Vous êtes nombreux à vous initier à la généalogie ou à poursuivre vos recherches et c’est formidable. Vous m’écrivez en grand nombre et ça me ravit. Puisque plusieurs de vos questions sont similaires, je partage avec vous mes 10 commandements en généalogie.
- Rien pour acquis, je ne prendrai
Qui n’a pas déjà entendu : « Ma grand-mère avait les cheveux noirs, j’ai du sang autochtone » ou « Ton sang suédois doit venir de ta mère, elle a les yeux bleus ! »
Oui ce sont des choses que j’ai entendues. Ces raccourcis font souvent partie de l’héritage oral que nos parents et grands-parents nous transmettent. Bien qu’un peu de folklore n’ait jamais fait de mal à personne, il ne faut pas hésiter à mettre en doute ces croyances. Vous ne serez que plus fiers de ces héritages oraux ou peut-être rectifierez-vous le tir au prochain souper de famille !
- Preuve de rigueur, je ferai
C’est un travail d’enquêteur ! N’oubliez pas que la transmission écrite et orale aura une vie après la vôtre. C’est dans ces contextes-là que des gens ont soudainement des liens avec plusieurs histoires qui ne sont pas les leurs. Souvenez-vous du commandement 1 ! Si vous avez une théorie, écrivez là, mais mettez le lecteur en garde en précisant que c’est une théorie non encore prouvée. Peut-être que le prochain chercheur partira de votre hypothèse et aura les sources pour la valider… ou pas.
- À l’orthographe, je ne m’arrêterai pas
« Ça ne peut pas être mon ancêtre, il écrit son nom Bilodo, j’écris le mien, Bilodeau ! »
Faux ! La plupart de nos ancêtres ne savaient pas écrire leur nom. Alors, lorsqu’un curé, un notaire ou un recenseur devait écrire les noms des habitants, personne n’était apte à corriger les fautes. Ainsi, Jacques Bilodeau, lors de son mariage, voit son nom se métamorphoser en Jacques Billaudeau et, lors de son décès, le curé l’écrit Jacques Billaudau. Si on ajoute le recensement de 1666, c’est Jacques Billondeau que l’on retrouve et pourtant… c’est toujours la même personne !
- Les sources premières, je consulterai
Rien ne vaut les documents d’époque : ils sont vos yeux d’un moment révolu. Vous pouvez vous aider avec les transcriptions ; quelquefois, ça aide la lecture d’un document mal conservé, mais personne n’est à l’abri des erreurs de transcription.
Il y a toujours la possibilité que les auteurs de l’époque cachent ou modifient des informations, notamment dans les recensements, mais à moins d’aller les questionner, vous ne pouvez que vous fier aux paroles de vos ancêtres.
- Des baguettes magiques, je m’éloignerai
Plusieurs plateformes vous proposent d’ajouter des ancêtres magiquement à votre arbre. Non seulement ils vous retirent votre rôle d’enquêteur, mais ils vous enlèvent le plaisir de faire vos découvertes. Et les ordinateurs, comme les humains, ne sont pas à l’abri des erreurs. Relevons nos manches et allons-y étape par étape.
- Les centres d’archives, je contacterai
La technologie a rendu plusieurs documents disponibles, heureusement, mais pas tous. Les centres d’archives locaux regorgent d’informations que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Ne les sous-estimez pas !
- Mes proches, je questionnerai
Parfois fausses, parfois vraies : votre famille connaît beaucoup plus de choses sur vos ancêtres que vous ne le pensez. Arrivez avec des questions précises pour aider leur mémoire et avec un cahier pour conserver les réponses.
- L’Histoire avec un grand H, j’apprendrai
Comprendre ses ancêtres et leur choix c’est comprendre l’époque dans laquelle ils évoluent. Guerre, prohibition, religion, immigration ne sont que quelques exemples de ce qu’ils peuvent avoir vécu. De savoir que votre ancêtre a immigré en Amérique est une chose, de savoir pourquoi et dans quel contexte ajoute de la chair autour de l’os.
- Mes recherches, je partagerai
Ne gardez pas vos recherches pour vous. Vous bénéficierez des recherches des gens qui vous ont précédé et vous pourrez les bonifier pour les léguer à un chercheur futur qui, lui aussi, aura de nouveaux outils pour pousser vos recherches plus loin.
- Du plaisir, j’aurai
C’est le commandement que je préfère ! Nous faisons nos généalogies pour en apprendre sur nos ancêtres, sur l’histoire et notre patrimoine. Nous aurons des surprises, des ancêtres surprenants, d’autres qui auront des histoires plus tristes. Dans tous les cas, faire cette recherche doit s’accompagner du plaisir de la découverte de nos racines. Comme un beau jardin que nous cultivons.
J’en profite pour vous souhaiter un très joyeux temps des Fêtes et une bonne année ! Profitez-en pour mettre le commandement 7 en branle (virtuellement).


