Le père du Foyer, Germain Grenon, nous accueille tout souriant dans son modeste appartement au Foyer de Charité Notre-Dame d’Orléans, à Sainte-Pétronille. Il est fier de nous présenter cette halte de recueillement où on privilégie les retraites silencieuses. Mais saviez-vous qu’au début du XXe siècle, Charles E.L. Porteous et son épouse France passaient tous les étés avec leurs 11 enfants dans ce domaine qui portait jadis leur nom?
Charles (1849-1926) était un homme d’affaires canadien, un financier d’origine écossaise, issu d’une riche famille montréalaise dont des membres figurent parmi les fondateurs de la Banque de Montréal. Le couple habitait la majeure partie du temps à Montréal. Mais France Porteous a quand même poussé son dernier soupir dans sa maison d’été à l’île à l’âge vénérable de 99 ans, nous dit le père Grenon.
Même si la maison accuse le poids des années, elle conserve toujours son charme et sa beauté. De style Arts and Crafts, le décor (classé patrimonial en 1984) illustre des valeurs de la bourgeoisie anglo-saxonne. Les œuvres d’art en témoignent tels les tapisseries, vitraux, boiseries et certaines murales de scènes champêtres et fluviales réalisées par des artistes peintres canadiens tels Maurice Cullen et William Brymner.
La maison, souligne le père Grenon, reflète le goût raffiné des Porteous qui encourageaient aussi des artistes locaux, comme cette magnifique nappe brodée par une artisane de l’île d’Orléans. Des jardins à l’italienne, qui surplombent le Saint-Laurent, ne passent pas inaperçus. À l’époque, ces jardins nécessitaient le travail de cinq jardiniers. Le jour de notre visite, le 8 octobre, le site était magnifique baigné par les couleurs de l’automne. Le Domaine Porteous était aussi un lieu de rendez-vous pour de grands personnages. Roosevelt et Churchill y sont venus.
Après Les Porteous
À la suite du départ de cette famille à la fin des années 1950, une fraternité religieuse a occupé l’endroit pendant plusieurs années; cette communauté accueillait des prêtres retraités et malades. Des insulaires se souviendront probablement de cette période rappelle le père Grenon.
Capsule
Érigé sur une falaise, ce lieu inspirant et calme est propice au recueillement. Pas étonnant qu’on dise que c’est une halte incontournable pour le cœur et l’esprit!
En 1980, le Foyer de Charité Notre-Dame d’Orléans a acquis la propriété. Il s’agit d’une œuvre catholique internationale qui participe à la nouvelle évangélisation par la prédication de retraites spirituelles de formation chrétienne. Ouvert à tous, tant aux croyants qu’aux non-croyants, on vient de partout pour prier, se recueillir, faire le point sur sa vie et soigner des âmes malades.
Si vous n’avez pas encore eu la chance de visiter cet endroit, sachez que chaque année, le Foyer organise un pique-nique champêtre. C’est une belle occasion pour venir se ressourcer et qui sait, de croiser l’aimable père Grenon!
Pour informations: http://foyerndo.com/


