Les grandes marées qui s’accentuent avec les changements climatiques n’ont pas trop endommagé les berges du Saint-Laurent à Saint-Jean puisque seulement 10,5 % des 13 km de rives nécessiteront une intervention au cours des prochaines années.
C’est ce qui ressort du Plan global protection et de restauration des rives du Saint-Laurent à Saint-Jean présenté par le Comité ZIP (Zone d’intervention prioritaire) de Québec et Chaudière-Appalaches, en collaboration avec la municipalité de Saint-Jean, à environ 130 riverains, le 24 mai, au centre communautaire de l’endroit.
Selon la directrice du Comité ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches, Hamida Hassein-Bey, seulement 1 393 mètres linéaires sur les 13 256 qui ont été caractérisés doivent être restaurés dans une période allant de moins de deux ans à un moyen terme.
« La caractérisation pour le plan de Saint-Jean a été effectuée avant les grandes marées du 23 décembre 2022 qui a accentué l’érosion sur certains secteurs et que s’il n’y a pas autant d’érosion c’est que la majorité des berges ont des murets de protection (presque 11 km) construits lors de l’édification de la voie maritime du Saint-Laurent. Ils viennent certainement à leur fin de vie accentuée par l’effet des grandes marées. L’étude d’ingénierie des murets n’a pas fait l’objet de notre étude », a déclaré Mme Hassein-Day.
Un total de 176 mètres de berges naturelles font partie de la classe 2 (moins de deux ans), soit 1,3 % dans le secteur du quai, en face de la côte Blais et dans le secteur de l’église en face du chemin du Muguet.
« Quelque 276 mètres (2,1 %) des berges pourraient requérir des travaux d’ici deux à trois ans, 941 mètres (7,1 %) à moyen terme et 89,5 % ne présentent aucune problématique d’érosion à court ou à moyen terme », a spécifié Mme Hassein-Bey.
Aux riverains qui souhaiteraient restaurer leurs berges, Mme Hassein-Bey recommande la végétalisation plutôt que l’enrochement qui n’est pas prisé par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
« Pour le moment, la majorité des rives sont encore en bon état. Pour les secteurs qui sont problématiques, des solutions de restauration ont été proposées dans le plan dans une vision mettant de l’avant la végétalisation, les techniques de génie-végétal ou de phytotechnologie car les végétaux favorisent le maintien des sols en place. Une liste non exhaustive des plantes indigènes est proposée à cet effet dans le guide en ligne », a précisé Mme Hassein-Bey.
Parlant d’instances gouvernementales, les propriétaires d’un terrain en bordure du fleuve devront s’armer de patience afin d’obtenir des autorisations pour effectuer des travaux.
« La porte d’entrée est Pascal Ouellet de la MRC de L’Île-d’Orléans. Il vous conseillera lorsque viendra le temps de contacter les ministères de la Culture et des Communications, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, des Ressources naturelles et des Forêts ainsi que Pêches et Océans Canada. Il faut calculer un minimum de 75 jours avant de recevoir une autorisation
des ministères de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ainsi que de la Faune et des parcs du Québec », a souligné Hamida Hassein-Bey.
Le Comité ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches, qui a effectué la même démarche l’an passé à Saint-François, a préparé deux documents à consulter, soit le guide d’utilisation et le document technique qui se trouvent sur le site internet de la municipalité de Saint-Jean, onglet érosion des berges.
Les riverains devront faire appel à un arpenteur-géomètre et ne pourront pas compter sur des subventions gouvernementales.
Présente à la soirée, la députée de Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix, Caroline Desbiens, a déclaré sur sa page Facebook qu’elle travaille déjà avec les municipalités de sa circonscription pour leur donner accès à des programmes fédéraux. Elle en a parlé avec le ministre Jean–Yves Duclos récemment, car les délais sont beaucoup trop courts, selon la députée.
« Pour ce qui est des citoyens, les procédures administratives et environnementales sont tellement lourdes que ça n’encourage pas du tout les gens à investir, parfois de très petits montants, pour procéder à des actions faciles, minimes et simples. Je vais clairement amener ça à la table du comité de Pêches et Océans Canada avec mes collègues. »
©Marc Cochrane


