CHRONIQUE LITTÉRAIRE
Marie-Hélène Therrien
Les aigles endormis
De Danü Danquigny, publié dans la collection Série noire de Gallimard, c’est un roman particulièrement captivant qui se déroule en Albanie dans le cadre d’un des régimes communistes les plus durs du bloc de l’Est. Le roman présente le cheminement d’Arben, depuis son enfance chez ses parents professeurs, entouré de ses amis, jusqu’au grand remous provoqué par la chute du régime d’Enver Hoxha, un dictateur asservissant son peuple. L’avenir d’Arben semble tout tracé par ses parents : il étudiera et aura l’occasion de faire une belle carrière.
Ses projets s’effondrent lorsqu’il apprend la mort de ses parents dans un accident. Du jour au lendemain, Arden devient apprenti et doit travailler. En outre, on s’attend à ce qu’il se marie et on lui présente une jeune femme qui a tout pour lui plaire, Rina, mais qu’il ne parvient pas à aimer. Arden a un vif désir de liberté et le mariage lui semble une chaîne qui l’empêche d’agir comme il le veut. L’avènement du libéralisme est accompagné par une période de chaos politique en Albanie. La déliquescence morale emporte tout sur son passage et transforme le jeune idéaliste en malfrat endurci. Au fil des années, Arden apprend à aimer sa femme, mais pour tenter d’échapper à la spirale de violence qui l’entoure et pour protéger les siens, Arden n’a qu’une solution : fuir avant qu’il ne soit trop tard. Il s’enfuit donc, mais reviendra quelques années plus tard, alors que sa femme est morte, tentant de lui rendre justice. Les aigles endormis fait découvrir l’une des mafias les plus redoutables d’Europe. Danü Danquigny signe ici un premier roman fort réussi. Né en 1975 à Montréal, il a étudié le droit, a obtenu un DESS de psychocriminologie et travaillé dans la police aux frontières et a été détective privé.
Rendez-vous avec l’infini – Confessions d’une femme en quête spirituelle
De Marie-Josée Harel, publié aux Éditions Québec Amérique, cet essai propose le parcours d’une femme qui cherche le sens de la vie et qui se demande s’il y a quelque chose de plus grand encore. Pendant des années, elle a voulu déchiffrer le sens de son existence. Elle a pourchassé l’Infini, le Plus Grand, le Divin, souhaitant lui mettre le « grappin dessus » et obtenir des réponses claires. Mais cette quête est plus difficile qu’elle n’en a l’air. De fait, Marie-Josée Harel a eu l’impression de revenir bredouille à de nombreuses reprises. En fait, écrit-elle, « ce n’est que lorsque je renonce à Le chercher qu’Il peut enfin me trouver. » Comment décrire la quête spirituelle ? Une plongée dans l’Amour, certes, mais également une boîte de Pandore. De rendez-vous en rendez-vous, l’auteure a vu se révéler un mystère déroutant. Elle qui croyait que la Lumière pouvait suffire s’est rendu compte que l’obscurité s’avérait inévitable.


