Ce mois-ci, à la suite de la suggestion de la chroniqueuse d’Autour de l’île, Marie Blouin, j’ai décidé de vous faire connaître une personnalité qui a fait beaucoup à l’île d’Orléans et dont la mémoire est encore très vivante aujourd’hui. Je parle du curé François Lamy.
M. Lamy est le premier curé qui dessert l’île d’Orléans au début de la colonie. Bien entendu, avant l’arrivée de François Lamy, quelques hommes ont pourvu aux services religieux des premiers habitants de l’île, notamment MM. Thomas Morel et Benoit Duplein. Le missionnaire Thomas Morel, prêtre du séminaire de Québec est d’ailleurs le premier missionnaire sur l’île. Il réside à Sainte-Famille et procédera à l’écriture du plus vieil acte de la paroisse, soit le baptême de Barthélémy Landry le 12 avril 1666.
François Lamy est né en France à Montigny-sur-le-Avre en 1643 et se fait baptiser le 5 septembre de la même année. Il serait le fils de Robert Lamy et Marie Duguay. Ordonné prêtre à l’âge de 24 ans, soit en 1667, c’est le 28 mai 1673 qu’il dépose ses pieds pour la première fois en Nouvelle-France. Rapidement, il se voit devenir curé missionnaire à l’île d’Orléans. C’est en 1682 qu’il se présente comme le curé de Sainte-Famille, alors qu’avant il signait « missionnaire ».
Il reçoit ses lettres de curés amovibles en 1684. Sans tarder, M. Lamy mettra les efforts nécessaires pour faire venir les sœurs de la Congrégation Notre-Dame, comme nous avons pu le constater dans le texte du mois dernier.
M. Lamy participe aussi à la fondation du Bureau des Pauvres de Sainte-Famille. L’année 1688 fut ardue pour les gens de la colonie. On note une hausse de personnes pauvres notamment due à la guerre aux Iroquois, les épidémies et les mauvaises récoltes, pour ne nommer que ceux-là. Dans le but d’aider les moins nantis, entre autres, le Conseil souverain met en plus plusieurs Bureaux des pauvres à Québec, Trois-Rivières et Montréal.
Le 27 mars 1698, le père Le Blanc de la Compagnie de Jésus est envoyé par Monseigneur Saint-Vallier pour commencer l’établissement du bureau. Ayant obtenu la majorité des voix, François Lamy partage le poste de directeur « demploy » avec Louis de Niort. D’autres paroissiens occupent d’autres fonctions aussi au sein de l’organisation. Ensemble, ils devaient aider les gens à trouver un emploi avant d’aider la famille dans le besoin. Ils devaient aussi faire enquête sur la famille. Deux ans après l’ouverture du Bureau des Pauvres de Sainte-Famille, celui-ci ferme ses portes. Toutefois, en deux ans, ils auront pu aider neuf familles et distribué autour de 250 livres.
Monsieur Lamy décède dans l’exercice de ses fonctions le 2 novembre 1715 à Sainte-Famille, où il sera inhumé le lendemain. 35 ans plus tard, le curé Dufrost procédera au transfert des restes de François Lamy pour les enterrer dans l’église actuelle.
Sa mémoire est encore vivante aujourd’hui grâce, entre autres, à trois individus George-Henri Blouin, Pascal Poulin et Bertrand Fournier (curé de l’époque), qui en 1978 créèrent la Fondation François-Lamy vouée à la protection et au partage du patrimoine religieux de Sainte-Famille.
Plus de 40 ans plus tard, la Fondation François-Lamy a élargi sa mission et œuvre toujours pour la protection et la valorisation du patrimoine riche de l’île d’Orléans. Elle continue, en quelque sorte, le lègue du premier curé de la paroisse, soit de partager et participer à l’apprentissage des gens qui désirent en savoir plus sur l’histoire insulaire.
En terminant, si, comme Marie Blouin, vous avez des suggestions ou des questions concernant l’île d’Orléans, c’est avec plaisir que je les recevrai. Qui sait, peut-être que vos suggestions feront l’objet d’un prochain texte historique et permettront aux autres lecteurs d’en apprendre plus sur l’île d’Orléans !
Vous pouvez soumettre vos idées à : info@fondationfrancoislamy.com


