Même si un climat de tension s’est installé à Sainte-Pétronille depuis octobre dernier, le conseil municipal agirait aujourd’hui de la même façon que lors de l’embauche de la directrice générale.
Le maire Jean Côté l’a affirmé en amorçant la séance du conseil municipal du 3 février. La réunion d’une demi-heure s’est déroulée dans une salle du conseil d’une capacité de 64 places bondée de contribuables et de médias alors que quelques dizaines de personnes ont assisté à l’événement sur la galerie de la mairie, en regardant par la fenêtre. Un gardien de sécurité de Garda et des représentants de l’agence TACT ont encadré la séance.
« La situation est difficile pour moi, les membres du conseil, nos employés, nos familles et l’ensemble des citoyens. On nous a reproché de nous cacher et de ne pas faire face à la situation, mais nous nous inscrivons en faux face à cette affirmation. Nous avons préféré nous tenir loin des projecteurs. Nous craignons pour notre sécurité. Nous sommes persuadés que le processus d’embauche de la directrice générale, à qui nous avons donné le mandat de redresser la situation administrative de la municipalité, a été fait de façon rigoureuse et diligente », a mentionné M. Côté.
Cependant, le maire n’a pas donné de détails quant à la nature de cette crainte pour sa sécurité et celle des membres du conseil.
« Le conseil fait un appel au calme. Notre souhait le plus cher comme conseil est que notre municipalité retrouve sa quiétude et que nous puissions mettre cette situation malheureuse derrière nous. Que le respect, la civilité et la courtoisie reviennent à Sainte-Pétronille. Nous avons d’importants dossiers à mener à terme comme l’assainissement des eaux usées, mais c’est difficile à effectuer ces temps-ci », a-t-il poursuivi.
Période de questions de 20 minutes
L’assemblée du conseil s’est terminée par une période de questions de 20 minutes autorisée en vertu d’un nouveau règlement municipal. Louis Duclos a alors demandé si les élus avaient été avisés par leurs avocats du fait que la mise en demeure destinée à Autour de l’île allait à l’encontre de la Loi suprême du Canada concernant la liberté de presse.
Le maire a répondu que les avocats avaient demandé au journal de ne pas divulguer certaines informations à caractère privé.
L’auteur de ces lignes tient à préciser que lorsque l’avocat de la municipalité l’a appelé à la tombée du journal, le 12 décembre, il lui a bel et bien dit que s’il publiait quelque chose, peu importe quoi, il allait poursuivre le journal.
À Maurice Boivin qui s’interrogeait sur l’origine de la décision d’envoyer des mises en demeure à 97 citoyens, Jean Côté a rétorqué que la décision avait été prise par le conseil municipal et appuyée par la direction. Il a précisé qu’une résolution n’était pas nécessaire pour envoyer des mises en demeure.
Quant au choix de tenir la séance du conseil dans la salle de la mairie au lieu de celle du centre communautaire Raoul-Dandurand, beaucoup plus vaste, le maire a justifié sa décision en affirmant qu’il aurait fallu une résolution du conseil au préalable, car les dates et lieux des réunions du conseil sont déterminés par résolution.
À la fin de la période de questions, les membres du conseil et la directrice générale ont quitté la rencontre, malgré le fait qu’il y avait encore des gens qui avaient des questions à poser, ce qui a amené de la frustration dans la salle.
Entente maintenue
Concernant la situation du Journal Autour de l’île mis en demeure par la municipalité de Sainte-Pétronille, ce dossier n’a fait l’objet d’aucune question lors de la réunion du conseil des maires de la MRC de L’Île-d’Orléans, le 7 février, à Sainte-Famille.
La préfète, Lina Labbé, s’est limitée à lire la lettre envoyée au président par intérim du conseil d’administration du journal, André Gosselin, par la MRC, maintenant le statu quo au sujet de l’entente de financement.
Mme Labbé a affirmé ne pas vouloir nuire à l’enquête de la Commission municipale du Québec.
Vignette : Jean Côté a commencé la séance du conseil municipal de Sainte-Pétronille en défendant les actions de la municipalité. ©Marc Cochrane


