Bouh ! C’est l’Halloween !

La fête de l’Halloween ne connaît pas des jours glorieux dernièrement. Pluie et pandémie auront raison de cette célébration, mais rien ne nous empêche de nous mettre dans l’esprit de la fête !

Hallow’s Eve

Halloween puise ses origines chez les Celtes. Chez ces derniers, le 1er novembre marque la fin des moissons et la venue des temps plus froids. Ils croient que le 31 octobre serait le temps de l’année où les jours deviennent plus courts que les nuits ce qui créerait un espace spirituel permettant aux âmes des disparus de venir hanter les vivants.

Ils portent des costumes et masques dans le but d’éloigner les visiteurs indésirables. Ils préparent de grands repas pour vivants et morts tout en faisant un grand feu pour marquer la victoire de la clarté sur l’obscurité.

Au 9e siècle, l’Église voit d’un mauvais œil que les croyances celtes, malgré leur évangélisation, continuent d’être omniprésentes. Elle s’approprie la fête en l’associant à la Toussaint. Les ecclésiastiques tentent d’abolir d’anciens rites pour en mettre de nouveaux, ce qui ne sera guère un succès.

En Grande-Bretagne, les pauvres passent dans les rues en proposant de chanter des prières pour les âmes en échange d’un gâteau. Cette tradition découle du fait que les pêcheurs craignaient que les naufragés n’aient pas reçu l’assistance spirituelle pour rejoindre l’autre monde.

Dès le 16e siècle, les enfants vont de porte en porte, masqués pour réclamer le tribut des morts. Quand les maisons sont moins généreuses, les enfants peuvent effectuer des tours pendables autour de celle-ci.  On ne peut parler d’Halloween sans parler des citrouilles. Cette tradition nous vient aussi du folklore irlandais et de Stingy Jack, un ivrogne malfaisant qui se voit refuser l’entrée au paradis ainsi que celui de l’enfer, notamment parce qu’il joue des tours au Diable.

Il est donc condamné à errer entre les deux mondes jusqu’au dernier jugement avec une lanterne pour éclairer son chemin, devenant ainsi le fameux Jack-o-Lantern. À l’époque, en Irlande, ils prennent un navet ou une pomme de terre qu’ils creusent pour y sculpter un visage effroyable et l’illuminer, la déposant devant la porte et ainsi faire peur à l’ivrogne. Lors de l’émigration des Irlandais, ils ont amené cette tradition qu’ils ont naturellement adaptée à l’aide d’une citrouille !

Au Québec

La Toussaint est une fête importante au temps de la Nouvelle-France. Le glas est sonné et les familles se recueillent sur la sépulture de leurs défunts. On procède aussi à la criée des âmes. Tous les paroissiens apportent quelque chose, des minots de grains, du tabac, etc. Après la messe, le crieur procède à l’encan des biens sur le perron de l’église. Les sommes vont au curé chargé de chanter les messes pour les âmes des défunts. Dans certaines paroisses du Bas-du-Fleuve, on évite de sortir la veille de la Toussaint, de peur de croiser des revenants.

C’est avec l’émigration massive des Irlandais et des Écossais au milieu du 19e siècle que l’Halloween traverse l’océan jusqu’ici. La première mention de cette célébration au pays se fait à Vancouver en 1898. Sa popularité est croissante dans la première moitié du 20e siècle. Elle connait une baisse lors de la Deuxième Guerre mondiale, notamment due à la ration du sucre, mais prend un deuxième essor dans les années 1950. Elle devient la seconde fête la plus lucrative au pays après Noël !

L’île aux Sorciers

Bien que l’Halloween s’installe tardivement, l’île d’Orléans possède aussi son folklore d’esprits et de légendes. D’ailleurs elle possède le surnom d’île aux Sorciers.

Ce nom est popularisé au début de la colonie, car plusieurs insulaires se rendent sur les grèves pour faire de la pêche à l’anguille. Puisque les marées n’ont jamais d’heures fixes, il arrive que certains pêcheurs doivent s’y rendre dans la nuit avec leur flambeau. Ces mouvements vus sur les côtes ont amené plusieurs habitants à croire que c’étaient des esprits.

Dans les journaux, les premières mentions de l’Halloween à l’île sont faites par l’ancien Château Bel-Air à Sainte-Pétronille qui annonçait une grande fête dans le journal Le Soleil, notamment en 1961 et 1964 !

Bien que la COVID-19 bouleverse nos traditions, rien ne nous empêche de festoyer dans nos bulles. Peut-être pourrions-nous ramener la tradition celte et nous faire un grand festin lumineux en famille pour vaincre la noirceur des derniers temps ?

Précédent

126 kg de déchets amassés sur les berges de Sainte-Pétronille

Suivant

Sandrine Deschênes Lemieux développe sa fibre entrepreneuriale avec Pétales boutique et friperie

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture