Une présentation de 20 minutes et une période de questions de deux heures. Les insulaires en avaient un lot d’interrogations lors de la séance d’information publique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le futur pont de l’île d’Orléans, hier soir.
Qu’ils faisaient partie des 50 personnes qui s’étaient déplacées au gymnase de Sainte-Famille ou de la centaine qui assistait à l’activité en ligne, via Facebook ou YouTube, elles ne se sont pas contentées de la courte présentation du projet par trois représentants du ministère des Transports (MTQ).
Que ce soit au sujet des impacts environnementaux, de l’aménagement routier à Beauport ou du feu de circulation à l’entrée de l’île ou encore de l’éclairage de la prochaine structure, les Orléanais étaient avides de réponses sur des aspects peu abordés lors de la présentation du nouveau pont de 2,1 km toujours prévu pour la fin 2027.
« Comment accéderons-nous au nouveau pont ? », a demandé François Bouffard de Saint-François.
Selon le porte-parole du MTQ, Frédéric Pellerin, la boucle qui permet aux automobilistes d’accéder à l’autoroute Dufferin-Montmorency sera remplacée par un feu de circulation en majorité au vert permettant de tourner à gauche avec deux voies de large. La lumière actuelle avant de passer sous le viaduc demeurera en place. Ces feux de circulation feront partie d’un échangeur en losange similaire à l’actuel mais déplacé vers l’ouest.
Surveillance environnementale
Concernant les impacts environnementaux, le MTQ prend très au sérieux la surveillance des travaux afin de maintenir une qualité de l’eau adéquate.
« Le MTQ vise une construction carboneutre. Des mesures seront mises en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le transport des matériaux s’effectuera par barge seulement. Pour compenser les GES, des arbres pourraient être plantés », a souligné M. Pellerin.
Plus sécuritaire
S’inquiétant pour les situations d’urgence, surtout en fort achalandage à l’île, Jocelyn Labbé, de Sainte-Famille, s’est interrogé sur la sécurité des insulaires.
« La côte qui mène à l’entrée de l’île mesurera la même dimension que le pont soit une douzaine de mètres. En cas d’accident, le pont ne sera pas fermé puisque les accotements permettront aux véhicules de circuler. Lors de tempête de neige, il demeurera ouvert puisque la neige sera balayée sur les accotements. Le risque de chute de verglas sera très minime en raison de la configuration du pont », a précisé M. Pellerin.
Inquiet que le nouveau pont empiète sur des terres agricoles, le président de l’UPA de l’Île d’Orléans, François Blouin, s’est fait répondre que les empiètements allaient être minimisés et que le meilleur tracé, le meilleur compromis avait été retenu.
M. Blouin estime qu’avec les pistes multifonctionnelles, les cyclistes augmenteront à l’île ce qui constitue un immense danger en raison du manque d’espace comme dans le village de Saint-Jean.
La pollution visuelle sera limitée puisqu’un éclairage blanc chaud au DEL sera priorisé. Des lumières de couleurs pourraient être utilisées lors d’occasions spéciales.
Conditions plus difficiles
Nathalie Lemelin de Saint-François a demandé pourquoi il faudra six ans pour ériger le nouveau pont contrairement au pont Champlain qui a été construit en quatre ans.
« Il n’y a pas de marées de 6 mètres à Montréal. Il faut protéger une frayère et l’accès au fleuve n’est pas facile. Le climat à Québec est plus difficile qu’à Montréal avec la circulation des glaces », a répondu M. Pellerin.
Ce qui est confirmé est que le pont à haubans qui sera érigé au coût de plus de 100 millions $, aura une durée de vie établie à 100 ans. Des matériaux ultrarésistants au sel et au calcium seront utilisés pour sa construction. Il comptera toujours deux voies totalisant 12 mètres en plus de deux pistes multifonctionnelles de 3 mètres de large chacune et autant d’accotements.
Des mesures seront mises en place pour préserver les milieux humides et hydriques tant durant les travaux de construction de la nouvelle structure que lors de la déconstruction du pont actuel qui doit s’étaler sur trois ans.
Détruire, la seule option
« D’ici la mise en fonction d’un nouveau pont, l’actuel sera entretenu pour assurer sa structure et la sécuriser afin de permettre le transport des véhicules. Depuis 2012, 15 M$ ont été investis en réparation et 4,7 M$ en consolidation des sols », a mentionné M. Pellerin.
Jocelyn Labbé a relancé les représentants du MTQ à savoir pourquoi le pont construit en 1935 sera détruit et non conservé en cas d’urgence.
Sa fin de durée de vie et les coûts d’entretien estimés justifient sa destruction, selon le MTQ.
La période d’information publique du BAPE s’étale sur 30 jours. Débutée le 5 octobre, elle prendra fin le 4 novembre.
Ce projet bénéficie des mesures d’accélération prévues à la Loi concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure qui a été sanctionnée le 11 décembre 2020. Celle-ci prévoit l’application d’une procédure accélérée d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement (PAEEIE) pour les projets visés.
L’ensemble de la documentation est disponible en version électronique dans le Registre des évaluations environnementales, sous la responsabilité du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, ainsi que sur le site Web du BAPE. Les documents peuvent aussi être consultés à la bibliothèque Oscar-Ferland, à Saint-Pierre. Les citoyens peuvent également communiquer avec le BAPE pour obtenir plus d’informations.
Vignette: Trois représentants du ministère des Transports ont répondu aux nombreuses questions des participants à la séance d’information publique présentée par le BAPE au gymnase de Sainte-Famille. ©Marc Cochrane


