Toutes les 40 nations non souveraines de 100 000 citoyens et plus ont leur hymne national, sauf le Québec. Pensons simplement à l’Ave Maris Stella des Acadiens.
Comme nous en avons impérieusement besoin, d’un, j’ai soumis verbalement l’idée à environ 100 personnes. La plupart ont sursauté instantanément en arguant : « Mais on a le Ô Canada et Gens du Pays. » Après explications, presque tous avaient changé d’opinion.
Prenons, en premier, le texte de sir Basile Routhier, écrit en 1880. Il nous livre des paroles jugées aujourd’hui inacceptables. Ex. : « Terre de nos aïeux (les autochtones n’existaient pas ?) ; il sait porter l’épée, il sait porter la croix », etc.
Par une bizarrerie de l’histoire, traduit en anglais, cet hymne est devenu le Canada’s National Official Anthem. Au Québec, mis à part au Centre Bell, on ne l’entonne plus, comme font d’ailleurs les députés fédéraux francophones, me dit-on. Je mets au défi quiconque peut me nommer un seul autre peuple au monde qui chante la moitié de son hymne national dans la langue de la nation voisine.
Le texte de Gilles Vigneault, quand on le scrute de près est une ode à l’humanité, donc peu dédié spécifiquement au Québec. Musicalement, il s’agit d’une valse. Aussi, contient-il certaines notes trop hautes pour être chantées aisément par une foule. De surcroît, la mélodie n’est pas de nature solennelle. C’est pour ces raisons, sans doute, qu’on n’a jamais essayé de le faire officialiser.
Dix personnes compétentes ont analysé mon texte. Il en résulte plusieurs remarques favorables : « Bravo ! Ce n’est ni militaire, ni violent ; le survol historique est juste ; le vocabulaire est simple et imagé ; le dernier quatrain, conjugué au présent, est une suite historique logique aux quatre premiers conjugués au passé. »
Maintenant, il faut bien une mélodie à un chant. Je crois que nous avons ici deux options :
- lancer un concours sur les réseaux sociaux ou
- choisir un très bel air emprunté à notre riche folklore, possiblement dans les cahiers de la Bonne Chanson de l’abbé Gadbois.
J’opte pour ce deuxième choix. Si vous en possédez une copie, svp m’en informer. Cependant, il ne faut pas, pour autant, négliger le talent de nos chansonniers.
Tout le monde sait que l’île d’Orléans est l’un des berceaux de notre nation. Profitons-en pour en faire le lieu de naissance de notre futur hymne national.
À ceux que le projet intéresse, je demande d’inonder les réseaux sociaux avec ces deux textes. Un comité local restreint deviendra alors nécessaire.
Récemment, dans le Journal de Québec, Denise Bombardier écrivait : « Notre nationalisme progressiste est ouvert sur le monde. À quand un hymne national québécois intitulé : Je me souviens ? »
Paroles proposées comme futur hymne national officiel du Québec :
Je me rappelle
Ils sont venus jadis de France,
Soldats, jeunes filles et marins,
Trempés de foi et d’espérance,
En des meilleurs lendemains.
Foulé ils ont le continent,
Ramé sur toutes les rivières,
Rencontré les Amérindiens,
Devenus depuis nos frères.
Des canons ennemis ont grondé,
Des patriotes furent pendus,
Mais les blés étaient semés
Et les berceaux ont répondu :
Joie de vivre et sourires,
Révolution pacifique,
Forêts au feuillage d’avenir,
Peuple nord-électrique.
Le Québec, vaste aquarelle,
Vêtu de paix et de moisson
Ouvre au monde ses ailes
Avec fierté, avec passion.
Droits d’auteur protégés
Rémi Bolduc
Saint-Pierre


