île Anticosti, affirme Mme Nathalie Normandeau, « il est hors de question pour notre gouvernement de développer une nouvelle filière au détriment d’autres déjà existantes. »
Précisons ici que le bassin en question n’inclut pas l’île d’Orléans puisque sa limite Ouest se trouve entre Rivière-du-Loup et Saint-Fabien. Soulignons également que pour le territoire de l’île d’Orléans et de la Côte de Beaupré, des permis d’exploration gazière sont déjà détenus par Junex. Qui, à l’île, le savait ?
Comment ne pas s’étonner d’une telle décision issue, il faut le dire, d’une démarche exemplaire, à savoir un moratoire, une consultation du BAPE, un programme de recherche et une première étude environnementale stratégique (une deuxième est attendue sous peu), alors qu’au même moment on assiste à une précipitation inquiétante dans le dossier des gaz de schistes sur la terre ferme ? Pourquoi dans ce dernier cas ne pas procéder de la même manière prudente et responsable ? Est-ce à dire que pour la ministre les habitants du milieu marin seraient plus importants que ceux vivant sur la terre ferme ? Que les invasions intempestives de l’industrie gazière dans des milieux habités n’auront pas d’effet sur les humains qui y habitent ?


