La bibliothèque La Ressource a rouvert ses portes le 7 novembre mais les 13 bénévoles démissionnaires et les élus municipaux de Sainte-Pétronille sont encore aux antipodes.
C’est le constat qui se dégage à la suite de la réunion mensuelle du conseil municipal qui a attiré une centaine de contribuables, le 6 novembre, au centre communautaire Raoul-Dandurand.
L’émotion était à fleur de peau lors de cette séance dont le seul point de la bibliothèque a accaparé 90 minutes.
Les deux parties en cause sont demeurées sur leur position à la suite de la décision des élus municipaux, prise il y a un an, de se soumettre à la loi provinciale qui interdit la gestion des fonds publics par des bénévoles et que nul ne peut engager une dépense sans l’autorisation du conseil municipal.
« Je ne suis que le messager. Plusieurs irrégularités ont été notées à la suite d’un audit. Des dépenses avaient été effectuées par des bénévoles sans l’autorisation de la municipalité. Nous avons décidé de nous conformer à la loi provinciale. Il n’y aura plus beaucoup de commentaires dans ce dossier. On va aller de l’avant. On ne peut pas favoriser un petit groupe de citoyens », a commenté le maire de Sainte-Pétronille, Jean Côté, qui, d’entrée de jeu, a lu l’avis de démission en bloc des 13 bénévoles en date du 16 octobre.
Appuyé du conseiller juridique de la municipalité lors de la séance et reconnaissant l’importance d’une bibliothèque au sein de la communauté, M. Côté a ajouté que la municipalité allait tout faire pour continuer à offrir ce service à tous les citoyens.
« Nous avons vérifié auprès des quatre autres bibliothèques de l’île et elles fonctionnent comme nous le proposons. Nous souhaitons nous protéger et protéger les bénévoles », a affirmé M. Côté.
Au lendemain de la démission en bloc, la responsable des bénévoles, Denise Drapeau, a envoyé à des résidents de Sainte-Pétronille, le 15 octobre, un courriel contenant une lettre de Violette Goulet.
« Après 44 ans de service bénévole efficace à la bibliothèque La Ressource du Village de Sainte-Pétronille, la nouvelle administration a décidé de changer les règles de façon cavalière, ce qui nous a blessés.
Il s’en est suivi une confrontation qui nous a amenés à démissionner en bloc. Nous ne sentions plus le respect et la confiance qui nous permettaient, comme bénévoles, de nous donner cœur et âme à cette bibliothèque.
Présentement, les serrures donnant accès au local de la bibliothèque ont été changées et nous n’avons plus accès ni à la bibliothèque, ni à l’exposition de photographies. Tout est désormais entre les mains du conseil municipal et de la direction générale. Nous sommes désolés de vous faire vivre ce conflit ».
M. Côté a précisé au journal que les serrures de la porte de la bibliothèque ont été changées par mesure de précaution à la suite de la démission des bénévoles.
« Dès qu’un bénévole démissionne, il devient un citoyen ordinaire. Dans ce contexte, le lien de confiance a été brisé. Nous avons voulu protéger les installations de la municipalité. Nous avons offert aux bénévoles de leur ouvrir les portes pour qu’ils puissent récupérer leurs effets personnels », a signifié le maire.
L’administration municipale a procédé de la même façon pour les serrures de la mairie car la direction générale ignorait qui possédait les clés de la mairie.
Fameuse facture
L’étincelle qui a mis le feu aux poudres est survenue lorsque la municipalité a refusé aux bénévoles de payer une facture de 300 $ en boisson à la suite d’un souper qui a réuni les bénévoles et deux membres du conseil municipal.
« Je ne comprends pas que les bénévoles ne passent pas par la directrice générale pour faire autoriser des dépenses comme des déplacements chez Renaud-Bray ».
« C’est louable de corriger des irrégularités mais il y a une façon de faire », a mentionné Mme Marchand.
Jean Côté a précisé que trois rencontres avaient eu lieu entre lui, la directrice générale et des bénévoles mais qu’après quelques minutes de discussion, les bénévoles ont préféré abandonner. Il a aussi noté que la bibliothèque a été fermée à la suite de la démission des bénévoles, affirmation contestée par des bénévoles.
« On tue l’esprit de collégialité d’une communauté. Faut entretenir ça. Ça compte », a dit Mme Claire Pageau, citoyenne.
Ex-député fédéral dans les années 1980, Louis Duclos a déclaré que les bénévoles sont des gens raisonnables et que la municipalité avait manqué de doigté et d’empathie.
« Le conseil a tout fait pour éviter ça. C’est malheureux. Je remercie les élus pour leur courage, leur honnêteté et leur intégrité. Merci aussi à la directrice générale, Nathalie Paquet, qui a subi les foudres de personnes et qui n’avait rien à voir avec ça puisque notre décision remonte avant sa venue en mai 2023 », a affirmé M. Côté.
Il a précisé au journal que la même procédure a été appliquée auparavant avec les élus municipaux.
©Marc Cochrane



