Chronique littéraire

Sans refuge 

Publié aux Éditions Le cheval d’août éditeur, Sans refuge est le premier roman de Maryse Andraos. Avec des textes courts mais combien réfléchis, le roman suit le parcours de Naïma, jeune femme qui cherche sa place dans une société où elle ne se reconnaît pas. Tiraillée entre le désir de poursuivre ses ambitions artistiques et le besoin d’une vie stable, Naïma travaille quelque temps dans un bureau tout en poursuivant son bac à l’université.

Elle participe aux grèves étudiantes et se remet en question, abandonnant ses cours pour prendre la route pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine. Mais tout n’est pas enchantement lors de son périple. Revenant à son point de départ, Naïma se retrouve au seuil de la dépression. Sa grande amie Delphine, qui partage ses secrets, celle avec qui elle a grandi et « joué aux filles de la banlieue » emprunte un chemin différent de celui de Naïma, ce qui renforce les questionnements de cette dernière.

Essayant de déterminer ce qu’est l’accomplissement, Naïma tente de trouver ses propres réponses au fil de ses errances et elle cherchera à donner à ses élans artistiques un sens dans son cheminement vers la vie d’adulte. À 32 ans, près de perdre espoir, Naïma se verra offrir une opportunité inattendue lorsqu’une résidence d’artiste en Islande lui offre enfin la possibilité de s’accomplir tout en étant fidèle à ses rêves.

Annulé(e)

De Judith Lussier, publié aux Éditions Cardinal, cet essai propose une réflexion sur la culture de l’annulation, mieux connue sous sa dénomination anglaise de « cancel culture ». Elle présente son analyse d’un phénomène qui est mis en lumière en donnant des exemples qu’elle choisit dans la sphère médiatique contemporaine et en montrant l’opposition de deux idéologies apparemment irréconciliables entre les « wokes » de la gauche et les conservateurs de la droite. Elle choisit notamment des citations du chroniqueur et essayiste québécois Mathieu Bock Côté, utilisées près de 25 fois, pour les opposer à des points de vue qui semblent aux antipodes.

L’essai Annulé(e) est très intéressant à lire en ce qu’il permet de découvrir une infinité de points de vue sur à peu près tous les sujets contemporains, comme l’Histoire, qui est mise à mal à la lumière des valeurs d’aujourd’hui, l’art, dont les faits et gestes des artistes, parfois répréhensibles, créent une mise en contexte entraînant certains questionnements, dont celui de Sophie Durocher à propos de l’exposition Picasso au Musée national des beaux-arts du Québec.

L’humour est également un sujet abordé et l’on constate que l’on ne pourrait plus faire aujourd’hui les blagues qu’on faisait autrefois. Judith Lussier a effectué un travail de recherche colossal pour ainsi présenter les antagonismes sur une diversité de sujets… également colossale. Son parti pris envers le point de vue de la culture de l’annulation amène, au fil de la lecture, à trouver ses conclusions prévisibles. Mais elles offrent toutefois aux lecteurs la possibilité d’analyser des points de vue opposés et celle d’en tirer leurs propres conclusions. Comme on n’a pas toujours le temps de tout lire, cela nous permet d’en arriver à une bonne compréhension des différents points de vue tout en prenant en considération que le temps apporte toujours un effet de balancier qui permet de trouver une juste mesure. J’ai donc apprécié la lecture de ce livre qui comporte beaucoup de matière à réflexion.

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