Chronique littéraire

Terre-Nano – La vie laisse toujours des marques

Publié aux Éditions Québec Amérique, c’est un roman de science-fiction signé Diane Bergeron. Le roman débute par une scène qui se déroule en 2069. Un professeur de sciences explique à ses élèves ce qu’est la nanocure, en leur demandant de ne pas parler de ce qu’il leur révèlera, ni aux plus jeunes, ni à la direction, ou même à leurs parents.

Les élèves, élevés dans les règles extrêmement strictes du « Zéro contact », sont suspendus à ses lèvres. Il leur mentionne qu’en 2033 une cure qualifiée d’innovante et de miraculeuse a vu le jour grâce à un partenariat sino-canadien. Cette cure consistait à implanter dans des nanorobots l’intelligence artificielle. Ces nanorobots avaient été injectés aux patients en phase terminale, puis aux incurables et enfin à ceux qui requéraient un traitement routinier aux maux courants.

Ils ciblaient directement les cellules malades de l’organisme pour leur injecter un poison, ce qui épargnait les cellules saines et évitait le recours à de longs traitements coûteux, essentiels en raison de l’apparition des superbactéries et l’augmentation de l’espérance de vie. Mais des problèmes étaient apparus : « décès prématurés des patients traités alors que les nanorobots envahissaient le corps et provoquaient une réaction semblable à un choc allergique mortel. »

Cela n’avait pas atteint les seules personnes soignées, mais également celles avec qui ces dernières avaient été en contact. Dès lors, tous avaient dû se soumettre à une détection annuelle et se rapporter aux autorités. La peur d’une contamination mondiale avait mené « à une impitoyable chasse aux sorcières et à la déportation de toute personne contaminée sur une île de quarantaine. »

Terre-Neuve, rebaptisée Terre-Nano, au Canada, avait été choisie pour le Québec, l’Ontario et les Maritimes. Alors que le nombre de nouveaux sujets contaminés était en baisse sur Terre-Nano, voilà que maintenant cela remonte. Les nouveaux arrivants affichent un sombre mutisme sur la source de leur infection. Mathianne, l’héroïne du roman, se retrouve au cœur des recherches et des méfaits de Nahel, un jeune arrivant en colère, dont elle devient la répondante. En mettant sur pied un ranch qui lui tient à cœur, arrivera-t-elle à tirer au clair les agissements curieux de son protégé qui met en jeu la sécurité de tous les purs ? Un roman captivant qui fait étrangement écho à notre monde en pleine pandémie et aux prises avec des traitements expérimentaux tout aussi imprévisibles…

Joséphine Marchand et Raoul Dandurand – Amour, politique et féminisme

De Marie Lavigne et Michèle Stanton-Jean, publié aux éditions Boréal, c’est la biographie d’un couple détonnant, uni dans de multiples combats au moment où le monde occidental se transformait radicalement. Tous deux nés en 1861 de parents férus de politique, Joséphine Marchand, fondatrice, en 1893, de la première revue destinée aux femmes, Le Coin du feu, et Raoul Dandurand, organisateur politique des libéraux, puis sénateur, conseiller privilégié de plusieurs premiers ministres, se sont admirés avant de s’aimer.

Ils ont 6 ans lorsque le Canada est fondé. Ils grandissent dans un Québec à la recherche de son identité, vivant encore dans le souvenir des patriotes de 1837-1838, un Québec qui s’industrialise et s’urbanise à pas de géant. Dès leur première rencontre, alors qu’ils sont dans la jeune vingtaine, Raoul et Joséphine échangent sur la politique et entament une conversation qui va durer des décennies.

Les deux auteures brossent un portrait de deux vies hors de l’ordinaire. Chez eux, l’antique notion de devoir est remplacée par celles de plaisir et d’accomplissement, plaisir de retrouver chez l’autre une complicité irremplaçable et fierté de voir ses idées et idéaux triompher, notamment celui de faire avancer le Canada français dans des domaines aussi variés que la survie du fait français en Amérique, les arts, la culture, l’éducation, les droits des femmes et des minorités, thèmes chers à notre époque. Une belle découverte qui plaira aux lecteurs, en plus de faire découvrir un couple qui avait une résidence à l’île d’Orléans où Raoul rédigea même ses mémoires. À découvrir.

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