Communiqué – À l’occasion d’un point de presse, à l’Assemblée nationale, en compagnie du député libéral de Pontiac, André Fortin, du député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti et du député péquiste de Jean-Talon, Pascal Paradis, le président de la Fédération de l’UPA de la Capitale-Nationale-Côte-Nord, Yves Laurencelle a exprimé son désarroi quant aux dossiers agricoles qui sont toujours sans réponse de la part du gouvernement et qui nuisent sérieusement à la pérennité des fermes.
L’année 2023 ne fut pas de tout repos pour le secteur agricole en raison du contexte économique. Les hausses successives des taux d’intérêt, la hausse importante du prix des carburants et des intrants sont des répercussions qui touchent directement la rentabilité des entreprises. En avril dernier, l’Union des producteurs agricoles a présenté les résultats d’un sondage dévastateur dans lequel une ferme sur dix prévoit devoir mettre fin à ses activités en raison d’un manque de liquidités, et ce, au cours des 12 prochains mois. Malheureusement, la situation ne s’est pas résorbée au cours de la période estivale.
Les inondations dans la région de Charlevoix ont causé des pertes aux producteurs et ils demeurent sans réponse des autorités gouvernementales. Les précipitations abondantes partout sur le territoire ainsi que les récoltes de piètre qualité dans certains secteurs viennent ajouter un poids additionnel sur les épaules des productrices et des producteurs. Les intempéries de cet été provoqueront également des dommages collatéraux sur les prochaines récoltes en raison des maladies ou bris causés dans plusieurs exploitations agricoles.
Encore à ce jour, aucune compensation n’a été offerte aux producteurs de l’Île d’Orléans quant aux limitations de charges imposées aux producteurs en avril 2020. Rappelons que certains producteurs vont subir des pertes de revenus de plus de 250 000 $ d’ici la construction du nouveau pont. Les retards dans les travaux annoncés l’an dernier inquiètent toujours les producteurs, car les réponses se font attendre de la part du gouvernement. Dans la région de Charlevoix, la crise porcine que vivent les producteurs ne semble pas trouver écho auprès du ministre Lamontagne puisque les aides sont insuffisantes. La filière est en danger plus que jamais. La région de la Côte-Nord mérite également une attention particulière en raison de son éloignement et de son enclavement. Le gouvernement doit appuyer convenablement les régions périphériques pour leur permettre de maintenir leur filière agroalimentaire et ainsi assurer des aliments de proximité à tous les Québécois.
De plus, les productrices et les producteurs agricoles doivent continuellement se battre dans la région pour préserver leurs terres et assurer le maintien de leur entreprise. La Consultation nationale pour la Loi sur la protection et les activités agricoles inquiète véritablement les producteurs. Ils vivent des pressions énormes de plusieurs villes pour dézoner des terres de grande qualité, et ce, de manière constante.
La hausse du prix des terres est un frein non seulement pour la relève agricole, mais également pour les entreprises existantes, incapables d’assumer les hausses imposées par l’augmentation de la richesse foncière ou par le prix des terres.
« Les productrices et les producteurs de la Capitale-Nationale et de la Côte-Nord ont besoin de se sentir appuyés par le gouvernement. C’est un véritable cri du cœur que nous leur adressons. Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale doit aussi se faire le défenseur de ces dossiers ; nous attendons toujours une rencontre avec lui depuis son entrée en poste, il y a maintenant plus d’un an. Nous lui réitérons une demande de rencontre et souhaitons qu’il devienne le porte-étendard de ces dossiers pour le gouvernement. Nous devons rétablir le canal de discussion dans ces dossiers. Le statu quo n’est plus une option et nous réclamons désormais des actions concrètes afin d’appuyer directement les entreprises agricoles qui font face à des défis majeurs actuellement », a soutenu le président de la Fédération de l’UPA de la Capitale-Nationale–Côte-Nord, Yves Laurencelle.
« Face à l’ampleur de la situation à laquelle font face de nombreux producteurs de la région, le gouvernement doit être proactif. La situation est alarmante et préoccupante et les répercussions affecteraient grandement l’économie de toute la région. A maintes reprises j’ai exprimé ces inquiétudes et la volonté des producteurs de travailler avec le gouvernement lors de différentes périodes de questions. L’appui du gouvernement ne peut plus attendre. », a expliqué le député libéral de Pontiac, André Fortin.
« La hausse du prix des terres et l’accaparement des terres aux mains de non-agriculteurs sont inquiétants dans la région de la Capitale-Nationale. Si les producteurs ne peuvent avoir accès ou maintenir leur actif c’est notre garde-manger collectif qui va subir des pertes importantes. De plus, le gouvernement doit reconnaître que les changements climatiques affectent grandement les producteurs et les compensations doivent être mises à la disposition des producteurs » a mentionné le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti.
« Nous sommes très inquiets de l’accaparement des terres agricoles et de la spéculation qui a pour effet de rendre l’accès à la terre plus difficile pour la relève et les conditions d’exploitations plus difficiles encore pour les agriculteurs et les agricultrices, notamment dans la Capitale-Nationale où le prix des terres a explosé. Nous l’avons demandé en mai dernier, nous le réitérons aujourd’hui : nous attendons toujours du gouvernement qu’il mette en place une carte qui indique le statut de propriété des terres, si elles sont la propriété d’agriculteurs exploitants, en métayage ou aux mains de fonds d’investissement privés » a déclaré le député péquiste de Jean-Talon, Pascal Paradis.


