Robert FILION
Président de la Fabrique de la paroisse Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans
Au moment où la population vieillit et où les nouvelles générations ont reçu peu ou pas d’éducation religieuse, à une époque où, au Québec, il n’y a à peu près plus de prêtres et parfois très peu de bénévoles pour prendre soin de nos églises, la question s’impose, à l’île d’Orléans comme ailleurs : « Nos églises vont-elles disparaître ? »
La vraie question devient : « Pouvons-nous abandonner, voir effacer ce patrimoine que constituent ces biens collectifs, héritage inestimable qui raconte une partie de l’histoire du Québec ? » À l’île d’Orléans, dans certains cas, nos églises sont de véritables musées, magnifiques monuments dont quatre furent construites à l’époque de la Nouvelle-France et les huit témoignant toutes à leur manière de l’histoire et de l’architecture religieuse du Québec.
La survie du patrimoine religieux ne peut plus désormais compter que sur la seule pratique religieuse. La bonne nouvelle : ces églises sont en bon ordre. Cependant, autant de temples pour de petites communautés chrétiennes, cela est déjà trop lourd à entretenir. Bref, pouvons-nous laisser nos églises négligées sous le pic de l’indifférence et de l’incurie, ce à quoi nous assistons à l’heure actuelle dans certaines de nos régions ? Pour la vaste majorité de la population, la réponse est non ; la question devient alors : comment les garder et les maintenir en état ?
Dans le cas de nos six églises catholiques, nos communautés locales appuyées par leurs municipalités s’en sont jusqu’à présent fort bien occupées, mais la démographie et les lois implacables de la saine gestion financière pointent toutes vers la même direction, à savoir que nous sommes à la croisée des chemins. Sans un effort partagé avec toute la collectivité, la pérennité de nos églises sera compromise.
Comment maintenir notre héritage ?
Et pourtant, il y a un réel sentiment dans la population pour sauvegarder cet héritage. Comment, alors, en être les gardiens ?
Les politiques et programmes gouvernementaux élaborés visent clairement à :
- assurer le maintien des actifs immobiliers à caractère religieux,
- favoriser dans certains cas leur reconversion,
- prioriser les églises de valeur patrimoniale exceptionnelle.
C’est louable, sans plus…
Le Conseil de pastorale et le Conseil de Fabrique de la Paroisse Sainte-Famille-de-l’île-d’Orléans (les six communautés locales), quant à elles, recommandent :
- que nos six églises demeurent ouvertes, actives et prioritaires à l’exercice de la mission pastorale ;
- qu’on y développe des usages complémentaires au culte afin que les églises demeurent des lieux vivants et accessibles tout en demeurant des lieux d’accueil et de contemplation ;
- qu’on développe, en partenariat avec les municipalités, des outils d’urbanisme flexibles permettant d’occuper les églises et de favoriser leur utilisation en espaces culturels compatibles avec l’esprit des lieux.
En conclusion, il y a là un héritage collectif à préserver et nous avons la conviction que la population orléanaise sera au rendez-vous.


