Les problèmes de recrutement et de rétention de main-d’œuvre ne se règleront pas en un claquement de doigt à l’île d’Orléans. Au moins, les entreprises insulaires peuvent compter sur un allié de taille en la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), un interlocuteur de premier plan auprès du gouvernement provincial.
Dans le cadre d’une tournée du Québec visant à connaître les enjeux locaux, le président-directeur général de la FCCQ, Charles Milliard, et la directrice principale, développement du réseau, Sonia Ziadé, ont fait une escale, le 7 février, chez De Bois Blouin, à Saint-Jean.
Organisée par le président de la Chambre de commerce de l’île d’Orléans (CCIO), Marc-André Bouchard, la rencontre de deux heures, qui a réuni des membres de différents secteurs d’activité, a permis de sensibiliser les représentants de la FCCQ aux problématiques économiques existant à l’île.
« Grâce à cette initiative, la CCIO se donne un canal de communication auprès des personnes haut placées aux ministères de la Culture et des Transports, par exemple, car la FCCQ constitue un intervenant très écouté auprès du gouvernement », a affirmé le président de la CCIO, Marc-André Bouchard.
M. Bouchard avait aussi invité le président de l’UPA de l’Île d’Orléans, François Blouin, afin de donner plus de poids à la démarche.
Après une visite sommaire d’une des seules usines de l’île, avec la boulangerie Blouin, M. Milliard et Mme Ziadé ont appris que la nature de l’île occasionnait des difficultés de recrutement et de rétention de main-d’œuvre en raison des problèmes de transport et de logement ainsi que de proximité avec la ville de Québec et ses environs.
Le plan de conservation du site patrimonial de l’île d’Orléans a aussi été soulevé comme un frein au développement économique de l’île.
« Il m’a fallu neuf ans et demi afin d’obtenir les permis pour effectuer des travaux à la boulangerie », a commenté le propriétaire de la boulangerie Blouin, Jérôme Lajeunesse.
« Il faut éviter les délais interminables juste pour une poignée de porte », a ajouté François Blouin.
Toujours le pont
Sujets inévitables, l’actuel et le futur pont de l’île sont revenus sur la table.
En raison de la vétusté du pont actuel, qui date de 1935, les camions des entreprises insulaires doivent respecter des charges, par exemple en temps de dégel.
« Il nous en coûtera 700 000 $ d’ici 2027, année de mise en opération du nouveau pont, en frais additionnels de transport », a noté le copropriétaire de De Bois Blouin, Rémi Blouin.
« Pour un agriculteur, ces frais pourraient s’élever à 120 000 $. C’est pourquoi l’UPA de l’Île d’Orléans poursuit ses démarches auprès de la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, afin d’obtenir un dédommagement du ministère des Transports, même s’il n’existe pas de programme à cette fin », a déclaré François Blouin.
L’implantation d’incitatifs fiscaux au retour au travail des retraités a aussi été abordée.
« Je vais interpeller notre députée provinciale et la MRC de L’Île-d’Orléans au sujet des enjeux qui ont été amenés à la FCCQ afin de les informer de nos démarches », a souligné Marc-André Bouchard.
Charles Milliard a rétorqué que les problématiques spécifiques à l’île allaient faire l’objet de représentations auprès des instances du gouvernement provincial.
Vignette : Charles Milliard est entouré de François Blouin, président de l’UPA de l’Île d’Orléans, de la copropriétaire de De Bois Blouin, Charline Blouin, et de Marc-André Bouchard. ©Marc Cochrane


