Alter robot ou alter ego ?

Le texte de Julie Roussil, Nos alter robots, paru dans Le Devoir de Philo, nous plonge dans une situation quelque peu déstabilisante. L’autrice estime que plus l’homme utilisera les robots, plus il lui sera difficile d’entrer en relation avec ses semblables en chair et en os. Signe d’évolution ou de déshumanisation ?

En fait, la réflexion de l’autrice s’inspire du livre de la psychologue américaine Sherry Turkle, Alone together. Et, oui, je suis d’accord qu’on peut être seuls, ensemble. Les humains sont hyperconnectés, donc toujours ensemble d’une certaine façon, et c’est ce qui change la vie. La solitude, ils la connaissent maintenant… encore plus ! C’est normal. Ils s’isolent pour être en connexion avec les autres, pour ne rien manquer… Alors, pourquoi sortir quand on est si détendu assis devant son écran d’ordinateur ? Pas étonnant, alors, que dans des pays comme l’Angleterre on ait créé, en 2018, un ministère de la Solitude en partie parce que les alter robots avaient pris le dessus sur la vie des gens.

La bonne nouvelle c’est que le monde se parle… en ligne. Ce qui fait que nos rapports avec nos alter egos changent alors que ceux avec nos vis-à-vis électroniques (alter robots) ne cessent de grandir et d’évoluer, comme certains diront, pour mieux nous « servir » ou… nous asservir. Bien sûr, je l’avoue, ils nous rendent de précieux services, ces robots. Il nous est alors difficile de s’en passer. L’ère de l’instantanéité est si pratique et fonctionnelle ! Et on peut rejoindre tout le monde en un seul clic un peu partout sur la planète. C’est magique et irrésistible ! Mais de là à leur accorder autant de valeur qu’à un être humain, il y a quand même une limite que je ne suis pas prête à dépasser. J’aime trop le contact avec les autres et vivre en « vrai » les sentiments ; ce que la « machine » ne fait pas, sauf sur commande, comme une actrice, si on la programme en conséquence.

Mais tout cela m’interpelle. Que deviendront nos rapports sociaux avec les autres ? Vous savez, ceux qui nous permettent de voir, de toucher et de sentir les émotions des autres. Comment pourra-t-on s’en passer ? C’est notre équilibre personnel et humanitaire qui est en jeu ! Accueillir l’autre dans sa différence et l’apprécier pour ce qu’il est, n’est-ce pas là espérer la paix dans le monde ?

À mon avis, l’alter robot ne peut conduire qu’à une forme destructrice d’indifférence et d’individualisme à outrance qui n’est bénéfique pour personne. Alors, préférez-vous garder vos distances avec vos alter robots ?

Sources : ROUSSIL, Julie, Nos alter robots, Le Devoir de PHILO, Le Devoir, les samedi 25 et dimanche 26 mai 2024. 

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