50 ans après la crise d’octobre, Bernard Dagenais analyse à nouveau le traitement des médias

La crise d’octobre a marqué à jamais l’histoire du Québec. Cinquante ans après que le Front de libération du Québec (FLQ) eut enlevé le diplomate britannique James Richard Cross et demandé la libération de prisonniers politiques, le prolifique auteur de Sainte-Pétronille Bernard Dagenais publie La crise d’octobre 1970 au Québec : Entre la raison et la manipulation, une réédition de sa thèse de doctorat parue 30 ans plus tôt.

Le professeur titulaire, depuis 1986, au Département d’information et de communication de l’Université Laval estime tout à fait pertinent de lancer cet ouvrage qui décrit la couverture médiatique à l’échelle mondiale de cet événement sans précédent dans la province.

« Cinquante ans après la crise, tout dans ce livre est encore d’actualité. Dans le premier livre intitulé Le miroir à dix faces, nous avions laissé la parole aux acteurs et aux intervenants de tous les horizons qui s’étaient prononcés sur la place publique, lors de cette crise. Les informations recueillies dans la première édition prennent un nouveau sens », a commenté dans son avant-propos ce professionnel des relations publiques depuis plus de 40 ans.

Celui qui a enseigné comme professeur invité dans plusieurs universités à travers le monde, dont La Sorbonne, en France, a lancé une seconde édition en 2020 afin de susciter une relecture des événements d’octobre 1970.

« Lorsque j’ai rédigé ma thèse de doctorat, je souhaitais déterminer ce qu’une crise apporte de positif ou non. Dans le cas de la crise d’octobre, la question se pose encore. C’était fou, le FLQ. C’était l’époque où le rapport de la commission Laurendeau-Dunton mentionnait que les Québécois francophones se classaient 14e sur 15 groupes ethniques. Les anglophones menaient tout. C’est ce qui a donné naissance au FLQ avec son impatience et son vent de renouveau », a rappelé celui qui fut maire de Sainte-Pétronille pendant 14 ans.

Bernard Dagenais se remémore ce temps où le FLQ a provoqué une crise dont se servit le gouvernement fédéral, en invoquant les mesures de guerre, pour jeter en prison quelque 400 personnes qui, sans être reliées aux événements, étaient toutes engagées dans des luttes citoyennes.

Principale source d’information

Pour tous ceux qui ont suivi les événements, les médias constituèrent leur principale source d’information. C’est par eux que chacun a pris connaissance du déroulement des faits et gestes des acteurs de la crise, du déchaînement de haine et de mensonges, d’appels à la vengeance et au lynchage provenant d’intervenants de tous les milieux culminant avec l’assassinat du ministre libéral Pierre Laporte.

La deuxième version de la thèse de doctorat de 295 pages publiée en format poche aux Presses de l’Université Laval se divise en 10 chapitres portant sur la chronologie d’un suspense, le drame de Pierre Laporte, la place de la police, la voix de l’Église, la dimension économique, les impacts au-delà du Québec, le jeu des médias, l’appel à la révolution, la rhétorique du discours politique, le règne de l’indifférence et la raison d’être du FLQ.

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