Ferme du Mitan : les vaches traitées par deux robots

Le rôle de l’humain dans la traite des vaches laitières est considérablement modifié avec l’avènement des robots. Un exemple de cette situation existe depuis le 10 mars à la Ferme du Mitan.

Les cinq propriétaires de l’entreprise familiale des Létourneau, soit les frères Alain et Jean, ainsi que leurs fils, Éric, Gabriel et Maxime, ont choisi une façon originale de souligner le 100e anniversaire d’existence de la ferme laitière du chemin des Côtes, à Saint-Jean, en se dotant d’un complexe laitier robotisé.

Le vaste bâtiment de 250 pi de longueur par 140 pi de largeur et 23 pi de hauteur à son sommet compte notamment deux robots qui peuvent traire 110 vaches Holstein en lactation, avec une capacité de 30 vaches en préparation de vêlage et 25 en congé de maternité.

Adaptation difficile pour l’humain

Ce ne sont pas les vaches qui ont subi la plus importante adaptation lors de l’implantation des robots de la firme De Laval, mais les jeunes producteurs laitiers.

« Durant les trois premiers jours, j’étais épuisé à la fin de notre journée de travail, car Éric, Gabriel et moi devions pousser les bêtes, surtout les vieilles, vers les robots, de 5 h à 20 h. Une chance que nous avons obtenu l’aide des représentants de De Laval qui ont poussé les vaches avec nous », s’est remémoré Maxime Létourneau en se rappelant ses courtes nuits.

Ayant nécessité un investissement de 2,5 M$, le nouvel équipement s’avère avantageux pour la qualité de vie de l’animal.

« La vache n’est plus attachée. Elle peut déambuler, se nourrir et dormir sans contraintes au son de la musique d’ambiance. Deux allées d’alimentation sur les côtés de la bâtisse permettent aux vaches de se faire traire par deux robots, au centre, qui jouent le rôle de soigneur à moulée. La vache est attirée et un bras artificiel se connecte aux trayons pour retirer 100 % du lait, sans douleur ni stress pour l’animal. Le confort des bêtes va être optimal. Quatre brosses mécaniques et deux manuelles ajoutent au confort des bêtes qui apprécient cette petite attention. Vingt-trois ventilateurs de 50 po de diamètre se mettent en marche en deux temps, soit à 23 degrés et à 25 degrés Celsius », a précisé Maxime Létourneau, en spécifiant que les mammites sont réduites à zéro.

Construit en structure d’acier avec un toit en tôle, le complexe laitier robotisé permet d’augmenter le quota des vaches de 95 à une possibilité de 130.

Efficacité accrue

L’ajout apporté à la Ferme du Mitan s’avère aussi positif pour l’efficacité des agriculteurs. Un ou deux d’entre eux consacrent leur énergie à superviser la traite robotisée des vaches alors que les autres peuvent vaquer à leurs tâches au champ. Une économie appréciable en temps puisqu’une traite effectuée par un seul homme prend huit heures par jour à raison de deux traites quotidiennes.

Soulignant que lui et ses cousins Éric et Gabriel, qui sont dans la jeune trentaine, prenaient la relève de leurs parents, Maxime Létourneau note que le complexe laitier robotisé permettra, du coup, que leurs parents leur passent le flambeau lentement.

En parallèle à la construction du nouveau bâtiment, une fosse à fumier liquide de 16 pi de profondeur et 138 pi de diamètre a été implantée à proximité du complexe laitier robotisé pour subvenir à la production laitière.

Un bassin réfrigéré de 4 000 gallons accueille le lait qui est ramassé tous les deux jours par le camion-citerne d’Agropur qui le distribue ensuite à Québon et Natrel.

Les bâtiments actuels sont améliorés afin de servir à l’élevage des veaux, des génisses et des taures.

Afin de réaliser ce projet d’envergure, la Ferme du Mitan a obtenu une subvention de la MRC de L’Île-d’Orléans dans le cadre du Fonds régional de la Capitale-Nationale.

« Nous tenons à remercier la conseillère aux entreprises de la MRC, Julie Goudreault, pour ses précieux conseils et pour le soutien financier accordé », a déclaré Éric Létourneau.

Les Létourneau ne se croiseront pas les bras, car la phase 2 de leur plan de développement prévoit l’ajout d’un troisième robot lorsque le quota disponible leur permettra de passer à près de 200 vaches.

Culture et acériculture

Fondée en 1920 par Joseph Létourneau, la Ferme du Mitan c’est aussi 450 acres en culture, soit 250 en foin, 140 en maïs et le reste en céréales. On y compte aussi 100 acres de boisé servant à une érablière de 3 000 entailles.

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