Contrecoup
De Marie Laberge, publié aux Éditions Québec Amérique, Contrecoup propose le survol des sentiments qui animent les proches des victimes d’un tueur et la famille de ce dernier après le meurtre sordide de trois femmes qui ont apparemment eu le tort d’être… des femmes. Avec une écriture toute en subtilité, Marie Laberge nous offre une incursion dans l’âme de ces êtres écorchés par le drame incompréhensible qui les a frappés de plein fouet.
Sonnés et abattus, les membres de la famille des victimes – et ceux du tueur, Rock, – se débattent avec la brutalité de la perte et l’énigme des causes derrière cette violence subite. Leur existence est à jamais transformée. Le frère jumeau de Rock, Éloi, s’enferme dans le mutisme tandis que Ginette, leur mère, le supplie de venir en aide à son frère. Chacun se remet en question. Les proches des victimes aussi. On cherche des explications. Mais lorsqu’il s’agit d’une attaque aussi sordide, les raisons et les justifications ont-elles vraiment de l’importance ? L’origine de l’horreur n’altère jamais son sinistre impact. Isabelle Faguy et Stéphane Grenier sont les deux enquêteurs qui tentent de faire la lumière sur la fusillade et de trouver les motifs au crime.
Le tueur et son frère jumeau étaient comme les deux revers d’une même médaille. Le premier ne trouvait jamais de fille disposée à l’aimer et l’admirer, le second sortait avec une fille dont les policiers ne voient ni trace ni prénom. Ils s’interrogent sur le tueur. Est-il fou ? « On va trouver 50 % des psys pour le déclarer fou et 50 % pour affirmer le contraire. » Si les répercussions de la tuerie font mal, le parcours des personnages est pour sa part un baume pour le lecteur. Ces gens brisés, rendus profondément attachants par le talent de l’écrivaine pour décrire leur humanité, nous galvanisent par leur féroce aptitude à vivre, même après l’intensité d’un tel choc. La présentation de Marie Laberge n’est plus à faire. Ses œuvres maintes fois primées ont conquis la francophonie par la finesse du ton qu’elle déploie et la justesse des émotions qu’elle explore. Contrecoup est à la hauteur de la réputation de l’auteure. Avec ses personnages bouleversants, elle exploite à merveille une grande sensibilité qui marque le roman d’un bout à l’autre.
Les gouffres du Karst
Jobin saura plaire aux lecteurs avides de voyages et de sensations fortes ! D’André Jacques, publié aux Éditions Druide, cet excellent thriller nous replonge dans l’univers coloré d’Alexandre Jobin, antiquaire et retraité de l’armée canadienne que les lecteurs ont pu découvrir, notamment, dans La bataille de Pavie et Ces femmes aux yeux cernés. Ces deux ouvrages ont respectivement reçu le prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier québécois en 2016 et 2019.
Cette septième enquête d’Alexandre Jobin transporte les lecteurs – et notre héros – au cœur des péninsules italienne et balkanique. Lorsqu’une opération visant à démanteler un réseau de trafiquants d’armes et d’œuvres d’art tourne mal, le Service canadien du renseignement et de la sécurité (SCRS) place ses espoirs en Alexandre Jobin pour reprendre les rênes de la mission. Tout indique que le chef de cette organisation n’est nul autre qu’un ancien ennemi auquel il a eu affaire lors d’une mission militaire menée quelques années plus tôt dans les Balkans.
De Montréal à l’Italie, puis à la Croatie, accompagné de partenaires de confiance, il s’engage dans une quête effrénée qui le mène tout droit aux gouffres du Karst et l’oblige à affronter les démons de son passé. Sortira-t-il indemne de cette nouvelle aventure dans le monde interlope où les truands sans foi ni loi se retrouvent sur son chemin ? Nul doute que le nouveau chapitre des aventures d’Alexandre Jobin saura plaire aux lecteurs avides de voyages et de sensations fortes !



