Plan de développement de la zone agricole : la fraise, un produit d’appel

Julie Goudreault

Conseillère aux entreprises et responsable du suivi PDZA

Dans le cadre du Plan de développement de la zone agricole (PDZA), la MRC de L’Île-d’Orléans s’engage à mettre en lumière les spécificités du secteur agricole local tout en sensibilisant la population à ses richesses et ses défis.

L’île d’Orléans se distingue comme un acteur majeur dans la production de fraises, grâce à sa terre fertile et son climat propice à la culture des fruits. Les fraises de l’île, réputées pour leur goût, leur fraîcheur et leur qualité, sont largement appréciées. Avec environ une vingtaine de producteurs, l’île représente près de 55 % des producteurs de fraises dans la région de la Capitale-Nationale, selon l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec.

Cette concentration de producteurs témoigne de l’importance de la culture de la fraise sur l’île et de son impact significatif sur l’économie locale. Avec la saison des fraises bien établie, il est opportun de se pencher sur la manière dont ce fruit populaire est commercialisé, notamment en ce qui concerne la détermination des prix.

Canaux de commercialisation de la fraise

Les producteurs de fraises de l’île utilisent différents canaux de commercialisation. Parmi ceux-ci figurent les kiosques de vente à la ferme, une caractéristique emblématique de l’île qui permet d’acheter des fraises fraîchement récoltées directement auprès des producteurs. Les supermarchés constituent également un canal de vente important, offrant aux producteurs la possibilité de vendre leurs produits à un public plus large et contribuant ainsi à promouvoir la renommée des fraises de l’île d’Orléans au-delà de ses frontières géographiques.

Certains consommateurs observent une différence de prix entre les fraises vendues dans les supermarchés et celles vendues dans les kiosques à la ferme, ce qui peut s’expliquer par divers facteurs économiques.

Pourquoi des prix différents ?

Il faut savoir qu’au début de la saison, lorsque les fraises locales sont récoltées pour la première fois, les fraises de Californie sont abondamment disponibles dans les épiceries. À cette période de l’année, généralement aux alentours de la fête des Mères, la Californie connaît une surproduction et vend ses fraises à des prix inférieurs au coût de production, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix en magasin.

Pendant cette période, les fraises locales se font rares, entraînant un phénomène de rareté qui persiste une dizaine de jours. Parallèlement, le prix des fraises locales diminue progressivement à mesure que les quantités de fruits prêts à être cueillis augmentent. Ainsi, les prix baissent tandis que les expéditions de la Californie diminuent et les fraises du Québec sont de plus en plus présentes sur le marché. 

Les grandes chaînes déploient différentes stratégies marketing, notamment en utilisant la fraise locale comme produit d’appel. Cela implique qu’elles peuvent vendre ce fruit à un prix inférieur à celui qu’elles ont payés aux producteurs. En achetant des quantités importantes de fraises, elles peuvent bénéficier de prix de gros plus avantageux auprès des producteurs, permettant ainsi de proposer des prix réduits aux consommateurs, même si cela se traduit par une perte pour les détaillants. Cette pratique peut exercer une pression sur les producteurs qui vendent directement à la ferme.

Par ailleurs, les prix sont généralement influencés par l’offre et la demande plutôt que par les coûts de production. La production continue de fraises en Californie, combinée à la présence croissante des fraises locales, entraîne une offre abondante et donc une baisse des prix.

Valoriser le travail des producteurs locaux

Il est essentiel de valoriser le travail des producteurs locaux, ainsi que la qualité et la fraîcheur des produits offerts, plutôt que de se concentrer uniquement sur le prix le plus bas lors de l’achat de produits agroalimentaires. Dans un contexte où la pérennité des entreprises est de plus en plus exigeante, il est crucial de ne pas compromettre la qualité au détriment du prix le plus bas. En priorisant systématiquement le prix le plus bas, il existe un risque de compromettre les normes élevées en matière d’environnement et de responsabilité sociale auxquelles les producteurs locaux doivent se conformer.

©Pectine.ca

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