Jules Dugal apparaît dans la liste des entraîneurs-chefs des Canadiens de Montréal en 1938-1939. Ce que peu de gens savent est qu’il est né à Saint-Jean.
L’Orléanais était âgé de 50 ans lorsqu’il a succédé à Cecil Hart. C’est ce que dévoile le livre Derrière le coach du journaliste de La Presse, André Duchesne. Le 12e pilote de l’histoire du Tricolore a connu un bref séjour derrière le banc.
Voici les principaux passages du livre consacrés à l’insulaire.
Reconnu pour ses talents de gestionnaire, il a été responsable de l’équipe pendant la moitié d’une saison, en 1939. Il présente une fiche de neuf victoires, six défaites et trois matchs nuls. Sous sa tutelle, les Canadiens se sont qualifiés pour les séries éliminatoires, mais ont perdu au premier tour contre les Red Wings de Détroit (2-1).
Selon l’ouvrage de 346 pages paru aux Éditions La Presse, ce passage constitue une parenthèse dans la vie de Dugal, un homme de sports, certes, mais plus à sa place dans d’autres domaines, dont celui des affaires, ce qui va le conduire en Floride où il s’éteint en 1976, à l’âge de 87 ans.
Il était aussi, comme beaucoup d’amateurs de sport de l’époque, un amateur de courses de chevaux.
Le 22e bataillon d’infanterie
Jules Dugal naît dans la paroisse de Saint-Jean le 24 novembre 1888. Ses parents sont Joseph Dugal et Éléonore Blouin. Son père est un pilote de bateau respecté sur le fleuve Saint-Laurent. Son nom apparaît régulièrement dans les journaux de l’époque.
Le 7 novembre 1914, alors que la Première Guerre mondiale vient d’éclater en Europe, Dugal s’enrôle dans le 22e Bataillon d’infanterie (canadien-français) nouvellement créé, qui deviendra plus tard le Royal 22e Régiment. Cet enrôlement hâtif fait de lui un des membres originaux de l’unité. Dugal se définit comme un comptable et, curieusement, inscrit être né le 24 novembre 1890.
Or Dugal n’ira jamais combattre en Europe. Il se voit accorder une décharge militaire pour cause non précise d’inaptitude médicale, le 2 avril 1915.
Au sein du Canadien, Jules Dugal est l’un des hommes de confiance des dirigeants. Il a autant travaillé sous Léo Dandurand que sous Ernest Savard. Son nom commence à apparaître dans des reportages sur le Canadien dès 1924.
En novembre 1925, c’est Dugal qui signale à Léo Dandurand, alors en voyage à Salt Lake City, que le gardien étoile de l’équipe, Georges Vézina, est malade et qu’il pourrait rater le début de la saison. Vézina devait décéder plus tard de la tuberculose, le 27 mars 1926, à l’âge de 39 ans.
Dans la brève présentation biographique que lui consacre le journal L’Autorité, on raconte qu’au moment de l’achat du CH, Ernest Savard confie à Jules Dugal le poste de secrétaire chargé de voir à tous les aspects financiers et administratifs de l’organisation.
Et Dugal est aussi apte à diriger des joueurs. Dans les années antérieures, il lui est arrivé de remplacer Newsy Lalonde et Léo Dandurand, malades, derrière le banc.
Une fois la saison 1938-1939 terminée, il n’est pas question pour Jules Dugal de rester à la barre de l’équipe. Il accepte cependant le poste de directeur général pour la saison suivante et nomme Babe Siebert pour lui succéder. Malheureusement, Siebert connaît le plus court séjour comme pilote puisqu’il se noie, l’été précédent le début de la campagne. Dugal sera le dernier francophone à occuper ce poste prestigieux jusqu’à la nomination, le 28 avril 1983, de Serge Savard, embauché par le président Ronald Corey.
Mais comme la précédente, la saison 1939-1940 est catastrophique.
Au terme de celle-ci, l’équipe passe aux mains d’un nouveau consortium mené par le sénateur Donat Raymond. Jules Dugal part dans la foulée de la réorganisation.
Si Dugal n’est plus dans l’orbite du Canadien, ses activités demeurent ancrées à Blue Bonnets dont il est le gérant.
Comme il effectue de nombreux voyages en Floride, notamment pour recruter des coursiers sur les pistes du Québec, il finit par s’installer à Lighthouse Point, Broward County, petite agglomération située juste au nord de Pompano Beach. Il y décède le 24 janvier 1976. Son épouse Corinne le suit trois ans plus tard.
Vignette : Cette photo a été publié dans Le Soleil du 9 avril 1939. Jules Dugal s’entretient avec McKenna et Toe Blake. ©Derrière le coach


