Chronique d’histoire: Découvrir nos ancêtres par les recensements

Souvent, en matière de recherche généalogique, nous pensons tout de suite aux registres d’église, ce qui est en fait le premier pas vers la construction de notre filiation. Bien que ces documents puissent nous en apprendre sur nos ancêtres, notamment sur les métiers qu’ils pratiquaient, leur âge, leur paroisse de résidence, ce que nous pouvons collecter comme informations est essentiellement factuel. Et si je vous disais qu’il était possible d’en savoir considérablement plus ? 

Nos ancêtres ont laissé plusieurs traces et indices permettant de les suivre et les connaître : il suffit d’être attentif aux détails. Notamment, dans les recensements et dans les inventaires après décès, les informations sont pratiquement offertes sur un plateau d’argent.

Cet article se déclinera en deux parties pour faire un meilleur survol de ces outils.

Les recensements 

Au Québec, nous sommes choyés en ce qui a trait aux recensements et à l’accessibilité des documents. En 1666-1667 et en 1681, nos ancêtres ont rempli les premiers recensements en Amérique du Nord ; nous les devons à l’intendant Talon. On découvre leur âge (toujours approximatif) et leur métier. En 1681, la valeur de la terre, les bestiaux et les armes possédées y sont aussi inscrits. 

Dans l’image ci-contre, nous pouvons voir qu’en 1666, Gabriel Gosselin, habitant de l’île d’Orléans, dit avoir 40 ans. Il est important de faire attention à ces affirmations, car en 1667 il prétend avoir 44 ans et en 1681, 60 ans. Il n’est pas rare de voir des gens rajeunir aussi. Nos ancêtres, pour la grande majorité, ont une idée approximative de leur âge, car cette information est plus ou moins importante dans leur quotidien. On apprend aussi que dans la maisonnée on retrouve sa femme, âgée de 30 ans, et leurs six fils en plus de trois engagés. 

Bien qu’il y ait eu d’autres recensements entre 1681 et 1850, ce n’est qu’à partir de 1851 que les recensements fédéraux auront lieu à chaque 10 ans. Plus nous avançons dans le temps, moins ils sont avares de données. Quels sont leurs métiers, sont-ils propriétaires ou locataires, quel est leur revenu mensuel, quel est leur niveau d’instruction, etc. Ce sont là des exemples de données auxquelles nous pouvons avoir accès grâce aux recensements. 

Pour pouvoir utiliser un recensement dans le cadre de la généalogie, le document doit être nominatif et nommer toutes les personnes de la maisonnée. Ça permet de distinguer un Pierre Tremblay, habitant Montréal, d’un autre Pierre Tremblay habitant aussi la métropole. Ainsi, le recensement de 1825, entre autres, bien qu’intéressant pour une perspective plus vaste, ne nous est pas très utile, puisqu’il ne cite que les noms des chefs de famille. Si votre ancêtre habite une petite paroisse et qu’il avait un nom peu commun, vous avez de la  chance, sinon, c’est moins utile.

Une autre petite lacune du recensement, contrairement à d’autres documents, consiste dans le fait que les données qui y sont inscrites sont fournies par la maisonnée. Ainsi, il n’est pas difficile d’embellir une réalité !

Ceci est toutefois vrai pour plusieurs documents. Cependant, il faut faire confiance à nos ancêtres puisqu’il est impossible d’aller les questionner… la plupart du temps !!! 

Accessibilité 

Il faut aussi savoir qu’un recensement est protégé par la loi pour une période de 92 ans au Canada et pour une période de 90 ans aux États-Unis. Il me faudra donc être patiente pour avoir accès, dans les recensements, aux données concernant ma grand-mère née en 1944 !

Les recensements du pays sont accessibles gratuitement sur le site de Bibliothèque et Archives Canada de même que des transcriptions des recensements de 1666 à 1681. D’ailleurs, j’ai une petite excitation sachant qu’en 2023 nous aurons enfin accès au recensement de 1931 ! De plus, cette année, en est une de recensement au Canada. D’un océan à l’autre, nous répondrons à des questions que nos descendants analyseront dans 92 ans. Fascinant ! 

Maintenant que nous avons tiré tout ce que nous pouvions des recensements, il est grand temps de s’inviter chez nos ancêtres et consulter les inventaires après décès que nous découvrirons dans la prochaine édition du journal. Entre temps, je vous invite à écouter ma capsule généalogique : Mettre de la chaire autour de l’os, sur la page YouTube de la Fondation François-Lamy.

Bonne recherche !

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