Victimes des pesticides du Québec: une association phare pour les agricultrices et agriculteurs victimes des pesticides

Monique Bisson

Victimes des pesticides du Québec

Le lundi 28 septembre 2020, une soixantaine de personnes ont participé, en mode virtuel, au lancement de l’Association Victimes des pesticides du Québec (VPQ). Créée dans la foulée des travaux de la Commission parlementaire sur les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement, cette association regroupe des organisations de patients et des personnes ayant été exposées aux pesticides dans leur milieu professionnel ou dans leur milieu de vie et ayant développé des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson, les lymphomes non hodgkiniens, les myélomes et les cancers de la prostate. Selon Romain Rigal, directeur des programmes et services chez Parkinson Québec : « De nombreuses études scientifiques établissent maintenant un lien indiscutable entre l’exposition aux pesticides et le développement de ces maladies incurables. »

Malheureusement, la population agricole du Québec a été touchée de plein fouet, car au tournant des années 1970, le recours aux produits chimiques, aux pesticides, n’était pas un choix, mais une nécessité pour demeurer compétitif au cœur du marché agricole. Le président de VPQ, Serge Giard, Elizabeth McNamara, membre de VPQ et Charles Cartier, membre du CA, agriculteurs tous atteints de la maladie de Parkinson, ont livré des témoignages chargés d’émotions démontrant de manière explicite que leur histoire médicale ne relève pas d’une problématique de santé unique, mais bel et bien d’un enjeu sociétal majeur de santé publique. Dans ce contexte, VPQ croit à une action collective pour joindre :

  • Toutes les personnes malades, parce qu’exposées aux pesticides afin de leur donner une voix et de briser leur isolement;
  • Les responsables de la santé publique et du milieu médical pour qu’ils aillent au-delà du traitement médical des symptômes et travaillent de concert avec les autres intervenants pour centraliser les informations relatives à l’exposition aux pesticides et au développement de maladies neurodégénératives;
  • Les décideurs publics du Québec, du fédéral et des municipalités parce qu’il en va de leur responsabilité de mettre en place des moyens d’analyse pour mieux comprendre l’impact des pesticides sur la santé publique et assurer la reconnaissance de ces maladies comme maladies professionnelles.

En pleine saison des récoltes faisant suite au travail colossal de la terre, VPQ veut agir, car comme le rappelle avec justesse son président :« Le pire, c’est qu’encore aujourd’hui de nombreuses familles en milieu rural font face à des drames humains liés à des maladies graves sans qu’aucun lien ne soit fait avec les pesticides. » Victimes des pesticides du Québec invite donc tous les patients et leurs proches à découvrir la mission de l’association, à devenir membre et, par la même occasion, à se faire entendre : www.victimespesticidesquebec.org

Forts de cette mobilisation, nous allons mener des actions citoyennes pour éviter à nos jeunes agricultrices et agriculteurs le legs de toute maladie liée aux pesticides parce que le principe de précaution n’aura pas prévalu. Tel est l’objectif ultime de ces femmes et de ces hommes de la terre « qui montent au front », ici et ailleurs, et qui ne laissent pas la maladie altérer leur volonté de participer au mieux-être de la société dans un Québec en santé, sans pesticides !

info@victimespesticidesquebec.org

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