L’eau souterraine à l’île d’Orléans : la solution passe par une structure de gouvernance

Marc Cochrane

Depuis plus de 70 ans, le problème de l’eau souterraine perdure à l’île d’Orléans. Une des solutions à la pérennité de cette ressource indispensable passe par la mise en place d’une structure de gouvernance de l’eau.

C’est du moins que ce révèle un essai volumineux de 89 pages réalisé par quatre finissantes à la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional de l’Université Laval, inscrites à l’Essai-laboratoire d’aménagement et de développement II

Selon Pascale Chagnon, Marianne Dunlavey, Léa Lemay-Ducharme et Florence Wagner, il faudrait instaurer une table de concertation chapeautée par la MRC de L’Île-d’Orléans, avec les acteurs de l’île et des professionnels du milieu.

« Nous suggérons la création d’un statut particulier ou l’intégration de l’île au territoire de la Table de concertation régionale pour une gestion intégrée du Saint-Laurent de la zone de Québec (TCRQ) ou d’un organisme de bassins versants (OBV) existant qui prendrait la table en charge », peut-on lire dans le rapport final dévoilé le 29 avril.

Parmi les nombreuses recommandations du rapport, on note : le financement par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques destiné à l’OBV qui intégrerait l’île à la TCRQ ou à la MRC si un statut particulier lui est accordé, la réalisation d’un document de planification de la gestion de l’eau spécifique à l’île d’Orléans et l’intégration des enjeux liés aux eaux souterraines au schéma d’aménagement et de développement (SAD) de la MRC.

Acquisition de connaissances

Les étudiantes universitaires croient aussi que davantage de connaissances en eaux souterraines devraient être acquises.

Elles proposent notamment d’intégrer au SAD de la MRC un programme de suivi des puits, d’installations septiques et de bassins d’irrigation présents sur le territoire de l’île. 

« Il faudrait colliger l’information dans une base de données partagée sur demande et gérée par la MRC afin d’en faciliter l’accès. Cette base de données inclurait également les résultats de tests d’échantillonnage d’eau. Aller chercher des ressources auprès du MELCC pour la mise sur pied de la base de données et mettre en place un partenariat avec l’Université Laval font aussi partie des propositions. »

Sensibilisation

Afin d’en arriver à se doter d’eaux souterraines de qualité, les finissantes estiment qu’une sensibilisation des citoyens s’avère pertinente.

« Nous suggérons d’éduquer la population de l’île face aux enjeux liés aux installations septiques et de fournir une aide technique pour la mise en conformité de celles-ci, d’éduquer la population à l’importance de faire tester la qualité des puits privés et de mettre en place un programme de valorisation de l’eau de surface et de pluie pour les utilisations de l’eau autres que la consommation humaine.

Le rapport énumère d’autres options de sensibilisation telles qu’offrir, via l’UPA et le Réseau de lutte intégrée Orléans, des activités de formation et de sensibilisation aux agriculteurs sur les pratiques agricoles durables et offrir une aide technique et financière aux agriculteurs afin de faciliter leur compréhension de la réglementation et les aider à implanter des pratiques en cohérence avec celle-ci.

Elles proposent enfin d’accompagner les agriculteurs pour qu’ils puissent obtenir des subventions du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du Plan d’agriculture durable et de mettre sur pied un programme de taxation symbolique de la protection de l’eau dans les taxes municipales, ce qui permettrait d’investir dans des initiatives de protection.

L’eau souterraine permet d’approvisionner en eau potable et par puits individuels près de 90 % du territoire habité. 

Or, depuis les années 1990, des études révélaient une contamination de l’eau souterraine par des bactéries, des nitrates, des coliformes, des pesticides et des substances découlant des activités agricoles. 

Ces dernières années, des études ont confirmé dans l’eau souterraine la présence de contaminants liés aux activités anthropiques : campings, golf, pépinières, routes et zones bâties.

L’équipe a effectué une recherche exhaustive sur les sources d’information liées à la problématique. Elle a analysé des données hydrogéologiques, des résultats de sondage et des transcriptions d’entretiens. 

Sondage révélateur

Plus de 180 citoyens ont répondu à un sondage mené par l’équipe étudiante. Les répondants au sondage, à hauteur de 22 %, ont déjà connu des problèmes de manque d’eau à leur résidence. Parmi eux, 29 % font face à ce problème chaque année. Plus de 35 % des répondants ne consomment pas l’eau du robinet à leur domicile.

Plus des deux tiers disent être très préoccupés à propos de la qualité et de la quantité d’eau. Toutefois, 60 % ne font pas faire d’analyses de l’eau de leur puits individuel. Par ailleurs, 38 % des répondants disent utiliser un système de traitement d’eau potable à leur domicile.

Précédent

Rencontre de « Réjouissance » chez Mlle Sundae

Suivant

Le Sentier du boisé primé sur le scène provinciale

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture