C’est la mezzo-soprano Caroline Gélinas qui clôturera la saison 2019 de Musique de chambre à Sainte-Pétronille (MCSP).
Ceux et celles qui ont déjà eu le bonheur de l’entendre savent déjà par anticipation le plaisir que leur réservera cette soirée du jeudi 22 août 2019 dont le programme fait la part belle aux poèmes chantés des Schumann, Malher, Berlioz et Barber.
Cette jeune et (déjà) grande artiste se distingue par un « timbre unique, riche et coloré », par une présence sur scène qui a tout de l’aisance naturelle, de même que par des interprétations que plusieurs critiques qualifient d’émouvantes et d’authentiques. Certains parmi eux ont d’ailleurs remarqué chez elle une rare maîtrise des langues, des phrasés superbes et une diction qui nous la font apprécier encore davantage dans le contexte où l’on ne founit habituellement pas de livret dans ce type de concert. Mme Gélinas sera accompagnée pour l’occasion par le pianiste Martin Dubé qui n’en est pas non plus à ses premières armes; cet enseignant du Conservatoire de musique de Québec est aujourd’hui reconnu comme un accompagnateur de premier ordre auprès des chanteurs professionnels.
Le concert va s’amorcer avec Frauenliebe und -leben (L’amour et la vie d’une femme), un cycle de lieder de Robert Schumann sur des textes du poète Adelbert von Chamisso. Y défilent les tableaux de la vie à deux, du choc amoureux (Depuis que je t’ai vu) à la perte de l’époux emporté par la mort (Là, pour la première fois, tu m’as fait mal).
Depuis que je l’ai vu,
Je crois être aveugle;
Où que je regarde,
Lui seul je vois;
[…] – Depuis que je l’ai vu, traduction de Pierre Mathé ©
Là, pour la première fois, tu m’as fait mal,
Une douleur qui touche.
Tu dors, dur et impitoyable mari,
Du sommeil de la mort.
[…] – Là, pour la première fois…, traduction de Pierre Mathé ©
Et l’on conservera cette sombre gravité dramatique dans Les nuits d’été de Berlioz (sur les poèmes de Pierre-Jules-Théophile Gauthier).
Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux, nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet au bois;
[…] – Vilanelle
Connaissez-vous la blanche tombe,
Où flotte avec un son plaintif
L’ombre d’un if ?
Sur l’if une pâle colombe,
Triste et seule au soleil couchant,
Chante son chant.
[…] – Au cimetière
Un rendez-vous à ne pas manquer pour une fin de saison qui aura tout de l’éclat du talent et de la beauté!
D’ici là, on pourra apprécier la voix superbe de la mezzo-soprano sur le disque Confidences[i] enregistré l’année dernière avec le pianiste Olivier Godin.
Normand Gagnon
Collaboration spéciale
[i][i] Caroline Gélinas et Olivier Godin, Confidences, ATMA Classique, 2018.


