Chronique d’histoire : présences autochtones à l’île d’Orléans

Juin, c’est le mois national de l’histoire autochtone.

Le 2 juin, c’était la journée nationale des peuples autochtones.

Les Autochtones ont été omniprésents dans les divers médias ces dernières années, malheureusement pour de bien tristes nouvelles. Juin étant le mois de l’histoire autochtone, j’avais envie de leur accorder une vitrine supplémentaire et vous faire découvrir l’histoire de la présence des Premières Nations sur l’île d’Orléans.  

Les premières présences 

Ce n’est une surprise pour personne ! Les Premières Nations ont foulé le sol de l’île d’Orléans bien avant que les Français n’y posent le pied. Certaines fouilles archéologiques menées sur l’île prouvent leur présence 3 000 ans à 6 000 ans avant aujourd’hui. 

Toutefois, avant l’arrivée des Européens, les Autochtones n’auraient pas habité l’île d’Orléans de manière sédentaire. Ils y seraient venus de brefs moments, pour pêcher et chasser. Il serait fort probable que les Micmacs et les Innus aient été nombreux à venir séjourner sur l’île à cette époque.

L’île était connue sous le nom de Windigo, nom qui découle de la famille des langues algonquiennes et signifie  « ensorcelé ou mauvais sort ».

L’épopée huronne 

C’est un peu plus de 100 ans après la venue de Jacques Cartier que l’île accueille l’établissement d’une nation autochtone sur ses terres.

Dans les années 1640, la Huronie, située dans la baie géorgienne (dans le sud de l’Ontario, près des Grands Lacs), subit, à multiples reprises, des attaques de la part de plusieurs nations iroquoises. 

C’est en Huronie, d’ailleurs, que les premiers contacts entre les Français et les Hurons-Wendat auront lieu. Rapidement, pour montrer sa bonne foi, Samuel de Champlain participera à un raid contre les ennemis des Wendats. Ces derniers acceptent aussi de recevoir des missionnaires sur leur territoire, en signe de bonne foi. Ainsi, les relations entre les Wendats et les Français sont relativement bonnes.

Lors d’attaques répétées sur leur territoire, près de 1 000 Wendats, devenus chrétiens, ont fui avec les Jésuites. Ils se réfugient d’abord sur l’île Chrétien ; l’hiver y sera ardu. Au printemps 1650, le 10 juin, seulement 300 Wendats quitteront l’île à bord de 70 canots pour se diriger vers Québec afin d’y trouver refuge. Plusieurs seront hébergés chez les Jésuites, les Ursulines et chez certains habitants. C’est en mars 1651 qu’ils seront établis sur les terres d’Éléonore de Grandmaison, sur la pointe ouest de l’île d’Orléans. Ils seront ensuite rejoints par 300 autres Wendats, doublant ainsi la population huronne de l’île. 

La cohabitation se fait sans anicroche. Les Jésuites les caractérisent comme de bons travailleurs et, surtout, des individus vivant dans le respect de la religion catholique. D’ailleurs, durant la courte période de l’habitation huronne sur l’île, ces derniers la nommeront île Sainte-Marie, en l’honneur de leur matrone.

La rage de quelques nations iroquoises ne se limite pas au territoire physique de la Huronie. Ils semblent vouloir éliminer la nation, qu’importe où elle se trouve, et désirent aussi ramener des Français et des Wendats dans leur village pour augmenter leur nombre. Des pourparlers s’entament entre les Français et les Wendats d’une part et les Agniers et les Onontagués, deux nations iroquoises, d’autre part. Quelques escarmouches auront lieu, mais c’est les 19 et 20 mai 1656, selon les Jésuites, que le sort des Wendats sur l’île s’est joué. 

Les Iroquois, en pleine nuit, se sont déplacés à l’insu de tous pour se cacher sur l’île d’Orléans. C’est en sortant de la messe que les Wendats se sont fait attaquer. Plusieurs sont capturés ou massacrés sur place. Les survivants demandent la paix qui leur est accordée à condition de rejoindre les rangs des Agniers et des Onontagués. Certains sont restés dans la région de Québec et ont occupé successivement : Québec (jusqu’en 1668), Beauport, Notre-Dame de Foy, Ancienne-Lorette et la jeune Lorette, en 1673, qui deviendra Wendake. 

Évidemment, cet article ne couvre que les grandes lignes de cette présence et des relations complexes entre les nations. Ainsi, j’ai envie de terminer en vous incitant à en apprendre davantage sur l’histoire autochtone et pas seulement celle qui s’est déroulée sur l’île d’Orléans. Les peuples autochtones ont imprégné notre culture de manière si profonde qu’on ne s’en rend plus compte. 

Que vous preniez le temps de lire un livre ou de vous rendre à l’événement Kwe ! qui aura lieu du 18 juin au 4 juillet, plusieurs avenues s’offrent à vous pour vous plonger dans la culture des Premières Nations. Bonne découverte !

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