Le mois d’avril me rappelle toujours un doux souvenir de famille à l’île d’Orléans, celui du Poisson d’avril, le 1er avril. Ma mère espiègle soulignait chaque année cette fête en jouant des tours aux autres, même à mon fils, plus tard. On ne la voyait jamais venir tant elle était douée pour faire des blagues sans conséquence.
Elle aurait pu nous faire croire n’importe quoi ! Elle arrivait même à accrocher un poisson en papier au dos de mon sérieux père qui ne s’en rendait même pas compte, lui si préoccupé par son travail exigeant de boulanger. Cette tradition fantaisiste suscitait beaucoup de plaisir à la maison… même chez mon père. Et le destin a fait en sorte qu’elle nous quitte presque au même moment que cette journée qui l’amusait.
Bien que le poisson d’avril ait connu ses heures de gloire pendant longtemps (on raconte même qu’au Québec, au 19e siècle, on offrait des petits poissons en sucrerie ou en chocolat aux amis), il n’en reste pas moins que cette « fête » a perdu de son éclat avec les années. Néanmoins, elle reste tout de même célébrée timidement par des enfants lors d’activités de toutes sortes dans les écoles, les services de garde et parfois à la maison.
Capsule
Au début du 20e siècle, le poisson d’avril représentait non seulement une fête, une occasion spéciale pour jouer des tours aux autres mais, aussi un symbole d’amour et d’amitié puisqu’on s’envoyait des lettres et s’échangeait des cadeaux en forme de poissons.
En fait, peu importe le type d’activité, faire quelque chose de divertissant avec d’autres personnes est toujours bon pour le moral. Auparavant, cette journée du 1er avril permettait de raffermir les liens avec nos frères et sœurs et avec les amis aussi. C’était agréable puisque cela amenait petits et grands à user de leur imagination pour inventer des jeux, des blagues et bricoler des poissons de toutes sortes avec des gens qu’ils aimaient. Évidemment, de nos jours, on socialise toujours, mais… différemment. Chacun y va selon son inspiration du moment. Bref, il suffit de peu, parfois, pour être heureux !
D’ailleurs, l’Association canadienne pour la santé mentale vante, dans un de ses textes en ligne, les mérites du temps qu’on donne aux autres en socialisant : « Une donnée solidement établie dans la recherche accumulée sur le bonheur et la satisfaction de vivre est celle de l’importance jouée par le lien social sur le bonheur personnel. En effet, la majorité des études ont rapporté qu’une vie sociale satisfaisante était le facteur le plus contributif au bonheur. La plus grande partie de l’impact de la vie sociale sur le bonheur d’un individu repose sur des relations proches et intimes. La contribution au bonheur de nos socialisations quotidiennes nous apprend que les gens heureux présentent un degré de participation à des activités sociales, autant à un niveau formel (organisations, clubs, associations, etc.) qu’à un niveau informel (amis, voisins, collègues de travail, famille étendue, etc.) et que ces interactions contribuent à créer des sentiments importants de satisfaction, de soutien et d’appartenance qui ajoutent à la sensation générale du bonheur. »
Enfin, pour revenir à mon histoire personnelle, disons que ce sont souvent les petits bonheurs de la vie dont on se souvient le plus en vieillissant.


