Arthur J. Plumpton et L’Esprit du lieu

 

Comment lire l’œuvre d’un artiste? Question ouverte puisqu’il y a sans doute autant de manières de le faire que d’observateurs si tant est qu’ils s’en donnent la peine et que l’artiste ait exposé ses intentions, donné quelques explications ou encore fourni des indices dans l’ œuvre même; ce qui est loin d’être toujours le cas; ce qui n’est pas non plus une exigence artistique puisque de grandes œuvres se construisent parfois sur des impulsions soudaines qui n’ont rien à voir avec une démarche rationnelle.

Quoi qu’il en soit, le photographe Arthur J. Plumpton, lui, ne joue pas à la cachette! Dans son exposition Genius Loci présentée tout l’été à la Maison de nos Aïeux, il fournit la clé dans le titre: L’Esprit du lieu. Sachant l’attachement du photographe pour le patrimoine et les paysages culturels, on ne risque pas de se tromper en attribuant à l’expression le sens que lui donnent généralement les spécialistes du domaine, à savoir une relation «entre des éléments matériels (sites, paysages, bâtiments, objets) et immatériels (mémoire, récits, rituels, festivals, savoir-faire), physiques et spirituels, qui produisent du sens, de la valeur, de l’émotion et du mystère[i]».

Cette relation, notre concitoyen Plumpton l’exploite à fond. Par les liens qu’il établit entre les paysages ou les bâtiments qui tiennent lieu de symboles de notre identité, du passage des humains au fil du temps et, comme il le dit lui-même, de notre impermanence. Par des perspectives inhabituelles où l’évocation se substitue à la représentation fidèle. Par des déconstructions-reconstructions qui suggèrent un nouveau regard et poussent à la réflexion. Et aussi, parfois, par l’insolite de certaines situations où il nous invite cette fois à un véritable effort d’observation et d’imagination. Les photos montrent en effet tout cela, mais avec, en plus, une touche de mystère (Son habit du dimanche), de surréalité (De bonne heure à Saint-Jean, Vestiges et présence) et d’humour (Dialogue des ancêtres), ce qui confère à l’ensemble proposé ce «petit supplément d’âme» qui enchante… comme Les soirs de scotch!

Bref, une exposition pleine de poésie et de sensibilité, mais qui s’adresse aussi à l’intelligence; la direction est indiquée, mais une part de l’effort d’analyse est quand même laissée à la discrétion du regardeur.

«Avec l’exposition d’art photographique Genius Loci – L’Esprit du lieu, Arthur J. Plumpton évoque le caractère et l’atmosphère distinctifs de l’île d’Orléans qui se reflètent dans les paysages, les bâtiments, les sites aménagés, les objets, les rituels et la mémoire de l’île. L’artiste invite les visiteurs à découvrir l’île sous différentes facettes et à poser un regard différent sur les lieux qui nous entourent et sur leur identité unique[ii]».

[i] Laurier Turgeon, L’Esprit du lieu : entre le matériel et l’immatériel, présentation de la thématique du colloque au 16e congrès de l’ICOMOS, Québec, sept.-oct. 2008.

[ii] Communiqué de presse de Sabrina Gamache-Mercurio du 21 juin 2016, Fondation François-Lamy.

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