L’île est mon navire

L’île est mon navire qui jamais ne touche terre

Nul port ne l’attache, nul capitaine ne la gouverne

Son seul maître a pour nom le vent Ses voiles sont faites d’azur

Son mât tutoie le ciel

Sa proue appelle l’infini

Depuis des temps immémoriaux le fleuve la courtise

De marée en marée en d’éternels allers-retours

Deux fois par jour il la quitte autant de fois il l’épouse

Pour elle il n’a aucun secret

Il lui dit le nom des poissons qui mangent à sa table

La quête inassouvie des marins au long cours

Et l’épopée lointaine de cette mer autrefois désert

Endimanché de golfe et d’estuaire

Il dépose à ses pieds eau douce et eau salée

Murmurant à son oreille l’ailleurs est ici.

Carole Trahan

Saint-Jean

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